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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

   

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture ! 
 

Dimanche 14 juin 2009
Il y a quelques jours, le vendredi 05 juin 2009, sortait sur tous les écrans (cinéma, télévision, internet, dvd, téléphone mobile...) HOME, le film du Français Yann Arthus-Bertrand . Et cela dans des dizaines de pays et dans plusieurs langues. C'est une sortie m ondiale et multimédia, aux sens premiers de ces mots. Pour l'avoir vu, je pense que c'était la sortie qu'il fallait pour ce magnifique plaidoyer pour notre finalement si fragile planète : la Terre.

Au delà du bruit, inévitable, que peut produire ce genre de projet (il y a même des gens qui pensent que ce film a changé les intentions de vote des électeurs français lors des élections européennes du dimanche qui a suivi !), il faut que le maximum de gens voie ce film. Y compris ceux qui pensent que les écolos sont des empêcheurs de consommer tranquille en plus d'être des gens qui passent leur temps à jouer les Cassandre. Surtout eux.

Ne serait-ce que pour alimenter ce débat qui, me semble-t-il, doit avoir lieu sur notre responsabilité dans cette course folle de l'Homme vers sa perte.
Et pour qu'on ne puisse plus dire : "on ne savait pas" !

Visionnez le film sur Youtube.

Allez visiter le site du projet en cliquant ici.

Par M. Mady DANFAKHA - Publié dans : LE MONDE
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Mercredi 5 novembre 2008
Ils l'ont fait ! Les Américains ont porté à leur tête celui qui était le plus improbable candidat à la Maison Blanche, il y a seulement quelques années. Je le disais, dans mon dernier post, qu'il y a quelques années un homme comme lui pouvait avoir tout contre lui, aujourd'hui il a tout pour lui. Désormais, et pour au moins quatre années, dans les salons officiels de la politique américaine, on entendra cette annonce : "Ladies and gentlemen, the président of the United States of América, Barack Obama !" c'est inoui ! Quelle leçon magistrale les Américains viennent de nous donner !

En France, nous avons l'habitude de nous moquer gentiment des travers de la société américaine. Mais nous n'en restons pas moins admiratifs devant la capacité incroyable de réaction des Américains. En élisant cet homme improbable, ils ont montré que "l'american dream" n'est pas une vaine expression. Quand on sait qu'il y a moins de cinquante ans, sur cette même terre des Etats-Unis d'Amérique, des hommes et des femmes mourraient du fait de leur couleur de peau, quand on sait que la ségrégation raciale était légale dans cer tains Etats, on comprend le pas de géant que ce pays a fait franchir à son peuple, en une journée ! Obama lui-même le dit très bien : "A l'époque de ma naissance, même le regard appuyé d'un homme noir sur une femme blanche pouvait le conduire en prison !". Même sa naissance, il y a 47 ans de l'amour d'un Africain Noir et d'une Américaine Blanche, était déjà une forme de défi aux règles établies. Son accession à la magistrature suprême de la plus grande puissance économique et militaire de la planète est une autre forme de défi. Car la tâche est immense ! Mais quel formidable espoir !

Un frisson gigantesque a parcouru le monde cette nuit. A la dimension historique de l'évènement s'est ajoutée une part d'émotion intense. Quand j'ai vu les larmes couler sur les joues de Jesse Jackson, je comprenais ! Le frisson me parcourait aussi. Mes yeux s'embuaient aussi. Le chemin a été si long, si dur, mais le rêve de Martin Luther King, son compagnon de lutte assassiné, était en train de se réaliser sous ses yeux. Un homme qui était blanc et qui était noir aussi, une synthèse humaine, un pont entre les races et les cultures était arrivé à réconcilier Blancs et Noirs dans un même élan patriotique. Le rêve du pasteur King est devenu réalité. Sous nos yeux.

Mon émotion a grandi encore quand, saisi par ces instants exceptionnels, je me suis mis à relire le dernier discours du pasteur King, quelques heures avant sa mort sous les balles d'un extrêmiste. C'était le 3 avril 1968 à Memphis. Il disait à la fin de son discours : "Well, I don't know what will happen now. We've got some difficult days ahead. But it really doesn't matter with me now, because I've been to the Mountaintop ! And I don't mind. Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place. But I'm not concerned about that now. I just wand to do God's will. And He's allowed me to go up to the mountain. And I've looked over, and I've seen the Promised Land. I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get the Promise Land. And so I'm happy tonight. I'm not worried about anything. I'm not fearing any man. Mine eyes have seen the Glory of the coming of the Lord. " Vous avez dit messianique ? prémonitoire ? visionnaire ? prophétique ? Vous avez raison ! C'est tout celà à la fois. Il savait que ce peuple noir des Etats-Unis qui n'avait connu que souffrance et humiliation atteindrait la Terre Promise. Il savait que ce serait sans lui. Le Seigneur lui avait permis de gravir la Montagne et de jeter un coup d'oeil de l'autre côté pour admirer la Terre Promise. Il fallait qu'il leur annonce celà avant de les quitter pour toujours. Pour qu'ils ne désespèrent pas. Pour entretenir l'Espoir. Et aujourd'hui, cet Espoir porte un nom africain : Obama. J'ignore comment est La Terre Promise dont parlait le Pasteur King.
J'ignore quand le peuple noir y sera. Mais je sais, après ce qui vient de se passer, que le chemin pour y arriver existe. Pour qu'enfin Noir ne signifie plus tueries, crimes, guerres, pauvreté, misères, désespérance. Pour le bien de l'Homme. Qu'il soit Noir, Blanc, Jaune ou autre. Pour le mieux vivre ensemble des hommes et des femmes qui peuplent cette planète qui s'appelle la Terre. Et qui est devenue si petite, en quelques années.

Oui j'ai vu mes larmes couler en voyant celles de Jesse Jackson et après avoir relu le pasteur King. Moi qui réagit très rarement de manière émotive. Mais après avoir relu ce texte de Martin Luther, 40 ans après qu'il l'ait prononcé, beaucoup de choses sont remontées en surface. Et l'émotion m'a submergé. L'Histoire des peuples est riche d'enseignements. Mais pris dans le tourbillon de nos vies modernes, nous avons rarement le temps de nous arrêter pour en tirer des leçons. Pourtant, nous vivons des moments qui devraient nous permettre de nous arrêter et de chercher un sens, dans les deux sens du mot, à tout celà. Car il y a une leçon à tirer pour les un uns, un chemin à suivre pour les autres. pourvu que les extrêmistes de tout poil ne viennent faire bégayer l'histoire. Et, chers lecteurs, excusez-moi d'avoir parlé de mon ressenti dans ces colonnes. Mais le moment est exceptionnel. Et les lignes qui précèdent, dans le cadre du lien qui s'est tissé entre vous et moi, le seront aussi.

Ils disaient : "change, we need", puis "change, we can", ils peuvent dire aujourd'hui : "change, we did" !

Par M. Mady DANFAKHA - Publié dans : LE MONDE
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Mardi 4 novembre 2008
Demain, mercredi 05 novembre 2008, les États-Unis d'Amérique se réveilleront avec un nouvel homme à leur tête. Il s'appellera peut-être John Mc Cain. Il s'appellera peut-être Barack Obama. Et c'est un évènement historique de dimension planétaire. Un évènement politique comme l'Amérique en a rarement vécu !

Ce n'est pas seulement parce que le pays le plus puissant du monde se choisit un nouveau chef. Il en faudrait plus pour que de pauvres paysans asiatiques dans leurs rizières ou que quelques uns de leurs collègues assis sous l'arbre à palabres d'un village sénégalais se demandent : "c'est quand l'élection du président des Américains ?". Ce n'est pas non plus seulement parce que le monde entier s'intéresse à ce qui passe dans la politique américaine depuis le 11 septembre 2001. C'est un peu de cela. Mais c'est surtout, à mes yeux, pour deux raisons que cette élection a pris une dimension planétaire et présente un caractère historique : d'une part l'époque que nous vivons et d'autre part la personnalité peu banale de chacun des deux challengers.

John Mc Cain est un héros comme les Américains les aiment. Les souffrances qu'il a endurées en tant que prisonnier de guerre l'ont rendu proche et sympathique aux yeux de ses compatriotes. On aime s'identifier aux héros. Chaque peuple s'en "construit" un certain nombre. La Fierté nationale en a besoin. Et le parcours qui a suivi en a fait de Mc Cain un redoutable homme politique. Et ne dites surtout pas aux Américains qu'en France, nous adorons les frites "Mc Cain". Ils le prendraient mal...

Quand à Barack Hussein Obama, les lettres qui précèdent suffisent pour montrer à quel point il a une personnalité peu banale et un destin qui l'est encore moins. Avec son état-civil, il avait tout contre lui. Il a réussi à en faire une force. Comme disait le comédien Jamel : "tu n'as aucune chance, alors saisis-la !". Il l'a tellement bien saisie, qu'il se peut que le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique s'appelle Barack Obama. Et phénomène extraordinaire, le monde entier voterait Obama. Il soulève les foules. Il ent housiasme les plus blasés. Il parcourt l'Europe en Rock Star. Des hommes politiques étrangers, des artistes, des scientifiques disent ouvertement leur préférence pour lui. Quand à l'Afrique, il y est déjà un héros. Tout ce que l'Afrique compte de croyants prient pour sa victoire. Mais pourquoi lui ? Pourquoi est-ce lui qui met les gens dans cet état-là ? Pour un certain nombre de raisons parmi lesquelles j'ai retenu celles ci-dessous.

D'abord parce qu'il est métis. Ce qui n'est pas la même chose que de dire qu'il est noir, car quand on est le fruit des amours de deux parents de couleurs de peau différentes, on est métis. Et c'est une force. Car sans renier ses origines africaines de par son père (il les revendique même), il a été élevé par une mère et une grand-mère blanches. Ce qui fait de cet homme un pont, une synthèse. il est aussi à l'aise dans le milieu des Noirs les plus pauvres que dans celui de la haute bourgeoisie blanche. Il sait parler aux uns et aux autres sans paraître emprunté. Il fait "vrai et crédible" chez les uns et les autres. Même si ses adversaires politiques ont tenté de le "caser" quelque part. En vain. Il n'est ni noir, ni blanc. Il est noir et il est blanc. Le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, de là ou il est, doit avoir le sourire depuis quelque temps, lui qui appelait au métissage culturel, au metissage tout court et à la "civilisation de l'universel". Or Obama est fondamentalement un métis culturel. Mais il le dit mieux que moi. Le 18 mars 2008, lors d'une allocution à Philadelphie il dit ceci : "je suis le fils d'un homme noir originaire du Kenya et d'une femme blanche venant du Kansas. [...] J'ai été élevé par une grand-mère blanche [...] j'ai été dans les meilleurs écoles [..] j'ai épousé une femme noire descendante d'esclaves qui porte en héritage du sang d'esclave". Et il ajoute : "J'ai acquis la conviction que cette nation est plus que la somme de ses composantes !" Tout est dit.

La deuxième raison que je vois à ce phénomène rare vient de ce je disais plus haut. Parce que son origine et son parcours ont fait de lui un "homme partagé" et ouvert, Barack Obama rassure le monde. Il nous rassure. Dans cette époque de peur de l'autre, d'inquiétude face à l'avenir, parfois même de haine de l'autre, qui mieux que cet homme dont l'histoire transcende les races les origines peut rassembler les uns et les autres. Par son refus de se laisser enfermer dans une race, une classe sociale ou dans quelque ghetto, fut-il de luxe, il a cristallisé un espoir immense. Non seulement aux États-Unis d'Amérique, mais dans le monde entier. Les Irakiens rêvent de le voir régler le conflit qui ravage leur pays. Les Palestiniens rêvent de le voir les accompagner, avec plus de détermination, vers l'obtention d'une terre et d'un pays indépendant. Les Israéliens rêvent, sous son mandat, de connaître enfin la paix à côté d'un État palestinien pacifié. Les Africains rêvent d'avoir enfin une oreille attentive au sommet de l'Etat le plus puissant au monde. Et qu'enfin le mot noir signifie autre chose que guerre, misère, crimes, immigration clandestine. Les musulmans du Proche et du Moyen Orient rêvent de pouvoir aimer à nouveau cette Amérique qui, après les avoir fait rêver, les a bannis. Les Afro-Américains rêvent de redevenir fiers de leurs origines. Des hommes et femmes du monde entier rêvent de réconcilier à nouveau l'Amérique et le monde. Cela fait beaucoup. Et il y aura sûrement des déceptions. Qu'il soit élu ou pas. Mais l'espoir, c'est ce qui nous fait vivre et tenir face à l'adversité de la vie. Et quand on en a autant d'un coup, on ne se prive pas.

La dernière raison à ce phénomène nous ramène aux Etats-Unis. Ce pays vient de vivre, pendant les huit années de l'administration Bush fils, l'une des périodes les plus troubles et les plus difficiles de son existence. Depuis le Vietman, les Etats-Unis n'ont pas vécu une période aussi meurtrière pour ses "boys". Un désastre. Et comme si ce malheur ne suffisait pas, ce mandat a vu exploser le problèmes des subprimes qui n'était que le prologue de cette immense crise financière qui, parti des Etats Unis, a embrasé le monde entier. Une grande partie de la population, appuyée par l'Intelligentsia du pays, réclame la fin de ces guerres dans lesquelles le pays est embarqué depuis si longtemps. D'autant que pour certaines, les motifs se sont avérés fallacieux. Et phénomène rarissime dans le pays du libéralisme économique total, les gens demandent que l'Etat les protège des agissements de certaines institutions financières. Et le seul des candidats qui dit ouvertement qu'il faut arrêter le massacre, c'est Obama. et c'est encore lui qui promet de protéger les plus fragiles et même de créer une couverture médicale pour eux.

Vous vous dites après celà, il ne peut pas perdre. Eh bien... il peut perdre. Cela s'est déjà vu aux Etats-Unis. Etre devant dans les sondages jusqu'à la dernière heure... et perdre l'élection. "Change we need", c'est sûr. "Change we can"... on verra demain !

Par M. Mady DANFAKHA - Publié dans : LE MONDE
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Lundi 30 octobre 2006

Samedi, je venais à peine de mettre en ligne mon dernier post dans lequel je m’indignais de ce nouveau comportement inadmissible dans les banlieues françaises qui consiste à multiplier les incivilités. Sous prétextes de « fêter » l’anniversaire du début des émeutes de l’année dernière. Quitte à pourrir la vie de braves citoyens qui ne demandent qu’à vivre tranquillement. Et j’apprenais qu’à Marseille, des « jeunes » délinquants avaient mis le feu à un bus de la RTM (Régie des transports de Marseille) ! Et ce nouvel incendie de bus prenait un tour plus dramatique que les autres : une jeune franco sénégalaise, brûlée sur 70 % de la surface de son corps lutte aujourd’hui contre la mort !

Quand on lit, dans l’article du journal 20minutes, le témoignage d’un des hommes qui ont essayé de lui porter secours : «Cette femme noire perdait tellement de peau qu'on aurait dit qu'elle était blanche. Je ne pouvais la tenir par aucun endroit tellement elle souffrait » ou « Elle criait : “Ne me lâche pas, je ne veux pas mourir” »… on est submergé par un mélange de colère et d’indignation indescriptible ! Je suis en ce moment traversé par des sentiments et des envies que la décence m’interdit de dire ici. Les médecins marseillais répétaient, il y a encore deux minutes, que cette jeune femme est toujours entre la vie et la mort. J’espère de toutes mes forces qu’elle s’en sortira. Même si nous apprenons que si elle survivait, elle aurait de lourdes séquelles irréversibles ! C’est terrible !

Alors vous comprendrez aisément, vous qui lisez ces lignes, que je souhaite que les auteurs de cet acte ignoble, imbécile et criminel soient recherchés, traqués sans relâche, retrouvés, jugés et condamnés avec la dernière rigueur. A ce propos, je suis heureux d’apprendre que ce genre de crime fait encourir à ces auteurs trente ans de réclusion criminelle en France ! Parce qu’aujourd’hui, je crois qu’il faut absolument faire payer ces salauds criminels. L’impunité a trop duré ! Et tout doit être mis en œuvre pour les livrer à la justice.

Et je voudrais dire à ceux savent quelque chose qui pourrait permettre d’arrêter les auteurs de ce geste abject et qui se taisent : il y a des moments où la peur ne justifie plus le silence. Il faut justement que cette peur change de camp. Il faut faire passer définitivement à ces êtres immondes l’envie de recommencer. Et il faut dissuader aussi définitivement ceux qui auraient des envies de les imiter de le faire. C’est un acte citoyen de très grande portée si vous êtes républicain laïc, c’est un acte de foi si vous êtes croyant. Quelque soit, par ailleurs le Dieu dans lequel vous croyez. Toutes les religions considèrent qu’attenter à la vie humaine est la pire abomination qui soit ! Par conséquent, si vous savez quelque chose, aidez la police à les coincer.

Puisse cette jeune femme s’en sortir.

Par M. Mady DANFAKHA - Publié dans : LA FRANCE
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Samedi 28 octobre 2006

Ce vendredi 27 octobre 2006, une partie de la France s’est inclinée devant la mémoire des deux jeunes de Clichy Sous Bois (ville de la banlieue parisienne) morts électrocutés il y a deux ans dans un transformateur électrique, après une course poursuite avec la police. Toute perte de vie humaine est douloureuse. Quand il s’agit de deux adolescents, et dans les circonstances que l’on sait… L’émotion était palpable. Le recueillement a été digne.

Cet événement malheureux avait été le point de départ de trois semaines d’émeutes qui ont mis le feu aux périphéries des grandes villes françaises. J’en ai déjà longuement parlé dans les colonnes de ce blog. Dans un premier article, je m’étais penché sur les causes profondes de cette folie incendiaire qui avait pris des allures suicidaires. Ensuite, j’ai tenté d’en tirer les enseignements. Il paraît qu’ on apprend toujours plus de nos échecs que de nos réussites. Comme je n’ai aucun doute sur le fait que ces évènements de l’année dernière illustrent un échec patent d’une certaine façon de gérer les problèmes de la partie la plus vulnérable de la société, je suppose qu’une fois que les leçons seront tirées, on aura beaucoup appris !

Aujourd’hui, mon propos n’est donc pas de revenir sur les évènements consécutifs à la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna, mais de dire stop ! Stop à une dérive qui n’a plus rien à voir avec un quelconque ras-le-bol. Avec quelque revendication sociale que ce soit !

Car enfin ! Comment peut-on justifier qu’un an après ce que nous avons vécu, des voyous – car c’est comme cela qu’il faut les appeler – se permettent encore de mettre le feu à des bus de transport public. De tenter ainsi de réinstaller la banlieue dans une ambiance suffocante. De nous faire un remake de l’automne 2005, sans aucune légitimité. Si tant est qu'on puisse légitimer la violence ! C’est intolérable. Et il faut le dire.

Le résultat de ces comportements imbéciles : mettre un peu plus en difficulté des femmes et des hommes qui sont déjà en situation sociale précaire. Ceux qui ont péniblement réussi à avoir un emploi ont, dans ces quartiers, du mal à se rendre à leur travail aujourd'hui. Ceux qui en cherchent auront encore plus de mal à en trouver. La stigmatisation va crescendo. Et je ne parle même pas de l’exemple catastrophique donné aux plus petits qui finissent par croire que c’est normal de jeter des cailloux sur les policiers et les pompiers, que brûler un bus est un jeu très marrant ! Non ! Non ! Et non ! Ce n’est pas vrai ! Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de se battre contre cet état de fait.

Bien sûr que la mixité sociale est actuellement une sorte Graal en banlieues. Bien sûr que l’écrasante majorité des populations habitants de ces quartiers est d’origine africaine (maghrébine ou négro-africaine, qu’importe !). Bien sûr que la discrimination à l’embauche ou au logement est une réalité. Les raisons de réclamer un changement de la situation ne manquent certainement pas. Mais est-ce une raison de continuer à se tirer des balles dans le pied ? Il faut se battre certes. Mais de façon responsable. Et être responsable, c’est dire deux ou trois choses simples mais claires pour remettre les idées en place. Et arrêter ainsi avec des clichés trop faciles.

D’abord, la police française n’est pas contre les populations d’origine africaine. Quand bien même, on trouverait dans ses rangs d’authentiques racistes qui rêvent tous les matins en prenant leur poste de « se faire un petit bronzé ». Ceux-là on les combat, par la loi. Et nous ne sommes pas en 1977 dans les rues de Johannesbourg ou de Sowéto !

La France n’est pas un pays raciste. Quand bien même on y croiserait des hommes et des femmes qui rêvent encore d’une France monocolore, que dis-je… d’une France décolorée ! Ceux-là sont une minorité, même si leur pouvoir de nuisance est inquiétant. Il faut les traquer et les traduire devant les tribunaux de la république. La loi française en donne largement les moyens.

Quand on est né de parents d’origine africaine, ce n’est pas foutu d’avance. La république française offre la possibilité de se hisser très haut dans la société. A condition d’y croire, et de se battre pour faire exploser le « plafond de verre ».

C’est absolument faux de dire que la carte d’électeur ne sert à rien. Le bulletin de vote est l’arme absolue en démocratie. Voter est le geste ultime de l’expression citoyenne. Il y en a d’autres. Mais celui-ci est redoutable et … redouté ! De toutes façons, comme disait quelqu’un de très inspiré : « si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s’occupera de vous ! »

Jouer les caïds de banlieues est devenu ringard ! Aimer l’école, aimer apprendre, s’élever par le savoir, aller chercher les diplômes les plus élevés , intégrer les écoles les plus prestigieuses, être utile à son pays… Oui, ça c’est à la mode. Et c'est possible. Intégrer Sciences Po ou l’X (l’Ecole polytechnique) quand notre papa a été éboueur dans les rues de Paris, Lyon ou Marseille. Oui, ça c’est le pied ! Alors qu’on arrête de présenter à nos gamins ces cancres de 20 ans qui après un deal de quelques kilos de cocaïne roulent en cabriolet BMW ou Saab. Comme on dit au Sénégal, on finira par leur « cacher le soleil » !

Il est plus que temps d’arrêter avec ce discours de compassion vis a vis de voyous qui ne font que nuire à ceux qu’ils utilisent comme prétextes. Soyons responsables. Le combat est ailleurs. Autrement.

 

Par M. Mady DANFAKHA - Publié dans : LA FRANCE
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