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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 17:00

Il y a quelques jours, le vendredi 05 juin 2009, sortait sur tous les écrans (cinéma, télévision, internet, dvd, téléphone mobile...) HOME, le film du Français Yann Arthus-Bertrand . Et cela dans des dizaines de pays et dans plusieurs langues. C'est une sortie mondiale et multimédia, aux sens premiers de ces mots. Pour l'avoir vu, je pense que c'était la sortie qu'il fallait pour ce magnifique plaidoyer pour notre finalement si fragile planète : la Terre.

Au delà du bruit, inévitable, que peut produire ce genre de projet (il y a même des gens qui pensent que ce film a changé les intentions de vote des électeurs français lors des élections européennes du dimanche qui a suivi !), il faut que le maximum de gens voie ce film. Y compris ceux qui pensent que les écolos sont des empêcheurs de consommer tranquille en plus d'être des gens qui passent leur temps à jouer les Cassandre. Surtout eux.

Ne serait-ce que pour alimenter ce débat qui, me semble-t-il, doit avoir lieu sur notre responsabilité dans cette course folle de l'Homme vers sa perte.
Et pour qu'on ne puisse plus dire : "on ne savait pas" !

Visionnez le film sur Youtube.

Allez visiter le site du projet en cliquant ici.

 

M. Mady DANFAKHA

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 09:47

Ils l'ont fait ! Les Américains ont porté à leur tête celui qui était le plus improbable candidat à la Maison Blanche, il y a seulement quelques années. Je le disais, dans mon dernier post, qu'il y a quelques années un homme comme lui pouvait avoir tout contre lui, aujourd'hui il a tout pour lui. Désormais, et pour au moins quatre années, dans les salons officiels de la politique américaine, on entendra cette annonce : "Ladies and gentlemen, the président of the United States of América, Barack Obama !" c'est inoui ! Quelle leçon magistrale les Américains viennent de nous donner !

En France, nous avons l'habitude de nous moquer gentiment des travers de la société américaine. Mais nous n'en restons pas moins admiratifs devant la capacité incroyable de réaction des Américains. En élisant cet homme improbable, ils ont montré que "l'american dream" n'est pas une vaine expression. Quand on sait qu'il y a moins de cinquante ans, sur cette même terre des Etats-Unis d'Amérique, des hommes et des femmes mourraient du fait de leur couleur de peau, quand on sait que la ségrégation raciale était légale dans certains Etats, on comprend le pas de géant que ce pays a fait franchir à son peuple, en une journée ! Obama lui-même le dit très bien : "A l'époque de ma naissance, même le regard appuyé d'un homme noir sur une femme blanche pouvait le conduire en prison !". Même sa naissance, il y a 47 ans de l'amour d'un Africain Noir et d'une Américaine Blanche, était déjà une forme de défi aux règles établies. Son accession à la magistrature suprême de la plus grande puissance économique et militaire de la planète est une autre forme de défi. Car la tâche est immense ! Mais quel formidable espoir !

Un frisson gigantesque a parcouru le monde cette nuit. A la dimension historique de l'évènement s'est ajoutée une part d'émotion intense. Quand j'ai vu les larmes couler sur les joues de Jesse Jackson, je comprenais ! Le frisson me parcourait aussi. Mes yeux s'embuaient aussi. Le chemin a été si long, si dur, mais le rêve de Martin Luther King, son compagnon de lutte assassiné, était en train de se réaliser sous ses yeux. Un homme qui était blanc et qui était noir aussi, une synthèse humaine, un pont entre les races et les cultures était arrivé à réconcilier Blancs et Noirs dans un même élan patriotique. Le rêve du pasteur King est devenu réalité. Sous nos yeux.

Mon émotion a grandi encore quand, saisi par ces instants exceptionnels, je me suis mis à relire le dernier discours du pasteur King, quelques heures avant sa mort sous les balles d'un extrêmiste. C'était le 3 avril 1968 à Memphis. Il disait à la fin de son discours : "Well, I don't know what will happen now. We've got some difficult days ahead. But it really doesn't matter with me now, because I've been to the Mountaintop ! And I don't mind. Like anybody, I would like to live a long life. Longevity has its place. But I'm not concerned about that now. I just wand to do God's will. And He's allowed me to go up to the mountain. And I've looked over, and I've seen the Promised Land. I may not get there with you. But I want you to know tonight, that we, as a people, will get the Promise Land. And so I'm happy tonight. I'm not worried about anything. I'm not fearing any man. Mine eyes have seen the Glory of the coming of the Lord. " Vous avez dit messianique ? prémonitoire ? visionnaire ? prophétique ? Vous avez raison ! C'est tout celà à la fois. Il savait que ce peuple noir des Etats-Unis qui n'avait connu que souffrance et humiliation atteindrait la Terre Promise. Il savait que ce serait sans lui. Le Seigneur lui avait permis de gravir la Montagne et de jeter un coup d'oeil de l'autre côté pour admirer la Terre Promise. Il fallait qu'il leur annonce celà avant de les quitter pour toujours. Pour qu'ils ne désespèrent pas. Pour entretenir l'Espoir. Et aujourd'hui, cet Espoir porte un nom africain : Obama. J'ignore comment est La Terre Promise dont parlait le Pasteur King. J'ignore quand le peuple noir y sera. Mais je sais, après ce qui vient de se passer, que le chemin pour y arriver existe. Pour qu'enfin Noir ne signifie plus tueries, crimes, guerres, pauvreté, misères, désespérance. Pour le bien de l'Homme. Qu'il soit Noir, Blanc, Jaune ou autre. Pour le mieux vivre ensemble des hommes et des femmes qui peuplent cette planète qui s'appelle la Terre. Et qui est devenue si petite, en quelques années.

Oui j'ai vu mes larmes couler en voyant celles de Jesse Jackson et après avoir relu le pasteur King. Moi qui réagit très rarement de manière émotive. Mais après avoir relu ce texte de Martin Luther, 40 ans après qu'il l'ait prononcé, beaucoup de choses sont remontées en surface. Et l'émotion m'a submergé. L'Histoire des peuples est riche d'enseignements. Mais pris dans le tourbillon de nos vies modernes, nous avons rarement le temps de nous arrêter pour en tirer des leçons. Pourtant, nous vivons des moments qui devraient nous permettre de nous arrêter et de chercher un sens, dans les deux sens du mot, à tout celà. Car il y a une leçon à tirer pour les un uns, un chemin à suivre pour les autres. pourvu que les extrêmistes de tout poil ne viennent faire bégayer l'histoire. Et, chers lecteurs, excusez-moi d'avoir parlé de mon ressenti dans ces colonnes. Mais le moment est exceptionnel. Et les lignes qui précèdent, dans le cadre du lien qui s'est tissé entre vous et moi, le seront aussi.

Ils disaient : "change, we need", puis "change, we can", ils peuvent dire aujourd'hui : "change, we did" !

 

M. Mady DANFAKHA

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:48

Demain, mercredi 05 novembre 2008, les États-Unis d'Amérique se réveilleront avec un nouvel homme à leur tête. Il s'appellera peut-être John Mc Cain. Il s'appellera peut-être Barack Obama. Et c'est un évènement historique de dimension planétaire. Un évènement politique comme l'Amérique en a rarement vécu !

Ce n'est pas seulement parce que le pays le plus puissant du monde se choisit un nouveau chef. Il en faudrait plus pour que de pauvres paysans asiatiques dans leurs rizières ou que quelques uns de leurs collègues assis sous l'arbre à palabres d'un village sénégalais se demandent : "c'est quand l'élection du président des Américains ?". Ce n'est pas non plus seulement parce que le monde entier s'intéresse à ce qui passe dans la politique américaine depuis le 11 septembre 2001. C'est un peu de cela. Mais c'est surtout, à mes yeux, pour deux raisons que cette élection a pris une dimension planétaire et présente un caractère historique : d'une part l'époque que nous vivons et d'autre part la personnalité peu banale de chacun des deux challengers.

John Mc Cain est un héros comme les Américains les aiment. Les souffrances qu'il a endurées en tant que prisonnier de guerre l'ont rendu proche et sympathique aux yeux de ses compatriotes. On aime s'identifier aux héros. Chaque peuple s'en "construit" un certain nombre. La Fierté nationale en a besoin. Et le parcours qui a suivi en a fait de Mc Cain un redoutable homme politique. Et ne dites surtout pas aux Américains qu'en France, nous adorons les frites "Mc Cain". Ils le prendraient mal...

Quand à Barack Hussein Obama, les lettres qui précèdent suffisent pour montrer à quel point il a une personnalité peu banale et un destin qui l'est encore moins. Avec son état-civil, il avait tout contre lui. Il a réussi à en faire une force. Comme disait le comédien Jamel : "tu n'as aucune chance, alors saisis-la !". Il l'a tellement bien saisie, qu'il se peut que le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique s'appelle Barack Obama. Et phénomène extraordinaire, le monde entier voterait Obama. Il soulève les foules. Il enthousiasme les plus blasés. Il parcourt l'Europe en Rock Star. Des hommes politiques étrangers, des artistes, des scientifiques disent ouvertement leur préférence pour lui. Quand à l'Afrique, il y est déjà un héros. Tout ce que l'Afrique compte de croyants prient pour sa victoire. Mais pourquoi lui ? Pourquoi est-ce lui qui met les gens dans cet état-là ? Pour un certain nombre de raisons parmi lesquelles j'ai retenu celles ci-dessous.

D'abord parce qu'il est métis. Ce qui n'est pas la même chose que de dire qu'il est noir, car quand on est le fruit des amours de deux parents de couleurs de peau différentes, on est métis. Et c'est une force. Car sans renier ses origines africaines de par son père (il les revendique même), il a été élevé par une mère et une grand-mère blanches. Ce qui fait de cet homme un pont, une synthèse. il est aussi à l'aise dans le milieu des Noirs les plus pauvres que dans celui de la haute bourgeoisie blanche. Il sait parler aux uns et aux autres sans paraître emprunté. Il fait "vrai et crédible" chez les uns et les autres. Même si ses adversaires politiques ont tenté de le "caser" quelque part. En vain. Il n'est ni noir, ni blanc. Il est noir et il est blanc. Le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, de là ou il est, doit avoir le sourire depuis quelque temps, lui qui appelait au métissage culturel, au metissage tout court et à la "civilisation de l'universel". Or Obama est fondamentalement un métis culturel. Mais il le dit mieux que moi. Le 18 mars 2008, lors d'une allocution à Philadelphie il dit ceci : "je suis le fils d'un homme noir originaire du Kenya et d'une femme blanche venant du Kansas. [...] J'ai été élevé par une grand-mère blanche [...] j'ai été dans les meilleurs écoles [..] j'ai épousé une femme noire descendante d'esclaves qui porte en héritage du sang d'esclave". Et il ajoute : "J'ai acquis la conviction que cette nation est plus que la somme de ses composantes !" Tout est dit.

La deuxième raison que je vois à ce phénomène rare vient de ce je disais plus haut. Parce que son origine et son parcours ont fait de lui un "homme partagé" et ouvert, Barack Obama rassure le monde. Il nous rassure. Dans cette époque de peur de l'autre, d'inquiétude face à l'avenir, parfois même de haine de l'autre, qui mieux que cet homme dont l'histoire transcende les races les origines peut rassembler les uns et les autres. Par son refus de se laisser enfermer dans une race, une classe sociale ou dans quelque ghetto, fut-il de luxe, il a cristallisé un espoir immense. Non seulement aux États-Unis d'Amérique, mais dans le monde entier. Les Irakiens rêvent de le voir régler le conflit qui ravage leur pays. Les Palestiniens rêvent de le voir les accompagner, avec plus de détermination, vers l'obtention d'une terre et d'un pays indépendant. Les Israéliens rêvent, sous son mandat, de connaître enfin la paix à côté d'un État palestinien pacifié. Les Africains rêvent d'avoir enfin une oreille attentive au sommet de l'Etat le plus puissant au monde. Et qu'enfin le mot noir signifie autre chose que guerre, misère, crimes, immigration clandestine. Les musulmans du Proche et du Moyen Orient rêvent de pouvoir aimer à nouveau cette Amérique qui, après les avoir fait rêver, les a bannis. Les Afro-Américains rêvent de redevenir fiers de leurs origines. Des hommes et femmes du monde entier rêvent de réconcilier à nouveau l'Amérique et le monde. Cela fait beaucoup. Et il y aura sûrement des déceptions. Qu'il soit élu ou pas. Mais l'espoir, c'est ce qui nous fait vivre et tenir face à l'adversité de la vie. Et quand on en a autant d'un coup, on ne se prive pas.

La dernière raison à ce phénomène nous ramène aux Etats-Unis. Ce pays vient de vivre, pendant les huit années de l'administration Bush fils, l'une des périodes les plus troubles et les plus difficiles de son existence. Depuis le Vietman, les Etats-Unis n'ont pas vécu une période aussi meurtrière pour ses "boys". Un désastre. Et comme si ce malheur ne suffisait pas, ce mandat a vu exploser le problèmes des subprimes qui n'était que le prologue de cette immense crise financière qui, parti des Etats Unis, a embrasé le monde entier. Une grande partie de la population, appuyée par l'Intelligentsia du pays, réclame la fin de ces guerres dans lesquelles le pays est embarqué depuis si longtemps. D'autant que pour certaines, les motifs se sont avérés fallacieux. Et phénomène rarissime dans le pays du libéralisme économique total, les gens demandent que l'Etat les protège des agissements de certaines institutions financières. Et le seul des candidats qui dit ouvertement qu'il faut arrêter le massacre, c'est Obama. et c'est encore lui qui promet de protéger les plus fragiles et même de créer une couverture médicale pour eux.

Vous vous dites après celà, il ne peut pas perdre. Eh bien... il peut perdre. Cela s'est déjà vu aux Etats-Unis. Etre devant dans les sondages jusqu'à la dernière heure... et perdre l'élection. "Change we need", c'est sûr. "Change we can"... on verra demain !

 

M. Mady DANFAKHA

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20 septembre 2005 2 20 /09 /septembre /2005 23:00

Vous vous souvenez peut-être de la mésaventure qui était arrivée à la star de la télévision américaine Oprah Winfrey il y a quelques semaines. De passage à Paris le 14 juin 2005, la présentatrice vedette du show qui porte son nom, avait voulu faire des courses à la boutique de luxe Hermès. En vain. Il était 18 heures 45 minutes et le magasin s’apprêtait à fermer ses portes. Malgré son insistance, elle et ses accompagnateurs (gardes du corps, agent, secrétaire etc.) furent éconduits poliment mais fermement. Une vendeuse lui propose même de revenir le lendemain. Seulement quand on s’appelle Oprah Winfrey, on a un emploi du temps over booké ! Elle dut donc renoncer, furieuse, à ses achats ! Elle retourna donc aux Etats-Unis dégoûtée.

En reprenant son talk-show à la télévision, elle s’empressa de raconter à ses téléspectateurs ses déconvenues parisiennes. Et l’explication qu’elle trouva au refus du magasin de la servir était : « c’est parce que je suis noire ! ». Et ça, c’est grave. Donc elle demande simplement à tous ses fans de boycotter les magasins Hermès partout dans le monde. Parce qu’une marque qui accepte la discrimination raciale ne mérite pas qu’on entre dans ses magasins pour y dépenser de l’argent. Quand on sait que madame Winfrey est milliardaire et que son « Oprah Winfrey Show », qu’elle anime depuis 20 ans, est regardée dans plus de 110 pays, on prend sa demande de boycott au sérieux ! Et apparemment sa menace a eu des effets. Moins de trois mois après, c’est le président de HERMÈS USA himself, qui est venu présenter ses excuses à la star de la télévision. L’homme, monsieur Chavez, s’est dit désolé de ce qui est arrivé et a même annoncé que désormais le personnel de sa marque a été briefé pour que ce genre de désagrément n’arrive plus. C’est clair ! Du coup madame Winfrey, la cinquantenaire triomphante, a décidé de lever sa menace de boycott. Comme on dit : selon que vous êtes puissant ou misérable…

Visiter le site officiel d’Oprah Winfrey.

Visiter le site de la marque Hermès.

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12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 23:00

L’Organisation des Nations Unis s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire. C’est en principe, surtout en Afrique, un âge ou on devient sage et respecté. Eh bien, force est de constater que ce n’est pas le cas de l’ONU. Jamais l’organisation internationale n’a été aussi controversée.

Monsieur Kofi Annan

Depuis l’attaque de l’Irak par les Etats-Unis, au mépris des résolutions de l’ONU et des ses inspecteurs sur le terrain, le siège de New York et son prestigieux locataire n’ont cessé d’être dans la tourmente : scandale de l’affaire « pétrole contre nourriture » (qui a même valu au fils de Kofi Annan d’être soupçonné de malversations financières), la question de l’utilité de l’ONU, de ses capacités d’action, la question de la justification du droit de veto accordé à cinq pays sur près de 175, la poussée des pays réclamant un siège permanent au Conseil de Sécurité etc. Il a même été question de faire disparaître l’ONU et la remplacer par une organisation plus en phase avec le 21ème siècle, de la même manière que l’ONU a remplacé la défunte SDN (Société Des Nations). C’est ce qui rend intéressant cette interview exclusive de plus de vingt-six minutes qu’accorde le secrétaire général de l’ONU, le ghanéen Kofi Annan, à TV5. Et en français s’il vous plait !

Visionner l’interview accordée à TV5 par Kofi Annan

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5 septembre 2005 1 05 /09 /septembre /2005 23:00

Les derniers articles que j’ai mis en ligne ont été inspirés par des évènements dramatiques touchant la communauté noire dans le monde en général, et la communauté africaine de Paris en particulier. Certaines choses m’ont mis en colère et d’autres m’ont rendu très triste. Mais toujours est-il qu’aujourd’hui ces évènements m’obligent à une introspection sur notre devenir en tant que peuples de race noire dans le monde. Je rassure tout de suite mes lecteurs : il ne s’agit nullement d’un quelconque sectarisme, ni d’un racisme d’un autre type. Car ma conviction est que ce monde est déjà métissé, multiculturelle et multiethnique. Il le sera davantage dans les décennies à venir. C’est ce que je crois. N’en déplaise aux adeptes de la séparation des races ou de l’horrible « pureté des races ». J’en profite d’ailleurs pour saluer l’extraordinaire mobilisation des Français de souche (tout blancs qu’ils soient !) lors de la manifestation organisée samedi 03 septembre 2005 dans les rues de Paris pour soutenir les rescapés des incendies et demander le relogement des Africains expulsés de leurs squats. Merci à ses Français ordinaires admirables d’humanité. Eux qui sont loin de tout calcul politique ou électoraliste. Encore merci.

Je suis donc partisan du mélange, de la cohabitation entre les peuples et les races. Et dans ce « rendez-vous du donner et du recevoir », comme aimait à le définir le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, je me demande ce que nous pouvons être fiers de donner au monde. Non pas que je doute de ce que le Noir Africain peut amener de positif au monde (nos cultures et nos valeurs peuvent, à mon avis, débarrasser le monde de beaucoup de ses travers), mais mon inquiétude est qu’aujourd’hui, si certaines habitudes ne changent pas, si un vrai changement de mentalités ne s’opère pas en nous, nous aurons disparu du banquet des peuples avant d’avoir quoique ce soit à proposer.

Si aujourd’hui, nous sommes tous tristes et en colère devant les images qui défilent sur nos écrans de télé ou dans les pages de nos journaux ou magazines, si nous trouvons insupportables ces incendies où meurent des dizaines d’entre nous, si nous avons du mal à voir ces expulsions d’Africains de leur squats insalubres, si les expulsions manu militari d’Africains sans papiers à Roissy ou à Orly nous donnent envie de descendre de l’avion, Il me semble que nous devons nous poser des questions. Si nous sommes aussi choqués par les images des Afro-américains de New Orleans attendant hagards qu’on veuille bien venir les secourir, nous devons nous poser des questions. Et je me suis posé des questions. Bonnes ? Mauvaises ? Je n’en sais rien. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut s’en poser et surtout essayer d’y répondre.

D’abord, en ce qui concerne les problèmes des Noirs Africains en France, je me suis d’abord demandé comment se fait-il que depuis tant d’années ils soient de moins en moins considérés, que leur dignité soit de plus en plus foulée au pied, que de sans-papiers ils passent à sans-logis et maintenant certains en arrivent à être sans vie ? Et ces questions, on pourrait se les poser à l’échelle européenne car désormais la tendance est continentale (voir un précédent article de Jds.blog). Sans exonérer les autorités des pays d’accueil de leur responsabilité, mes réponses, je suis allé les chercher en Afrique même. Et le pays que j’y connais le mieux est le mien : le Sénégal.

Le Sénégal a été pendant longtemps une exception en Afrique. Pendant que les coups d’état militaires faisaient florès ailleurs sur le continent, le pays offrait au monde l’image d’une stabilité politique remarquable. Malgré quelques insuffisances, la démocratie sénégalaise se portait plutôt bien. Le président Senghor se permettait même de quitter le pouvoir de lui-même sans être battu à un quelconque scrutin ni renversé par un coup de force. Il estimait simplement qu’il était temps de passer la main. Il était le premier parmi les « pères fondateurs » des nouveaux états indépendants d’Afrique noire à faire un tel geste. Et le nombre de choses qui restaient à créer dans une si jeune démocratie nous donnait le sentiment, à nous les jeunes collégiens de l’époque, qu’on ne devait pas s’inquiéter pour notre avenir ni pour celui de notre pays. Aujourd’hui, nous sommes loin de cette image et de cet optimisme. Comment est-ce arrivé ?

Au cours de mes fréquents voyages au pays j’ai constaté, et beaucoup de mes compatriotes dans ma situation avec moi, qu’en quelques années une sorte d’obsession s’était emparée d’une partie de la jeunesse : quitter le pays ! Et par tous les moyens. Quoiqu’il en coûte ! Vivre au Sénégal était-il devenu si difficile ? Pour eux oui. Au point de vouloir quitter ce qu’on a toujours connu, au point de vouloir affronter ce qu’on ne connaît pas, de se mettre en danger pour une réussite très hypothétique. On peut en penser ce qu’on veut, mais on ne peut pas blâmer un homme qui cherche une vie meilleure pour lui et les siens. Je me suis donc demandé comment le Sénégal est-il tombé économiquement malade au point que ses enfants veuillent le fuir. Et pourtant, ce ne sont pas les intellectuels de haut niveau qui lui manquent. A l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Ne serait-ce qu’en France. Chaque jour, des Sénégalais s’illustrent dans les directions des plus grandes entreprises françaises, des étudiants sénégalais décrochent des diplômes d’enseignement supérieur parmi les plus convoités ici. Même le cliché de l’Africain paresseux et roublard vole en éclats : les Sénégalaises qui travaillent dans les entreprises de nettoyage ou qui sont assistantes maternelles sont très appréciées de leurs employeurs pour la qualité et le sérieux de leur travail. Et je signale en passant que les organisations internationales ne sont pas en reste : Abdou Diouf le Secrétaire Général de la Francophonie , Lamine Diack le président de la Fédération Internationale d’Athlétisme, maître Sidiki Kaba le président de la Ligue internationale des Droits de l’Homme, pour ne citer que ceux-là sont des Sénégalais. Comment un pays regorgeant d’autant de talents et de ressources humaines a-t-il pu conduire une partie de sa jeunesse au désespoir qui conduit à vouloir quitter son pays au péril de sa vie ? Une partie de la réponse se trouve dans l’article publié il y a quelques temps dans ces colonnes sous le titre : « Et si le Sénégal refusait le développement ? ».

En effet cette mentalité qui s’est installée insidieusement dans le pays est en train de compromettre gravement l’avenir du Sénégal. A force de laxisme, de mauvaise foi, de népotisme, d’improvisations les classes dirigeantes ont installé dans le pays une culture du « non effort » : en faire le minimum possible ! Tout le monde, du coup, devient partisan du moindre effort. En se disant : pourquoi en ferais-je plus alors que le patron n’en fout pas une ! Cela s’appelle du sabotage à grande échelle. Inconsciemment, on détruit l’économie d’un pays tout entier. Mais on s’en fiche, du moment que les dirigeants et leurs enfants sont à l’abri. Ils possèdent d’ailleurs des résidences secondaires et des comptes en banques bien garnis dans ces pays qui expulsent leurs compatriotes sans-papiers ! Je ne vous apprends peut-être pas grand-chose en disant cela, mais aujourd’hui le contexte est sensiblement différent : des hommes et des femmes meurent de vouloir fuir la misère. C’est insupportable.

Alors vous imaginez ma colère et ma déception quand, à travers la presse sénégalaise, je découvre, chaque jour un peu plus, l’installation tranquille de l’arbitraire. La politique a désormais perdu toute sa noblesse dans ce Sénégal qui nous avait offert une alternance politique dans la pure tradition démocratique en mars 2000. Abdoulaye Wade avait succédé à Abdou Diouf ouvrant un énorme espoir. Aujourd’hui on est loin de ces moments d’euphorie collective. Et on craint le pire. La politique est devenue alimentaire. On s’en fiche des populations, du moment qu’on remplit sa gamelle à soi ! Les retournements de veste spectaculaires ne dérangent plus personne. Imaginez, au lendemain de la défaite de Lionel Jospin en 2002, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn prenant leur carte d’adhérents à l’UMP de Sarkozy ! Impensable bien sûr. Eh bien cela se passe tous les jours dans le Sénégal d’aujourd’hui : le grand n’importe quoi ! Comment s’étonner après cela que les petites gens n’y croient plus. Et comment s’étonner qu’elles aient envie de s’éloigner de tout cela !

Ce que je dis du Sénégal pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres pays d’Afrique noire. Il est largement temps de se battre pour que les mentalités changent afin de se donner de réelles chances de nous en sortir. Dans le sérieux, le courage. Surtout le courage. Il est temps de nous regarder dans la glace et de regarder en face ce que nous sommes devenus. C’est le meilleur moyen de refuser cet état de parias du monde qui nous colle à la peau. Car c’est fini le temps où, par orgueil et fierté mal placés, nous niions les travers que les autres nous montraient. C’est à ce prix seulement que nous pouvons redresser la barre, marcher la tête haute sur cette Terre. Et c’est possible, car nous portons en nous la majeure partie des solutions à nos problèmes.

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3 septembre 2005 6 03 /09 /septembre /2005 23:00

Vous avez tous vu, comme moi, les images de New Orleans après l’ouragan Katrina. Au-delà du fait que nous assistions, une fois de plus, aux conséquences terribles d’un déchaînement de dame Nature. Au-delà du fait que nous constations, ahuris, que la première puissance mondiale était totalement débordée par les évènements et incapable de faire face, nous faisions au fil des images un constat effrayant : la catastrophe était devenue raciale ! En effet, toutes les victimes ou rescapés, en lambeaux errant dans les rues ou implorant du secours du toit de leur habitation, étaient des Noirs ! Exceptés quelques personnes âgées ou malades de race blanche. Comment cela se fait-il ? Il y avait pourtant des Blancs dans cette ville !

 

En fait, ceux qui sont restés dans la ville après l’alerte donnée par les autorités demandant d’évacuer la ville sont tout simplement les plus pauvres ! Car pour partir, il fallait un minimum de choses : une voiture, quelques provisions de nourriture, du cash sur soi, une bonne carte bancaire avec les comptes en soldes créditeurs qui vont avec. De quoi voir venir. Et cela, les plus pauvres n’en avaient pas. Ils se débrouillaient au jour le jour. Ces pauvres parmi les pauvres, c’est la communauté noire de cette partie des Etats-Unis d’Amérique. Katrina a contribué rendre visible aux yeux du monde, mais aussi et surtout aux yeux des Américains, cette sous société qui était là et qui était… invisible ! Ceux qui l’ignoraient découvrent que derrière les stars de race noire comme Oprah Winfrey, Michael Jordan ou Beyonce Knowles, il y a des millions d’Afro-américains qui vivent dans une très grande misère.

 

Je n’irais pas jusqu’à dire, comme certains, que si les secours ont tardé à arriver, si le président Bush a mis plusieurs jours avant de daigner se déplacer sur les lieux, c’est parce qu’il s’agissait de Noirs ! Mais tout de même, laisser à l’abandon des hommes, des femmes et surtout des enfants qui ont tout perdu, pendant plusieurs jours… alors qu’on vote des rallonges à coup de dizaines de milliards de dollars pour aller se battre en Irak, c’est pour le moins coupable. Mais en tout état de cause, ces évènements doivent, si besoin en était, alerter la conscience de tout être humain de race noire sur la terrible condition qui a été, qui est, et qui sera (si nous ne faisons rien pour changer les choses) celle de l’écrasante majorité d’entre nous sur cette Terre.

 

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6 juillet 2005 3 06 /07 /juillet /2005 23:00

Une mesure prise par les ministres de l’intérieur de cinq pays européens est passée presque inaperçue, l’actualité (désignation de la ville organisatrice des JO de 2012, sommet du G8 en Ecosse et aujourd’hui les attentats de Londres…) du moment aidant. Elle mérite cependant d’être portée à votre connaissance.

En effet, les ministres de l’intérieur de la France , de l’Allemagne, de la Grande Bretagne , de l’Italie et de l’Espagne, réunis au sommet d’Evian mardi 05 juillet 2005, ont décidé d’organiser des expulsions groupées, à l’échelle des cinq pays, d’immigrés clandestins provenant du même du même pays. En clair, ces cinq pays regrouperont, par exemple, les Sénégalais clandestins « attrapés » en France, en Allemagne, en Grande Bretagne,  en Italie et en Espagne dans le même avion en partance pour Dakar !

Comme le dit si bien Claudia Charles du GISTI (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), dans l’article que Afrik.com consacre à ce sujet : « On dirait que les ministres européens ont régulièrement besoin de montrer aux opinions publiques qu’ils travaillent et sont efficaces ».

La situation des clandestins, qui n’était pas des plus enviables, risque d’être encore plus compliquée !

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4 juillet 2005 1 04 /07 /juillet /2005 23:00

          Encore une idée reçue qui doit être abandonnée : en France les enfants d’immigrés réussissent plutôt bien à l’école ! Même si nous savons que les clichés ont la vie dure, une étude de l’Education Nationale qui doit paraître dans la revue « Education & Formation » en atteste.

          En effet, cette étude qui a porté sur 16 701 élèves entrés en sixième en 1995 a montré que les enfants dont les parents sont d’origine étrangère sont, à situation parentale socioprofessionnelle comparable, plus nombreux à préparer un baccalauréat général que leurs camarades dont les parents sont Français. Et c’est mathématique. Statistique.

 

          Ainsi, pour des familles comparables ayant un père ouvrier qualifié et une mère inactive avec deux enfants, l’étude montre les pourcentages suivants d’élèves qui prépareront un bac général :

 

Origine des parents

Pourcentage

France

20,7 %

Afrique noire

‘’

Maghreb

26,6 %

Asie du Sud Est

37,6 %

 

           Les élèves dont les parents sont originaires d’Afrique noire ont un pourcentage comparable à celui des enfants dont les parents sont français (un peu moins de 21 %).

Cette petite partie de l’étude du ministère de l’Education Nationale montre que, contrairement à ce qu’on peut imaginer, les enfants d’immigrés ont compris que l’Ecole reste un formidable moyen de s’en sortir. Les enfants dont les parents sont d’origine asiatique l’ont compris avant les autres !

           Il faut continuer à les sensibiliser dans ce sens et les aider à aller au bout de leurs ambitions.

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25 juin 2005 6 25 /06 /juin /2005 23:00

Deux Tunisiens se sont noyés lorsque l'embarcation qui les transportait avec d'autres immigrants clandestins a chaviré au large des côtes turques. Les faits remontent à samedi 25 juin 2005.

Ils avaient tenté de rejoindre, avec d’autres occupants du bateau naufragé, à la nage l'île grecque de Lesbos. Un habitant de cette île, ayant entendu les cris de détresse, a essayé de leur porter secours puis a alerté les gardes cotes qui ont recueilli 21 personnes. Il y avait parmi elles 15 Mauritaniens, 5 Tunisiens et 1 Palestinien.

Les rescapés ont déclaré aux autorités locales avoir embarqué pour la Grèce en échange de 3500 dollars (2900 euros) par personne.

Encore un drame de la pauvreté !

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