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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 11:03
Muhammad Ali
Muhammad Ali

Muhammad Ali, le plus grand boxeur du 20ème siècle s'en est allé cette nuit. Il aura marqué son temps. Mais pas seulement.
Il restera dans nos mémoires. Il est parti. Mais ce qu'il représentait ne peut mourir.

On disait qu'il était le plus beau, le plus fort, le plus grand ! The Greatest ! Le plus incroyable : c'est que c'est vrai !

Pendant qu'il balayait tous ceux qui osaient se dresser devant lui sur un ring, qu'il défiait tous ceux qui opprimaient les Noirs (où que ce soit sur Terre), pendant qu'il nous faisait respecter, il faisait se lever dans nos cœurs et dans nos corps de Noirs ce doux frisson qui plaquait le sourire sur nos lèvres et nous faisait nous tenir droit et relever la tête : la Fierté d'être ce que nous sommes.


Oh oui ! Il nous rendait fier(e)s. Mais plus que cela, Il nous disait aussi que le combat n'est pas que sur le ring. Il est en dehors aussi. Et surtout en dehors. Ce qui se passe aujourd'hui en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique lui donne raison.

Il était une de nos fiertés. Comme Malcolm X, Martin Luther King, Nelson Mandela...
Le monde a perdu un immense champion. Le monde Noir a perdu un prince,

Au revoir Champion. Tu resteras dans nos cœurs. Pour toujours.

Published by M. Mady DANFAKHA
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:00

Le 28 mai 2005, je décidai de partager avec le plus grand nombre mes joies, mes colères, mes déceptions, mes enthousiasmes... Bref, tout ce que m'inspiraient l'Afrique, le Sénégal, la France et plus encore. Pour cela, je créai ce blog.

En dix ans, il s'en est passé des choses. Il y en avait beaucoup à partager avec vous. Les sujets n'ont pas manqué. Même si je n'ai pas pu tout partager avec vous.

Quelques mois après avoir créé ce blog, les banlieues françaises se sont enflammées à la suite de la mort de Zyed et Bouna. Aujourd'hui, nous déplorons la mort, dans d'épouvantables naufrages en mer, de milliers de pauvres gens espérant une vie meilleure en Europe. Entre temps, nous avons perdu Nelson Mandela, les Noirs se font tuer par des policiers sûrs de leur impunité aux Etats-Unis d'Amérique. Pays dirigé par celui qui avait soulevé tant d'espoirs : Barack Obama. Il y a aussi cette formidable ascension de l'extrême droite en Europe (et en France en particulier) et cette folie atroce et collective qui sévit en Syrie et en Irak. Il y a eu Charlie Hebdo ! Il y a eu tellement de choses...

Les raisons de s'indigner, de communiquer, de partager, de rassurer, d'expliquer... ne manquent pas.

Je vous retrouverai donc très bientôt, dans ces mêmes colonnes.

A très bientôt !

Published by M. Mady DANFAKHA
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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:55

mandela.jpgCe dimanche 15 décembre 2013, Nelson Mandela a rejoint sa dernière demeure. Mettant un terme à une existence exceptionnelle sur cette terre. Nous l’oublions parfois, mais la vie – la sienne comme la nôtre – a un début, un déroulement et une fin. Et le plus important, à mon humble avis, c’est ce que nous mettons entre ce début et cette fin. Ce que nous faisons de ce temps qui nous est offert sur cette terre. Et dans le cas de Mandela, entre le début et la fin, la vie a été pleine. Pleine d’actes de courage, de gestes empreints d’humanité et de grandeur d’âme, de détermination, bref une vie pleine de leçons de vie.

L’immense émotion qui a traversé la planète entière depuis l’annonce de son décès, ce jeudi 5 décembre 2013, à elle seule, montre à quel point cet homme a marqué notre époque, notre monde. Et en premier lieu, l’Afrique, le continent qui l’a vu naître et qui abrite sa dernière demeure. Sa vie a été l’expression de ce que ce continent a pu offrir de meilleur au monde. Les Africains sauront-ils faire fructifier son héritage ? Sauront-ils faire profiter les générations futures des leçons de cette vie hors normes ? Il me semble que tout doit être fait pour que dans quelques décennies, nous puissions dire : oui, ils ont su !

Juste après sa sortie de prison le 11 février 1990, il prononça ces mots : « Je me tiens ici devant vous, non comme un prophète, mais en humble serviteur ». L’homme avait pris conscience de la dimension dans laquelle il pénétrait : celle des femmes et des hommes d’exception. Cette dimension qui fait que pour les autres humains, vous devenez plus qu’un simple homme. Alors même que vous avez encore plus conscience de votre condition humaine, de ses insuffisances et de ses limites. En prononçant cette petite phrase, Nelson Mandela nous disait, en peu de mots, beaucoup de choses.

D’abord l’exhortation à la modestie et à l’humilité. Une leçon qui doit être méditée par bon nombre de dirigeants africains pour qui le pouvoir est un moyen de dominer l’autre, de soumettre tous ceux qui ne pensent pas comme eux, d’écraser toute tentative de contestation de leur autorité, quitte à utiliser toute la puissance de l’État. Ce qui conduit irrémédiablement à un culte de la personne que des cercles de courtisans parasites s’évertuent à perpétuer. Jusqu’à l’ubuesque, jusqu’à la nausée.

Ensuite la détermination à servir ses concitoyens. Cela n’a pas été qu’une simple proclamation. Nous avons été les témoins de son application. Combien de fois le président Mandela s’est rendu auprès du citoyen lambda pour partager sa peine, pour se renseigner sur ses besoins, pour donner un conseil, pour soutenir un projet etc. Un épisode de cette attitude peu commune chez un chef d’État a été porté à l’écran par Clint Eastwood dans « Invictus ». Ce film nous montre comment le président Mandela a, en s’impliquant dans la préparation mentale de l’équipe sud-africaine de Rugby jusqu’à son titre de championne du monde de Rugby, retourné complètement la population blanche de son pays. Ces femmes et ces hommes qui, dans l’Afrique du Sud post Apartheid, ont eu la tentation du repli sur soi venaient d’être convaincus qu’ils avaient un défenseur. L’homme le plus puissant du pays était avec eux. Ils s’étaient trouvé un protecteur. Les Noirs se sont mis à aimer leur équipe nationale de Rugby qu’ils ont considérée pendant des décennies comme l’équipe des Blancs. La communion nationale a fait tomber les barrières, fait disparaître les peurs. On pouvait enfin être fier les uns des autres qu’on soit Blanc ou Noir. Et tout cela parce qu’il a décidé de créer une réelle proximité avec les Sud-Africains. Vécue en tant que telle par des milliers de personnes.

Oui, il a été au service de ses concitoyens, à leurs côtés, leur « humble serviteur » comme il disait. Jusque dans des moments qui ont pu étonner ailleurs. On pourrait multiplier les exemples. Mais ce n’est pas le lieu. Ces concitoyens, avant le reste du monde, lui ont déjà reconnu le rôle de Serviteur de la Nation.

« Humble serviteur » disait-il. Y en a-t-il beaucoup d’humbles serviteurs parmi les leaders africains ? Je vois d’ici le sourire moqueur de certains d’entre vous. Je vous comprends presque. Tellement le continent compte de dirigeants qui ne servent que leurs intérêts propres ainsi que ceux des leurs. Ce faisant, ils ont conduit l’un des continents les plus riches à la ruine. Menant les Africains de désastre en désastre.  Conduisant ses filles et fils les plus valeureux à chercher une vie meilleure ailleurs, privant la terre d’Afrique d’une partie de sa substance. Exposant ces jeunes Africains échoués sur le continent européen à la vindicte et à la violence des extrémistes de tous bords.

Vous l’avez compris, le chemin sera semé d’embûches avant que l’on puisse dire « les Africains ont su faire fructifier l’héritage de Nelson Mandela ». Cependant, je fais partie de ces optimistes qui croient que le Temps de l’Afrique est proche. Parce que la souffrance collective a assez duré. Les comportements déviants de ses dirigeants ne seront plus tolérés. Le Sénégal en a donné un avant-goût il y a peu par l’irruption de sa société civile et de sa jeunesse dans l’arène politique pour éviter une manipulation de la Constitution. Les nouvelles technologies offrent des raccourcis formidables pour rattraper le retard dans ce domaine. Les esprits sont prêts pour vivre autre chose.

 

Enfin, il y a une graine que Mandela a semée dans le cœur de beaucoup d’Africains : la fierté d’être Africains. Et ce n’est pas rien ! Leur continent a donné naissance à une icône planétaire. L’Afrique a offert au monde un modèle. Elle est devenue source d’inspiration pour les autres humains. Pour le meilleur. Et la fierté est un levier d’une puissance insoupçonnée. Alors, oui, il y a des raisons d’être optimiste pour l’avenir de l’Afrique. La vie exceptionnelle de Nelson Mandela sera à jamais une source d’inspiration pour son continent. Mais pas seulement.

Published by M. Mady DANFAKHA - dans DES RAISONS D'ESPERER
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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 22:00

chaine-brisee.jpgCe vendredi 10 mai 2013, la France a célébré la Journée Nationale des Mémoires de la Traite, de l’Esclavage et de leurs abolitions. À cette occasion, le président François Hollande a prononcé au Jardin du Luxembourg à Paris un discours pour marquer l’évènement.

Après avoir rappelé que depuis la Loi Taubira (du nom de l’actuelle Garde des Sceaux, ministre de la Justice) adoptée par le Sénat le 10 mai 2001, « la République reconnaissait la réalité de l’esclavage et la considérait comme un crime contre l’humanité », le président Hollande a précisé qu’il a « tenu le 12 octobre 2012 à rendre hommage à ces victimes sur l’Ile de Gorée, à la Maison des Esclaves ». Il s’est, dit-il, « incliné au nom de la France, en souvenir de ces êtres humains qui entendaient le rester face à ceux qui ne l’étaient déjà plus. »

Il est clair que depuis quelques années, les Autorités françaises ont pris la mesure de l’urgence du devoir de mémoire en ce qui concerne la Traite négrière et l’esclavage des populations noires. La loi Taubira, la Journée dédiée depuis 2006, la présence des plus hautes autorités (Chirac, Sarkozy et Hollande se sont tous rendus aux cérémonies organisées ces dernières années) en témoignent. C’est important. Mais en ce vendredi 10 mai 2013, où en sommes-nous ? Où en sont les Noirs ? Que sont devenus les descendants de ceux qui ont été réduits à l’état de bêtes de somme ? Que sont devenus les descendants de ceux, Noirs aussi, qui ont vendu aux esclavagistes leurs frères et sœurs ? Quelle est la place de l’Homme noir aujourd’hui sur cette Terre que nous partageons avec d’autres ? Avons-nous prolongé le combat des Césaire, Senghor, Gontran-Damas, Alioune Diop et d’autres ?

Que de questions me direz-vous ! Certes. Mais, me semble-t-il, quand on se remémore des périodes aussi douloureuses que cet ignoble commerce qu’a été la Traite Négrière, il faut que cela serve à avancer. Et à avancer vers la lumière, non vers les ténèbres. Alors posons-nous toutes ces questions. Quitte à ne pas trouver les bonnes réponses dans l’immédiat. Il sera toujours temps. La traite a duré quelques siècles. Alors pour les réponses, ne soyons pas trop pressés !

Même si les réponses sont loin d’être simples, un constat s’impose : le présent de l’Homme noir n’est pas brillant. Et c’est un euphémisme ! Son avenir le sera-t-il ? J’ai envie de dire : cela dépendra de lui ! En effet, même si son histoire ne peut laisser indemne, il n’a pas le choix : une révolution culturelle, afin de se débarrasser définitivement d’une certaine mentalité, s’impose.Hollande-10-mai-2013-2.jpg

Je parle de révolution culturelle parce que, me semble-t-il, la Traite et l’autre cauchemar qui a suivi, la colonisation du continent noir, ont laissé durablement dans la tête des protagonistes (Blancs d’un côté et Noirs de l’autre) des complexes qui ont des conséquences encore aujourd’hui. Le président Hollande a dit, lors de son discours du vendredi 10 mai 2013 : « si l’esclavage a disparu en France, la haine, le mépris qui l’ont rendu possible, sont, eux, toujours là ! » et d’ajouter, citant Aimé Césaire : « le racisme est là. Il n’est pas mort ». Oui, la bête immonde bouge encore.

En effet, pourquoi le racisme perdure ? Pourquoi la haine liée à la couleur de la peau va jusqu’à tuer ? Pas seulement parce que l’immigré noir vient « enlever le pain de la bouche » du pauvre Blanc qui a travaillé si dur pour offrir une vie descente à ses enfants. C’est tellement réducteur ! Non il me semble qu’il y a des raisons plus profondes. Il faut remonter quelques siècles en arrière.

La première chose que fait l’esclavagiste en réduisant l’homme noir à l’état d’esclave, c’est d’abord de lui nier toute humanité. C’est indispensable pour lui. Parce qu’il est impossible de traiter un être humain comme a été traité l’homme noir si on lui reconnaît la moindre part d’humanité. Alors on le nie en tant qu’être humain. On le ravale au rang d’animal, de bête sauvage qu’on a apprivoisée. Alors c’est plus facile. Plus facile de le soupeser, de lui ouvrir la bouche pour regarder sa dentition. Plus facile d’examiner les « femelles » pour savoir si l’on peut être optimiste quant à leur capacité de produire beaucoup de « négrillons ». Plus facile de sélectionner des reproducteurs pour étoffer le troupeau. Oui, c’est plus facile quand on nie l’humanité du Noir.

Et cela laisse des traces dans les têtes. Des deux côtés. Le vaincu, le Noir, mettra du temps à se débarrasser de sa condition de dominé, de terrassé, de battu. Il sait qu’il a été asservi. Euh… pas lui, son arrière-grand-père. Mais c’est tout comme. Par moment, il pense même que cela peut recommencer. D’ailleurs, l’affaire dite des « enfants réunionnais de la Creuse » peut participer de cette inquiétude. Ce qu’il voit aujourd’hui ne le rassure pas. Les siens, non plus,  ne le rassurent pas.

Le vainqueur, le Blanc, lui n’a aucun doute. Il est le plus fort. Il a gagné sur toute la ligne. Il a écrasé l’autre, il l’a réduit au silence, à l’obéissance. Il l’a asservi. Et quand il a fini, il lui a pris ces ressources minières, alimentaires etc. Il est sûr de sa force. Et il lui est difficile d’admettre que l’autre, en face, est son égal. La question de l’altérité se pose…

Nous sommes en mai 2013. Au 21ème siècle. Et ce que je décris plus haut vous semble à jamais révolu. Et pourtant…

Si aujourd’hui, il ne vient à l’esprit d’aucun être humain responsable de défendre la supériorité d’un groupe humain sur un autre, il faut malheureusement constater que les « damnés de la terre », comme les appelait Frantz Fanon, sont surreprésentés dans la population noire. Les victimes d’actes racistes sont légions dans les communautés noires. Et partout sur cette terre. Et je prétends que les passages à l’acte trouvent leur origine dans le type de complexe de supériorité et d’infériorité que je décrivais plus haut. Parce que, j’en ai la conviction, certains esprits simples, ont encore cette vision caricaturale de leur supériorité supposée. Sinon pourquoi dans certains pays du Maghreb, la seule vue d’un Noir sur le trottoir d’en face fait que certaines personnes crachent par terre ? De dégoût ? Pourquoi, en Russie, de jeunes Noirs se font tirer comme des lapins ? Pourquoi certains « supporters » italiens de football poussent des cris de singe lorsqu’un joueur noir a le ballon ? Pourquoi dans cette même Italie, la nomination au gouvernement Letta d’une femme noire, Mme Cécile Kyenge, libère une parole haineuse et inacceptable ? Pourquoi, en France, certains hommes politiques d’envergure nationale ont expliqué tranquillement que l’intégration des étrangers marchait tant que c’était des Espagnols, des Italiens ou des Polonais (alors qu’ils ont été traités de Ritals et de Polaks par certains) qui étaient les immigrés et que la machine s’est grippée quand il a fallu accueillir des « non européens » (suivez mon regard) avec l’approbation d’une partie non négligeable de la population ? Il me semble que si nous assistons à tout cela, c’est que quelque part les horreurs passées ont laissé des traces durables et néfastes. Et pas que chez les bourreaux. Aujourd’hui, certains Africains sont convaincus que le continent noir ne se sortira jamais de son état d’indigence actuel. Il faut combattre cela. Vigoureusement. D’autant plus vigoureusement que ce désespoir pousse aux pires extrémités la partie la plus prometteuse de l’Afrique : sa jeunesse. Et cela se fait par l’Éducation. « Décoloniser les esprits » disait quelqu’un. Moi j’ajouterai « redonner confiance et détermination, fierté et ambition ». Osons penser au meilleur, bannissons le pire de nos esprits. Apprenons au plus grand nombre d’enfants à considérer l’autre comme eux-mêmes. On ne naît pas raciste, on le devient.

Oui, une révolution culturelle, celle des mentalités est nécessaire. Pour se débarrasser des complexes hérités de cette horrible phase de l’évolution humaine qu’ont été la Traite négrière et l’esclavage. Chacun d’entre nous doit y contribuer. Que l’on soit Noir, Blanc ou autre. C’est indispensable. Je n’ai pas beaucoup de certitudes sur l’humanité, mais il y en a une qui s’impose à moi : nous sommes condamnés à vivre ensemble. Alors faisons tout pour que ce vivre-ensemble soit le plus agréable possible et le plus bénéfique pour tous.

 

Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:24

Bonne année 2013

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 15:25

Deux évènements médiatiques, qui n'avaient apparemment rien en commun, m'ont inter pelé la semaine dernière. D'abord l'émission de la chaîne française Canalplus intitulée Kindia2015 qui a été diffusée sur la chaîne le 20 novembre à 20 heures 55. Ensuite, une initiative d'une ONG norvégienne, le SAIH (The Norwegian Students and Academics International Assistance Fund) qui a fait le buzz sur l'Internet : Radi-Aid sous titrée "Africa For Norway" accompagnée d'une vidéo qui totalise plus de 1 300 000 vues en quelques jours.Le Logo de l'opération Kindia2015

Ces deux évènements ont, en fait, un lien : l'aide ou l'assistance aux populations démunies d'Afrique subsaharienne. En effet, l'émission de Canalplus "propose une aventure inédite en télévision en s'engageant, au-delà des écrans, dans une action de long terme. Pendant quatre ans, les équipes de la chaîne vont accompagner des projets de développement entre la France et la Guinée, un des pays les plus pauvres au monde, et plus précisément dans la région de Kindia" comme il est expliqué sur le site dédié au projet. Ainsi les télespectateurs, émus par ce qu'ils ont vu, pourront participer en faisant des dons. Un site Internet a été créé pour permettre de donner en ligne. La puissance de la télévision au service de l'aide humanitaire à l'Afrique. Le projet "Africa For Norway" interpelle aussi les consciences sur l'aide aux populations africaines. Mais c'est pour nous interroger sur l'effet produit par les campagnes des ONG qui travaillent dans l'humanitaire ou l'aide au développement en Afrique. En effet, cette vidéo humoristique montre une opération fictive montée par les Africains pour venir en aide aux Norvégiens qui risquent de mourir de froid cet hiver. Une collecte de radiateurs (d'où le nom de l'opération : "RADI-AID") est organisée pour les envoyer en Norvège où les populations sont frigorifiées. Et tout ça façon "USA FOR AFRICA" des années 80. Avec la chanson qui va avec. On peut lire sur leur site : "Imagine if every person in Africa saw the “Africa for Norway”-video, and this was the only information they ever got about Norway. What would they think about Norway?". Eh oui ! Si les Africains n'avaient de la Norvège que cette image, ce serait inquiétant. Un Norvégien débarquant en Afrique serait immédiatement regardé à travers le prisme déformant d'une image fausse. Avec tout ce que cela comporte de condescendance, pitié, rejet peut-être... Et pourtant, c'est ce qui se passe à longueur d'année pour ce qui concerne les Africains. Des images atroces de bébés décharnés, de destructions provoquées par des guerres fratricides, d'enfants soldats, j'en passe, et des pires, nous sont régulièrement servies à des heures de grande écoute. Et on se pose rarement la question de l'impact négatif que cela pourrait avoir sur les populations occidentales (Europe de l'ouest et Etats-Unis d'Amérique principalement). Je pense que les concepteurs de ces campagnes devraient y penser un peu plus souvent. Car la situation de grave crise économique que vivent les occidentaux les fragilise encore plus. Et les raccourcis de pensée se prennent plus facilement.

Que l'on se comprenne bien : des opérations comme Kindia2015 sont, à mes yeux, à saluer. D'abord et surtout parce que les bénéficiaires seront des populations qui ont besoin d'être aidées. Ensuite parce qu'en comblant l'énorme fossé de niveau de vie qui persiste entre les Occidentaux et les Africains, c'est l'Occident qu'on aide. Car, même si ce n'est pas encore évident pour tous, une femme ou un homme ne se sentira jamais mieux ailleurs que sur la terre qui l'a vu naître et grandir. Pour peu que les conditions de sa survie et de celle des siens y soient réunies. Ce n'est malheureusement pas encore le cas pour beaucoup d'Africains. Et ces malheureux finissent par prendre des risques fous pour rallier l'"eldorado" occidental. Au péril de leur vie. Alors oui, Kindia2015 et d'autres initiatives du genre sont les bienvenues. Mais attention, l'Afrique et les Africains ce n'est pas que cela.

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 15:57

Jean-Luc-Delarue.jpgNous avons appris ce matin la mort, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet 2012, de l'animateur de radio puis de télévision Jean-Luc Delarue. Il avait juste 48 ans. Cet homme a marqué la télévision française des années 90 et 2000. C'est sûr. Mais surtout les téléspectateurs, dont je suis, qui l'ont suivi pendant toutes ces années. Et c'est à ce titre que je voudrais lui rendre hommage.

Ce parcours singulier dans le monde médiatique avec son ascension fulgurante et la descente aux enfers qui lui a succédé dit quelque chose du monde dans lequel nous vivons. Parce qu'il était exigent avec lui-même, qu'il travaillait énormément (les professionnels qui l'ont côtoyé en témoignent depuis l'annonce de son décès) et qu'il cherchait dans chaque concept d'émission  à atteindre le meilleur de ce qu'on pouvait donner, il a fini par se consumer. La drogue en a été l'illustration la plus visible après son arrestation très médiatisée. Ce qu'il a fait ensuite, cette tournée des écoles pour expliquer aux plus jeunes les ravages que peut causer l'usage de stupéfiants, m'a beaucoup ému. Ému parce qu'il m'a semblé sincère dans sa démarche. Sincère aussi lorsqu'il a organisé cette conférence de presse pour annoncer qu'il était atteint d'un cancer de l'estomac et du péritoine. Cette terrible maladie qui a fini par l'emporter la nuit dernière.

Au delà des polémiques qui ont jalonné les dernières années de sa vie, je veux juste retenir son talent. Un vrai talent ! Les émissions où il traitait de problèmes de société pouvaient devenir indécentes si elles étaient présentées par quelqu'un qui n'avait pas son talent. Ce talent c'était sa formidable capacité à être en empathie avec ses invités. A les mettre en confiance. A créer du lien. Juste pour cela, je te dis merci Jean-Luc. Repose en paix.

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 16:02

Anneaux-olympiques-London-2012-copie-1.jpgAu moment où la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de London 2012 va démarrer, je me suis demandé si le continent africain pouvait – dans un délai raisonnable (quinze, vingt ans ?) – organiser cette immense fête planétaire. La réponse est loin d’être évidente.

 

Dans un premier mouvement, j’ai envie de répondre oui. Bien sûr qu’un pays africain est capable d’organiser les Jeux Olympiques d’été dans un avenir pas trop lointain. En 2010, l’Afrique Du Sud avait réussi à organiser avec brio la Coupe du monde de football. Et d’autres pays africain auraient parfaitement pu organiser une manifestation sportive de cette ampleur. Le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou le Nigéria auraient sûrement honoré le continent pensé-je. Alors d’où vient cette petite voix qui me dit : « arrête de rêver » ? En fait on ne peut avoir cet optimisme que si l’on se contente de penser au côté festif de la chose, à la gentillesse et à l’hospitalité reconnues aux populations du continent africain. Bref lorsqu’on pense à l’humain. Le problème c’est que les « Olympics » comme disent les Anglo-Saxons, c’est devenu une gigantesque machine à rêves qui brasse des sommes astronomiques que les Africains n’ont naturellement pas.

En effet, les Jeux de London 2012 ont coûté plus de 12 milliards d’euros. Quand on sait que le produit intérieur brut (PIB) de beaucoup de pays africains ne dépasse pas 10 milliards de dollars (encore moins en euros)… Rien que la cérémonie d’ouverture a coûté presque 50 millions d’euros ! C’est vertigineux.  On comprend alors très vite qu’organiser un tel évènement n’est clairement pas à la portée de l’écrasante majorité des États africains. Aujourd’hui, seule l’Afrique du Sud avec un PIB de plus de 560 milliards de dollars est capable d’investir autant d’argent pour l’organisation de Jeux Olympiques. Mais il y a autre chose.

 

Certes l’Afrique est le seul continent qui n’a jamais accueilli les Jeux Olympiques. C’est sûrement une injustice. Mais quand on voit les défis colossaux que les pays africains doivent relever, on mesure presque la futilité d’un tel évènement. Guerres civiles (Nord Kivu en RDC) engendrant des famines et des fuites de populations, menaces islamistes (nord du Mali), taux d’alphabétisation très faible, chômage endémique dans beaucoup de pays, problèmes politiques récurrents dans certains… j’en passe. Et des meilleurs… du pire. Même si monsieur Lamine DIACK, le Sénégalais patron de l’IAAF, est optimiste – il pense que les JO pourraient être organisé en Afrique pour 2028 ou 2032 au plus tard – , en face des problèmes graves que nous venons d’évoquer, les JO peuvent attendre. 

Published by M. Mady DANFAKHA - dans L'AFRIQUE
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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 03:28

Ce mardi 07 août 2012, les populations de la région de Tamba ont été réveillées par une triste nouvelle : un accident de la route, d’une extrême gravité, s’est produit aux environs de Kaffrine. Une collision frontale entre un camion chargé de sacs de charbon de bois et un bus transportant des voyageurs en provenance de Dakar venait d’ôter la vie à une vingtaine de personnes. C’est très grave, je le répète. C’est insupportable. Et c’est révoltant.

J’insiste sur la gravité de cet accident parce que je n’ai pas eu le sentiment, pendant toute la journée de ce funeste mardi, que le pays avait pris la juste mesure de l’immense catastrophe qui venait de se produire. Que les médias en ont rendu compte comme il se devait. Que les autorités du pays ont été à la hauteur d’une telle tragédie. Jugez en vous-même. Deux chaines de télé privées ont pu diffuser un court reportage pendant que la télévision publique RTS1 mettait en « une » de son journal de 20 heures le démarrage des épreuves du baccalauréat avant de nous livrer un communiqué de la présidence de la République qui nous apprenait que le chef de l’État « a été très peiné d’apprendre la nouvelle du tragique accident » . Le ministre de l’intérieur, arrivé à Kaolack, lui se demandait s’il ne fallait pas « arrêter ces voyages nocturnes »… Pendant ce temps une vingtaine de familles étaient dévastées. Anéanties et révoltées par la douleur de la perte d’un proche dans des conditions aussi atroces et brutales. D’autant plus révoltées que ces morts pouvaient être évitées. Et cela, c’est insupportable ! Je partage leur douleur et leur révolte. Faut-il rappeler qu’une vie humaine est ce que nous avons de plus précieux à préserver ? Rien, absolument rien ne pourrait plus justifier que des camions continuent de tuer des êtres humains sur cet axe routier Kaolack – Tamba. Il est plus que temps que des mesures urgentes et fermes soient prises pour qu’un tel drame ne se reproduise plus. Ce n’est pas pour demain, ni même pour aujourd’hui. C’était pour hier ! Et notre pays et ses dirigeants n’ont pas été à la hauteur.

En effet, cet axe routier Kaolack – Tamba est un des plus meurtriers du pays. À chaque fois qu’on prend cette route, on risque sa vie. Et ce n’est pas admissible. Il ne se passe pas un mois sans qu’il y ait un accident, plus ou moins grave, sur ce tronçon. Les morts s’accumulent. Et à chaque fois, on se contente de déplorer les pertes en vies humaines. « C’est la volonté de Dieu » entend-on souvent. Insupportable ! Alors même qu'on sait les principales causes de ces accidents : un nombre impressionnant de gros porteurs sillonnent ces routes étroites tous les jours. Il n’est pas rare de croiser de véritables convois de gros camions surchargés de marchandises. Ces camions immatriculés au Sénégal, au Mali et même en Gambie passent par la ville de Tamba (un véritable carrefour pour la sous-région) pour se rendre à Dakar (ou en provenance de Dakar) par centaines. De jour comme de nuit. Et dans l’insécurité la plus totale.

Insécurité due en premier lieu au facteur humain. La majeure partie de ces camions est conduite par des conducteurs totalement irresponsables. Par manque de connaissance du code de la route ? Par insouciance ? Ou juste par une sorte d’indiscipline assumée ? Le fait est que leurs comportements sont criminels. Ceux qui, comme moi, ont déjà emprunté cet axe Tamba – Kaolack avec une voiture de tourisme ne me démentiront pas. La première chose qui frappe c’est que ces camions roulent toujours en plein milieu de la chaussée. Rouler à droite, ils ne savent pas ce que cela veut dire. Après en avoir croisé (difficilement) plusieurs et après avoir constaté un nombre anormalement élevé de camions accidentés couchés sur le flanc  et laissés à l’abandon sur le bas-côté de la route on commence à comprendre. Ces camions sont tout le temps surchargés. On met de la marchandise à concurrence de deux fois la hauteur normale de la remorque. Résultat : le centre de gravité du véhicule est beaucoup plus haut que prévu par le constructeur. Et la moindre tentative de s’écarter vers la droite pour croiser un autre usager de la route arrivant en face se solde pour ces camions par des tonneaux sur le bas-côté. Alors pour éviter que leur camion ne se renverse, ces conducteurs fous roulent au milieu de la chaussée. Au su et au vu de tout le monde. Quoiqu’il arrive ! De la folie furieuse. Et on les laisse faire ! Qu’attendent les autorités pour interdire purement et simplement ce genre de chargement. Une remorque de camion est faite pour charger au ras de la remorque. Pas plus. 

La deuxième source d’insécurité provient des camions eux-mêmes. L’écrasante majorité de ces camions seraient recalés à un contrôle technique un tant soit peu sérieux. Freins défectueux, éclairage absent à certains endroits du véhicules quand les feux de croisement ne se transforment pas en feux de route, pneus lisses etc. J’en passe et des meilleurs. Là aussi, au vu et au su de tout le monde. Qu’attend-on pour imposer un contrôle technique rigoureux et annuel à ces véhicules ? On en retirerait beaucoup de la circulation. Et on préserverait ainsi la vie des populations des régions de Tamba et de Kaolack. Il est plus que temps d’en finir avec les bricolages, les arrangements et les « masslaha » ! Ce sont des vies humaines qui sont en jeu.

Une dernière source d’insécurité est de la responsabilité des autorités elles-mêmes. Vous qui empruntez ces routes, vous avez constaté comme moi l’absence totale de marquage au sol sur certains tronçons de route. Pas de bande blanche séparant les deux sens de circulation d’une route nationale, pas d’indication de la fin des zones de dépassement etc. Dans ces conditions, comment reprocher à un conducteur fou de rouler sur un côté de la route où il risque à tout moment de voir arriver en face de lui une autre voiture ? Surtout de nuit. On s’étonne ensuite de voir les collisions frontales se multiplier. Et qu’on ne vienne surtout pas m’expliquer que la signalisation routière coûte cher. On met bien de l’argent dans des choses futiles tous les jours sous des prétextes fallacieux. Ici il s’agit de préserver la vie de nos concitoyens. Ne pas assurer une signalisation routière claire et permanente frise la non-assistance à personne en danger. Ne pas réprimer de la façon la plus ferme les infractions au code de la route s’apparente à de la complicité. 

Je demande donc aux autorités, sans préjuger des conclusions de l’enquête qui devra situer les responsabilités dans cette catastrophe routière, de prendre des mesures immédiates et fermes à mettre en œuvre le plus rapidement possible pour d’abord sécuriser cette route et ensuite traduire devant les juridictions compétentes les responsables d’une telle tragédie. Et j’appelle les populations de Tamba ainsi que les associations qui les représentent à organiser une marche silencieuse vers la Gouvernance de Tamba pour saluer la mémoire des disparus et déposer entre les mains du gouverneur une demande de sécurisation de cette route si meurtrière. 

Encore une fois, je partage la douleur de toutes les familles touchées par cette tragédie. Je m’associe aux prières pour le repos de l’âme de ceux qui nous ont quittés et pour le rétablissement des blessés hospitalisés actuellement.

Published by M. Mady DANFAKHA - dans TAMBACOUNDA
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 13:20

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