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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:55

mandela.jpgCe dimanche 15 décembre 2013, Nelson Mandela a rejoint sa dernière demeure. Mettant un terme à une existence exceptionnelle sur cette terre. Nous l’oublions parfois, mais la vie – la sienne comme la nôtre – a un début, un déroulement et une fin. Et le plus important, à mon humble avis, c’est ce que nous mettons entre ce début et cette fin. Ce que nous faisons de ce temps qui nous est offert sur cette terre. Et dans le cas de Mandela, entre le début et la fin, la vie a été pleine. Pleine d’actes de courage, de gestes empreints d’humanité et de grandeur d’âme, de détermination, bref une vie pleine de leçons de vie.

L’immense émotion qui a traversé la planète entière depuis l’annonce de son décès, ce jeudi 5 décembre 2013, à elle seule, montre à quel point cet homme a marqué notre époque, notre monde. Et en premier lieu, l’Afrique, le continent qui l’a vu naître et qui abrite sa dernière demeure. Sa vie a été l’expression de ce que ce continent a pu offrir de meilleur au monde. Les Africains sauront-ils faire fructifier son héritage ? Sauront-ils faire profiter les générations futures des leçons de cette vie hors normes ? Il me semble que tout doit être fait pour que dans quelques décennies, nous puissions dire : oui, ils ont su !

Juste après sa sortie de prison le 11 février 1990, il prononça ces mots : « Je me tiens ici devant vous, non comme un prophète, mais en humble serviteur ». L’homme avait pris conscience de la dimension dans laquelle il pénétrait : celle des femmes et des hommes d’exception. Cette dimension qui fait que pour les autres humains, vous devenez plus qu’un simple homme. Alors même que vous avez encore plus conscience de votre condition humaine, de ses insuffisances et de ses limites. En prononçant cette petite phrase, Nelson Mandela nous disait, en peu de mots, beaucoup de choses.

D’abord l’exhortation à la modestie et à l’humilité. Une leçon qui doit être méditée par bon nombre de dirigeants africains pour qui le pouvoir est un moyen de dominer l’autre, de soumettre tous ceux qui ne pensent pas comme eux, d’écraser toute tentative de contestation de leur autorité, quitte à utiliser toute la puissance de l’État. Ce qui conduit irrémédiablement à un culte de la personne que des cercles de courtisans parasites s’évertuent à perpétuer. Jusqu’à l’ubuesque, jusqu’à la nausée.

Ensuite la détermination à servir ses concitoyens. Cela n’a pas été qu’une simple proclamation. Nous avons été les témoins de son application. Combien de fois le président Mandela s’est rendu auprès du citoyen lambda pour partager sa peine, pour se renseigner sur ses besoins, pour donner un conseil, pour soutenir un projet etc. Un épisode de cette attitude peu commune chez un chef d’État a été porté à l’écran par Clint Eastwood dans « Invictus ». Ce film nous montre comment le président Mandela a, en s’impliquant dans la préparation mentale de l’équipe sud-africaine de Rugby jusqu’à son titre de championne du monde de Rugby, retourné complètement la population blanche de son pays. Ces femmes et ces hommes qui, dans l’Afrique du Sud post Apartheid, ont eu la tentation du repli sur soi venaient d’être convaincus qu’ils avaient un défenseur. L’homme le plus puissant du pays était avec eux. Ils s’étaient trouvé un protecteur. Les Noirs se sont mis à aimer leur équipe nationale de Rugby qu’ils ont considérée pendant des décennies comme l’équipe des Blancs. La communion nationale a fait tomber les barrières, fait disparaître les peurs. On pouvait enfin être fier les uns des autres qu’on soit Blanc ou Noir. Et tout cela parce qu’il a décidé de créer une réelle proximité avec les Sud-Africains. Vécue en tant que telle par des milliers de personnes.

Oui, il a été au service de ses concitoyens, à leurs côtés, leur « humble serviteur » comme il disait. Jusque dans des moments qui ont pu étonner ailleurs. On pourrait multiplier les exemples. Mais ce n’est pas le lieu. Ces concitoyens, avant le reste du monde, lui ont déjà reconnu le rôle de Serviteur de la Nation.

« Humble serviteur » disait-il. Y en a-t-il beaucoup d’humbles serviteurs parmi les leaders africains ? Je vois d’ici le sourire moqueur de certains d’entre vous. Je vous comprends presque. Tellement le continent compte de dirigeants qui ne servent que leurs intérêts propres ainsi que ceux des leurs. Ce faisant, ils ont conduit l’un des continents les plus riches à la ruine. Menant les Africains de désastre en désastre.  Conduisant ses filles et fils les plus valeureux à chercher une vie meilleure ailleurs, privant la terre d’Afrique d’une partie de sa substance. Exposant ces jeunes Africains échoués sur le continent européen à la vindicte et à la violence des extrémistes de tous bords.

Vous l’avez compris, le chemin sera semé d’embûches avant que l’on puisse dire « les Africains ont su faire fructifier l’héritage de Nelson Mandela ». Cependant, je fais partie de ces optimistes qui croient que le Temps de l’Afrique est proche. Parce que la souffrance collective a assez duré. Les comportements déviants de ses dirigeants ne seront plus tolérés. Le Sénégal en a donné un avant-goût il y a peu par l’irruption de sa société civile et de sa jeunesse dans l’arène politique pour éviter une manipulation de la Constitution. Les nouvelles technologies offrent des raccourcis formidables pour rattraper le retard dans ce domaine. Les esprits sont prêts pour vivre autre chose.

 

Enfin, il y a une graine que Mandela a semée dans le cœur de beaucoup d’Africains : la fierté d’être Africains. Et ce n’est pas rien ! Leur continent a donné naissance à une icône planétaire. L’Afrique a offert au monde un modèle. Elle est devenue source d’inspiration pour les autres humains. Pour le meilleur. Et la fierté est un levier d’une puissance insoupçonnée. Alors, oui, il y a des raisons d’être optimiste pour l’avenir de l’Afrique. La vie exceptionnelle de Nelson Mandela sera à jamais une source d’inspiration pour son continent. Mais pas seulement.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 23:24

Bonne année 2013

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 16:03

 

Le Sénégal vit actuellement des heures difficiles. Il n'y a aucun doute là-dessus. Les femmes et les hommes qui résident dans ce pays vivent un cauchemar dont on ne voit pas la fin. En effet, depuis le 27 janvier 2012, date de la publication par le Conseil Constitutionnel de la liste des candidats autorisés à briguer la présidence de la République, les plus grandes villes du Sénégal - Dakar en tête - sont à feu et à sang. Les opposants à la candidature du président sortant, monsieur Abdoulaye Wade, et les forces de l'ordre s'affrontent. Des manifestations interdites dégénèrent tous les jours en émeutes. Hélas, en un mois, six personnes ont déjà perdu la vie. C'est terrible ! Mais le pire, c'est que c'était prévisible.

Depuis l'été dernier, les tensions très fortes qui sont nées de la volonté du président de la République actuel de se succéder à lui-même auraient dû amener tout le monde à plus de responsabilité. Au lieu de cela, le chef de l'État a maintenu que sa candidature à un troisième mandat était bien en accord avec la Constitution actuelle, même si cette même Constitution limite à deux le nombre de mandats qu'il est possible d'exercer. Et en face, ses opposants ont juré de lui interdire de briguer ce troisième mandat, prenant à témoins le peuple et de nombreux professeurs de Droit Constitutionnel. Les surenchères des politiques, l'irruption de la jeunesse, de la société civile sur la scène politique avaient suffisamment chauffé les esprits pour que l'on soit en droit de craindre le pire. Et le pire est en train de se produire.

C'est dans ce contexte que les Éditions l'Harmattan ont publié, au début de ce mois de février, un ouvrage titré "Le marché politique sénégalais : un capharnaüm" d'un jeune Sénégalais, monsieur Abdourahmane Keita. Un tel titre donne évidemment envie de se plonger dans sa lecture tant il est en phase avec la situation politique que je viens de décrire plus haut. Mais être à propos n'est pas le seul mérite de cet ouvrage de qualité.

Monsieur Keita nous plonge dans la Constitution de la République du Sénégal de sa première version à l'actuelle en passant par les différentes "retouches" qu'elle a subies au cours des mandats de Senghor, Diouf puis Wade. Quoi de plus pertinent que de scruter cette Constitution dont la lecture et l'interprétation  sont, apparemment, si difficiles pour certains. Mais ce livre n'est pas une sorte d'exégèse de la Constitution sénégalaise, c'est surtout une formidable grille de lecture de la relation ambiguë qu'ont toujours entretenue les femmes et hommes politiques sénégalais avec leur Constitution. À tel point que certains d'entre eux ont été piégés par leur propre volonté de la manipuler !

 

Dans ce lieu de tous les amalgames qu'est devenu ce que monsieur Keita appelle le "marché politique sénégalais", pour que l'offre politique corresponde enfin avec la demande réelle des populations, je vous conseille vivement la lecture de cet ouvrage. Merci à ce fils de Tambacounda de verser une pièce de cette qualité dans le nécessaire débat démocratique qui doit prendre la place de la violence comme argument ultime. Pour que le scrutin du 26 février 2012 voie la victoire de la Démocratie. Pas celle de la violence qui triomphe actuellement. A nos dépens !

Lire des extraits du livre

Acheter le livre chez l'éditeur

Acheter le livre sur fnac.com

COUV

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:56

 

Ce dimanche 05 février 2012, la chaîne publique française France 5 a diffusé le premier volet d’une série documentaire évènement intitulée « Noirs de France ». Cette série comporte trois épisodes diffusés les dimanches 05, 12 et 19 février 2012 en deuxième partie de soirée. Elle raconte l’histoire de la lutte pour la dignité et l’accession à une citoyenneté pleine et entière des Noirs de France de 1889 à nos jours. Vaste programme ! Cependant œuvre ô combien utile par ces temps où tout se mélange, où des propos et des actes insupportables nous font penser que l’on est revenu aux belles années de la colonisation ou mieux de l’esclavage.

Nous devons cette série documentaire à Pascal Blanchard, historien et auteur du livre « La France noire ». Je considère qu’avec la diffusion de cette série, c’est une pièce importante qui est versée au débat sur la place des Noirs dans la France du 21ème siècle. En effet, ce documentaire fouille le passé, interroge l’histoire, convoque les témoins, nous met en face de nos comportements, de nos responsabilités. Ce faisant, il donne une légitimité et une force nouvelle au combat pour l’égalité des chances et pour l’égalité tout court. Mais il rend aussi incontournable la prise en compte des revendications de ceux qui luttent pour le respect et la dignité de ceux qu’on appelle aujourd’hui les « minorités visibles » qui, de fait, sont de moins en moins… visibles !

 



 


 

 

 

 

Voir ou revoir le documentaire "Noirs de France"

Vous pouvez voir d'autres extraits du documentaires en cliquant ici.

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15 octobre 2005 6 15 /10 /octobre /2005 23:00

Jeudi 15 octobre 1987, samedi 15 octobre 2005 : il y a exactement 18 ans mourait sous les balles de ses plus proches collaborateurs et compagnons un jeune héros de l’Afrique. Il s’appelait Thomas Sankara. Le capitaine Thomas Sankara ! Et cela se passait à Ouagadougou. En ce triste anniversaire, souvenons-nous et méditons sur ce qu’a laissé cette comète qui dans sa fulgurance a marqué une énorme partie de la jeunesse africaine.

 

 

Le capitaine Thomas Sankara

 

 

Il est né le 21 décembre 1949 à Yako dans ce qui était alors la Haute Volta. Après des études dans plusieurs académies militaires, dans son pays d’abord (en commençant par le prytanée militaire de Kadiogo) puis à l’étranger, le jeune officier rentre pour se mettre au service de sa patrie. Très jeune (il n’avait pas 30 ans), il fréquenta les allées du pouvoir. Secrétaire d’Etat puis premier ministre sous le régime militaire de Jean-Baptiste Ouédraogo, il comprit très vite l’étendue de la corruption des dirigeants et la souffrance du peuple voltaïque. Ses lectures de jeunesse sur le marxisme, ses rencontres avec des gens comme Samora Machel ou Fidel Castro (qui prétendaient appliquer le « socialisme réel ») rendaient encore plus insupportable à ses yeux le spectacle que donnaient les militaires alors au pouvoir. Sa décision était prise : il fallait renverser tous ces corrompus et instaurer une autre façon de diriger son pays. Au profit des plus pauvres.

 

 

 

Thomas Sankara

 

 

 

Le 4 août 1983 un groupe de jeunes officiers amenés par Blaise Compaoré, Jean-Baptiste Lingani et Thomas Sankara prit le pouvoir à Ouagadougou. C’était le début d’une courte mais historique période pour le pays qui allait s’appeler désormais le Burkina Faso, le « pays des hommes intègres ». Cette période ne fut pas historique que pour le Burkina Faso, mais pour l’Afrique toute entière. En effet, en quelques années un homme s’est mis à ressembler à un mot : l’espoir !

En quatre ans, Thomas Sankara est devenu l’idole de la jeunesse africaine. Du nord au sud, de l’est à l’ouest du continent, les jeunes (et les moins jeunes) l'ont admiré puis ont tremblé pour lui. Il avait tout pour séduire mais aussi pour convaincre. Chaque mot qu’il prononçait respirait la sincérité, chaque acte qu’il posait nous faisait penser : « j’aurais fait pareil ! ». Très vite, il fit comprendre qu’il fallait d’abord compter sur soi et pas sur les autres. Dans une Afrique qui était habituée à l’assistanat en vivant des « largesses » de l’Occident, cela détonnait. Certaines mesures furent même traitées de démagogiques par ses adversaires. Ainsi, quand il revendit tout le parc de véhicules de luxe des ministères pour leur acheter des Renault 5, ou quand il imposa aux personnalités publiques de s’habiller avec du tissu fabriqué au Burkina Faso (le fameux « Faso Dan Fani ») lors des cérémonies officielles certains rirent sous cape ! Et pourtant ! Cela nous semblait tellement évident à nous lycéens de l’époque. Nous pensions : « pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ? Et surtout pourquoi pas partout en Afrique ? ». N’étions-nous pas le continent le plus pauvre ? Ne côtoyions-nous pas suffisamment la misère au quotidien pour savoir que c’était indécent de rouler en grosses berlines allemandes dans les quartiers si pauvres de nos villes poussiéreuses ? Le pouvoir de Thomas Sankara était comme cela. Une envie sincère de sortir l’Afrique de sa désastreuse situation politique. Une proximité incroyable avec le peuple (ses jogging dans les rues accompagné de la population des quartiers populaires étaient mémorables !). Des mesures simples pour rétablir la justice sociale etc. On en oubliait qu’il était marxiste et que son régime était dit « révolutionnaire ». Tout ce que nous avions retenu, c’était que cet homme était sincère, aimé de son peuple et surtout intègre. Et pour tout cela, il représentait l’espoir de tout un continent. Espoir parce que si lui réussissait à redresser la barre au Burkina Faso, des millions de jeunes Africains s’engouffreraient dans la brèche ainsi ouverte. Et c’est pour cela qu’il était devenu dangereux pour beaucoup de vieux dictateurs africains et leurs tuteurs occidentaux. Nous avions tous peur pour lui. Et lors d’une interview prémonitoire qu’il avait accordée au journaliste de Jeune Afrique Sennen Adriamirado, il disait que si quelqu’un de son entourage proche décidait de l’assassiner, il n’y aurait pas de parade. Il avait malheureusement vu juste : c’est son fidèle « ami » et compagnon de révolution Blaise Compaoré qui lui prit le pouvoir et la vie ce maudit jeudi 15 octobre 1987 en plein après midi ! Thomas Sankara n'avait pas encore 38 ans ! En quelques rafales d’arme automatique, on venait de tuer l’espoir !

Aujourd’hui, ses assassins sont devenus des personnalités « respectables ». Et monsieur Blaise Compaoré, toujours au pouvoir, est considéré même par certains comme un sage de l’Afrique ! A nous il nous reste juste son image, ses propos simples et pleins de sincérité. Quelquefois, un poster replié depuis qu’on a quitté nos chambres d’étudiants. L’Afrique a aujourd’hui besoin d’un autre Thomas Sankara. Pour que renaisse l’Espoir !

 

Lire le récit des évènements du jeudi 15 octobre 1987.

Visitez un site consacré à Thomas Sankara.

 

M. Mady DANFAKHA

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10 octobre 2005 1 10 /10 /octobre /2005 23:00

Après les dramatiques évènements de Ceuta et Melilla, après la série effroyable d’incendies à Paris qui ont coûté la vie à une cinquante de personnes originaires d’Afrique noire, pendant que des personnes, de la même origine négro africaine, se font expulser des logements insalubres qu’ils ont trouvés en région parisienne pour abriter leur dignité sans certitude d’être relogés, pendant que toutes ces tragédies de la communauté africaine en Europe se déroulent sous nos yeux tous les soirs, c’est avec une grande émotion que j’ai découvert « l’appel à l’insurrection des consciences » samedi 08 octobre 2005 sur le plateau de l’émission "Tout le monde en parle" de la chaîne de télévision française France 2. Ce texte admirable, adopté par le congrès de la Ligue française des Droits de l’Homme en juin dernier, était lu par deux grands comédiens français : Muriel Robin et Guy Bedos. Quelle claque ! J’ai décidé de vous faire découvrir ce morceau d’espoir. Il nous redonne foi en l’Homme. Bonne lecture.

« APPEL À L’INSURRECTION DES CONSCIENCES »

Adopté par le 83ème congrès de la LDH - 5 juin 2005

Des hommes, des femmes, des enfants, sont, aujourd’hui, pourchassés, traqués, empêchés de vivre parce qu’ils ne détiennent pas les quelques grammes de papiers qui sont le sésame de leur dignité.

Ce sont les sans-papiers, venus des anciennes colonies françaises ou d’ailleurs. Ils illustrent les dérèglements du monde, les injustices qui mobilisent la charité ou les dictatures qui provoquent notre effroi. Ils sont venus, souvent au péril de leur vie, parfois la proie de réseaux mafieux qui prospèrent grâce à la fermeture de nos frontières. Ils n’ont commis aucun crime, sauf à considérer que vouloir vivre à toute force et construire un avenir meilleur pour ses enfants n’est pas le droit de chaque membre de la famille humaine.

Après avoir modifié la loi de la pire manière qui soit, le gouvernement aggrave les mesures prises contre les étrangers en les transformant en gibier d’une chasse indigne et, pire encore, en boucs émissaires des maux de la société française. A l’arbitraire de la loi s’ajoute l’arbitraire des pratiques quotidiennes de ceux et de celles à qui l’on a enseigné, pendant des décennies, qu’un étranger est avant tout un fraudeur, tout simplement parce qu’étranger. Les drames deviennent quotidiens tandis que, de toute part, enflent les réflexes xénophobes. Enfants arrêtés en classe, utilisés comme appâts pour arrêter les parents, ou confiés aux services sociaux sous les yeux de leurs parents. Impossibilité de se nourrir, de se soigner, de se loger autrement qu’entre caves et murs suintant la misère, parfois au péril de sa vie, contraints à être exploités par des employeurs négriers sous l’œil complaisant des pouvoirs publics, tout simplement avoir la peur au ventre lors de chaque mouvement, la rue devenant un espace d’insécurité légale.

Cela, c’est la vie quotidienne de dizaines ou de centaines de milliers de personnes. Toutes les déclarations martiales n’empêcheront pas cette réalité de subsister, voire de croître. De proche en proche, ce sont les étrangers en situation régulière qui sont victimes du même ostracisme, marqués aux sceaux des pires représentations, terrorisme et délinquance. Puis ce sont ceux et celles qui, de nationalité française, ressemblent à ces étrangers à priori délinquants, et subissent les mêmes avanies, les mêmes violences policières. Enfin, ce sont tous les habitants de France qui sont fichés parce que, simplement, accueillant leurs parents ou leurs amis. S’aimer est soumis à autorisation et à l’œil inquisiteur des autorités.

Ces mesures, cette politique créent le désespoir et attisent la haine. Elle s’empare de tous, y compris de ceux qui, par leur histoire ou leurs principes, devraient y être les plus opposés. Elle est indigne des principes qui fondent une démocratie, elle est tout le contraire de la France que nous aimons et de l’Europe que nous voulons. Nous savons que tout n’est pas simple et que nul ne détient de solutions magiques, mais nous savons aussi que ce n’est pas en agitant les vents mauvais de la xénophobie que nous répondrons à l’irrépressible envie de vivre de ces personnes.

Aujourd’hui, lors de notre 83ème congrès réuni à Lille les 3, 4 et 5 juin 2005, parce que, depuis plus d’un siècle, la LDH sait d’expérience que le sort réservé aux étrangers est révélateur de l’état d’une démocratie et de fraternité, nous en appelons à une autre politique qu’il nous faut construire au cours d’un réel débat démocratique. D’ores et déjà, nous n’admettrons plus que ces souffrances s’étalent dans nos villes, sur nos trottoirs ou dans nos écoles. La reconnaissance des étrangers, de leur humanité et donc de leurs droits passe par leur régularisation sans délai. C’est pourquoi, nous en appelons à l’insurrection des consciences.

Résolution d’urgence adoptée à l’unanimité, par acclamation.

Source : Ligue des droits de l’ Homme
Visitez le site de la Ligue des Droits de l'Homme - France (LDH - France)

Visitez le site de Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH)

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4 octobre 2005 2 04 /10 /octobre /2005 23:00

C’est une lapalissade que de dire qu’en ce moment le monde ne va pas très bien. Les guerres le disputent aux actes terroristes, les catastrophes naturelles se multiplient aux quatre coins du monde. Les actes les plus insensés sont commis tous les jours sous nos yeux par des gens « ordinaires ». Et parfois en direct à la télé ou alors (parce qu’une caméra de touriste trainait par là !) en léger différé. Et en Afrique, on se déchire toujours entre nous avec de plus en plus de sophistication dans l’horreur qui le dispute, par ailleurs, à la bêtise ! Et pour certains c’est la religion qui « justifie » toutes les folies…

Aujourd’hui pourtant, il y a quelque chose de symbolique dans le domaine religieux qui s’est produit. Et pour moi, le symbole est très fort : les juifs entrent dans la nouvelle année pendant que les musulmans entrent dans le mois béni de Ramadan. Et les deux évènements coïncident. Ce qui est rarissime. Je voudrais dire à cette occasion à mes amis musulmans et juifs de saisir cette occasion pour se donner la main, se souhaiter les meilleures choses. Je sais que la majorité d’entre eux ne m’a pas attendu pour le faire. Heureusement. Mais c’est pour la minorité d’entre nous qui glisse de plus en plus vers les extrêmes. Puisse cette image de leurs frères se congratulant leur inspirer d’autres sentiments et d’autres comportements que le spectacle regrettable que nous déplorons tous au proche et moyen Orient. A mes frères Sénégalais, j’ai envie de dire : « profitez du calme et du recueillement inhérents à ce mois béni de Ramadan pour regarder de près ce qu’est devenu le Sénégal ». Il n'appartient qu'à nous de faire en sorte qu'il y fasse bon vivre ! Chacun. Individuellement.

A tous et à toutes, je voudrais dire : Shana tova et Ramadan moubarak !

 

M. Mady DANFAKHA

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7 septembre 2005 3 07 /09 /septembre /2005 23:00

Après vous avoir invité à l’écouter dans mon précédent article, je vous amène, grâce à la revue « Ankh », à la découverte de l’homme, de sa vie, de ses combats. Cheikh Anta Diop a consacré sa vie à la lutte pour la reconnaissance de l’Afrique noire comme berceau de la civilisation humaine. Et pas seulement en tant que lieu géographique de la naissance de l’Homme, mais aussi et surtout comme génératrice de savoirs et techniques ayant servi à toute l'humanité. Cela peut paraître évident pour certains d’entre vous, mais il faut savoir qu’à l’époque (années 50 à 60) où monsieur Diop menait son combat l’Afrique noire et ses enfants étaient présumés n’avoir absolument rien apporté à l’humanité. L’homme ou la femme d’Afrique était tout simplement vierge de tout savoir élaboré ou structuré. C’était l’époque du « bon sauvage » qui ne savait que rire et danser. Sans le Blanc, il était voué à une disparition certaine ! On n’hésitait même pas à exhiber des « spécimen » de Noir ou de Noire dans les foires en Europe. Et pendant la sortie du dimanche, les familles accouraient, avec les enfants, pour voir ces êtres bizarres ramenés par les colons.

Cheikh Anta Diop

C’est pourquoi, avec d’autres intellectuels africains, Cheikh Anta Diop s’est battu avec acharnement pour rétablir la vérité historique du continent noir. Savant et humaniste, il a cru à un moment devoir s’impliquer dans la vie politique de son pays, le Sénégal. Il y fonda son parti politique le RND (Rassemblement national démocratique). Comme un autre combat à mener contre un autre mal qui pointait le bout de son nez : le néocolonialisme. Seulement le monde politique, avec ses vices, ses coups bas et autres trahisons eut raison de son idéal politique. Ce combat fut moins heureux que celui mené dans les laboratoires d’égyptologie et dans les amphithéâtres de facultés universitaires. N’empêche, il nous aura laissé une œuvre monumentale. Nous serions bien inspirés de nous y plonger de temps à autre.

Cheikh Anta Diop dans son laboratoire

L'Université de Dakar porte aujourd'hui son nom. C'est le minimum qui pouvait être fait pour cet homme exceptionnel.

Pour mieux connaître Cheikh Anta Diop, cliquer sur le lien

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11 août 2005 4 11 /08 /août /2005 23:00

Vous vous souvenez sans doute de l'article que j'avais consacré au docteur Hamilton Naki. Si ce n'est pas le cas, cliquez ici. J'y relatais l'histoire peu banale de cet ancien jardinier Sud-Africain devenu... chirurgien ! Rien moins que cela. Ma source était un article paru dans le journal "The Economist". Ce même journal a publié le 14 juillet 2005, un complément à l'article qu'ils avaient fait paraître le 09 juin 2005. Pourquoi ? Parce que, selon "The Economist", le bon docteur H. Naki aurait une biographie un peu trop embellie, voire inexact. Le titre du complément d'article est d'ailleurs très parlant : "How an inspiring life became distorted by politics" .

Vous avez compris, les pressions politiques (séquelles de l'Apartheid obligent), venant de la communauté noire, auraient obligé monsieur Naki à mentir sur sa biographie ou, tout au moins à laisser écrire des mensonges sur son compte. Ce qui revient au même. Ainsi, il n'aurait pas participé directement à la première greffe du coeur comme il l'aurait lui-même prétendu ! Même si le journal maintient les propos du professeur Christiaan Barnard "Il aurait été un meilleur chirurgien que moi, si on lui en avait donné l'occasion". En clair, c'est, selon "The Economist", cette nouvelle Afrique du Sud débarassée de l'Apartheid où le Noir est enfin au pouvoir, qui dans sa quête de héros noirs a presque "pris en otage" la vie extraordinaire de M. Naki. C'est pour le moins dommage et maladroit.

Heureusement, à ces détails près, Naki a eu une vie effectivement extraordinaire (au sens ethymologique du terme). Et son passage de jardinier à chirurgien est une réalité.

Lire le texte original de "How an inspiring life became distorted by politics" ici.

 
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