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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:48

Demain, mercredi 05 novembre 2008, les États-Unis d'Amérique se réveilleront avec un nouvel homme à leur tête. Il s'appellera peut-être John Mc Cain. Il s'appellera peut-être Barack Obama. Et c'est un évènement historique de dimension planétaire. Un évènement politique comme l'Amérique en a rarement vécu !

Ce n'est pas seulement parce que le pays le plus puissant du monde se choisit un nouveau chef. Il en faudrait plus pour que de pauvres paysans asiatiques dans leurs rizières ou que quelques uns de leurs collègues assis sous l'arbre à palabres d'un village sénégalais se demandent : "c'est quand l'élection du président des Américains ?". Ce n'est pas non plus seulement parce que le monde entier s'intéresse à ce qui passe dans la politique américaine depuis le 11 septembre 2001. C'est un peu de cela. Mais c'est surtout, à mes yeux, pour deux raisons que cette élection a pris une dimension planétaire et présente un caractère historique : d'une part l'époque que nous vivons et d'autre part la personnalité peu banale de chacun des deux challengers.

John Mc Cain est un héros comme les Américains les aiment. Les souffrances qu'il a endurées en tant que prisonnier de guerre l'ont rendu proche et sympathique aux yeux de ses compatriotes. On aime s'identifier aux héros. Chaque peuple s'en "construit" un certain nombre. La Fierté nationale en a besoin. Et le parcours qui a suivi en a fait de Mc Cain un redoutable homme politique. Et ne dites surtout pas aux Américains qu'en France, nous adorons les frites "Mc Cain". Ils le prendraient mal...

Quand à Barack Hussein Obama, les lettres qui précèdent suffisent pour montrer à quel point il a une personnalité peu banale et un destin qui l'est encore moins. Avec son état-civil, il avait tout contre lui. Il a réussi à en faire une force. Comme disait le comédien Jamel : "tu n'as aucune chance, alors saisis-la !". Il l'a tellement bien saisie, qu'il se peut que le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique s'appelle Barack Obama. Et phénomène extraordinaire, le monde entier voterait Obama. Il soulève les foules. Il enthousiasme les plus blasés. Il parcourt l'Europe en Rock Star. Des hommes politiques étrangers, des artistes, des scientifiques disent ouvertement leur préférence pour lui. Quand à l'Afrique, il y est déjà un héros. Tout ce que l'Afrique compte de croyants prient pour sa victoire. Mais pourquoi lui ? Pourquoi est-ce lui qui met les gens dans cet état-là ? Pour un certain nombre de raisons parmi lesquelles j'ai retenu celles ci-dessous.

D'abord parce qu'il est métis. Ce qui n'est pas la même chose que de dire qu'il est noir, car quand on est le fruit des amours de deux parents de couleurs de peau différentes, on est métis. Et c'est une force. Car sans renier ses origines africaines de par son père (il les revendique même), il a été élevé par une mère et une grand-mère blanches. Ce qui fait de cet homme un pont, une synthèse. il est aussi à l'aise dans le milieu des Noirs les plus pauvres que dans celui de la haute bourgeoisie blanche. Il sait parler aux uns et aux autres sans paraître emprunté. Il fait "vrai et crédible" chez les uns et les autres. Même si ses adversaires politiques ont tenté de le "caser" quelque part. En vain. Il n'est ni noir, ni blanc. Il est noir et il est blanc. Le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, de là ou il est, doit avoir le sourire depuis quelque temps, lui qui appelait au métissage culturel, au metissage tout court et à la "civilisation de l'universel". Or Obama est fondamentalement un métis culturel. Mais il le dit mieux que moi. Le 18 mars 2008, lors d'une allocution à Philadelphie il dit ceci : "je suis le fils d'un homme noir originaire du Kenya et d'une femme blanche venant du Kansas. [...] J'ai été élevé par une grand-mère blanche [...] j'ai été dans les meilleurs écoles [..] j'ai épousé une femme noire descendante d'esclaves qui porte en héritage du sang d'esclave". Et il ajoute : "J'ai acquis la conviction que cette nation est plus que la somme de ses composantes !" Tout est dit.

La deuxième raison que je vois à ce phénomène rare vient de ce je disais plus haut. Parce que son origine et son parcours ont fait de lui un "homme partagé" et ouvert, Barack Obama rassure le monde. Il nous rassure. Dans cette époque de peur de l'autre, d'inquiétude face à l'avenir, parfois même de haine de l'autre, qui mieux que cet homme dont l'histoire transcende les races les origines peut rassembler les uns et les autres. Par son refus de se laisser enfermer dans une race, une classe sociale ou dans quelque ghetto, fut-il de luxe, il a cristallisé un espoir immense. Non seulement aux États-Unis d'Amérique, mais dans le monde entier. Les Irakiens rêvent de le voir régler le conflit qui ravage leur pays. Les Palestiniens rêvent de le voir les accompagner, avec plus de détermination, vers l'obtention d'une terre et d'un pays indépendant. Les Israéliens rêvent, sous son mandat, de connaître enfin la paix à côté d'un État palestinien pacifié. Les Africains rêvent d'avoir enfin une oreille attentive au sommet de l'Etat le plus puissant au monde. Et qu'enfin le mot noir signifie autre chose que guerre, misère, crimes, immigration clandestine. Les musulmans du Proche et du Moyen Orient rêvent de pouvoir aimer à nouveau cette Amérique qui, après les avoir fait rêver, les a bannis. Les Afro-Américains rêvent de redevenir fiers de leurs origines. Des hommes et femmes du monde entier rêvent de réconcilier à nouveau l'Amérique et le monde. Cela fait beaucoup. Et il y aura sûrement des déceptions. Qu'il soit élu ou pas. Mais l'espoir, c'est ce qui nous fait vivre et tenir face à l'adversité de la vie. Et quand on en a autant d'un coup, on ne se prive pas.

La dernière raison à ce phénomène nous ramène aux Etats-Unis. Ce pays vient de vivre, pendant les huit années de l'administration Bush fils, l'une des périodes les plus troubles et les plus difficiles de son existence. Depuis le Vietman, les Etats-Unis n'ont pas vécu une période aussi meurtrière pour ses "boys". Un désastre. Et comme si ce malheur ne suffisait pas, ce mandat a vu exploser le problèmes des subprimes qui n'était que le prologue de cette immense crise financière qui, parti des Etats Unis, a embrasé le monde entier. Une grande partie de la population, appuyée par l'Intelligentsia du pays, réclame la fin de ces guerres dans lesquelles le pays est embarqué depuis si longtemps. D'autant que pour certaines, les motifs se sont avérés fallacieux. Et phénomène rarissime dans le pays du libéralisme économique total, les gens demandent que l'Etat les protège des agissements de certaines institutions financières. Et le seul des candidats qui dit ouvertement qu'il faut arrêter le massacre, c'est Obama. et c'est encore lui qui promet de protéger les plus fragiles et même de créer une couverture médicale pour eux.

Vous vous dites après celà, il ne peut pas perdre. Eh bien... il peut perdre. Cela s'est déjà vu aux Etats-Unis. Etre devant dans les sondages jusqu'à la dernière heure... et perdre l'élection. "Change we need", c'est sûr. "Change we can"... on verra demain !

 

M. Mady DANFAKHA

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LE MONDE
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