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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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3 juillet 2005 7 03 /07 /juillet /2005 23:00

Une famille entière originaire de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre) est menacée d’expulsion dans l’est de la France. En effet, madame et monsieur PALABA ainsi que leur cinq enfants vivent depuis presque trois ans à Chaumont. Mais depuis un peu plus d’un mois, ils sont sous la menace d’un arrêté d’expulsion vers leur pays d’origine. Cela parce qu’ils ont épuisé toutes les voies de recours administratifs pour avoir le statut de réfugié.

Leurs enfants sont scolarisés avec des résultats corrects. Les parents s’investissent dans la vie locale depuis trois ans. Le voisinage n’a que des louanges à l’égard de cette famille tranquille. Selon le père de famille, il pèse au minimum une menace de prison, au pire un risque pour sa vie s’il était expulsé vers le Congo.

Si vous habitez du côté du quartier de la Rochotte à Chaumont, aidez-les. Et merci pour eux.

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30 juin 2005 4 30 /06 /juin /2005 23:00

L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), organisme officiel français, a publié, jeudi 30 juin 2005, une liste de pays dits « sûrs ». En clair cela signifie qu’aux yeux des autorités françaises, il existe des pays où les raisons qui peuvent, valablement, amener une femme ou un homme à demander l’asile en France ont disparu. Que change cette liste pour les ressortissants de ces pays ?

 

1.  Leurs demandes d’asile en France « bénéficieront » d’un traitement plus rapide (examen dans un délai de 15 jours au maximum)

2. Il ne leur sera pas délivré de titre provisoire de séjour en attendant que leur demande soit examinée.

3. Ils ne pourront pas bénéficier d’allocation leur permettant de survivre un peu en attendant.

 

Pour résumer : si vous êtes ressortissant d’un des pays de la Liste, il vaut mieux rester chez vous. A moins que vous ayez de très très sérieuses raisons de quitter votre maison, vos parents, votre famille, vos amis !

 

Liste des pays « sûrs » selon les autorités françaises : le Bénin, la Bosnie-Herzégovine, le Cap Vert, la Croatie, la Géorgie, le Ghana, l'Inde, le Mali, l'île Maurice, la Mongolie, le Sénégal et l'Ukraine.

 

Tout le monde est prévenu.

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29 juin 2005 3 29 /06 /juin /2005 23:00

     La Cimade est une association œcuménique créée en 1939 pour venir en aide aux personnes déplacées et regroupées dans les camps du sud de la France. Sur leur page de présentation, on peut aussi lire que « historiquement liée aux mouvements de jeunesse protestants, la Cimade travaille aujourd'hui en collaboration avec d'autres organismes catholiques, orthodoxes et laïcs au service des réfugiés, des étrangers en France, et au développement solidaire des pays de l'Est et du Sud. ».

Cette identité a fait de la Cimade aujourd’hui, une des plus importantes associations de défense des étrangers en France. Au nom de la dignité humaine.

C’est dans ce cadre, qu’elle vient en aide du point de vue juridique, administratif et même social aux étrangers en situation irrégulière en France. Avec un poste d’observation privilégié : elle est présente dans les centres ou locaux de rétention administrative (avec un certain nombre d’autres organismes comme la croix rouge) pour veiller à ce que la détention des étrangers se fasse dans les règles et surtout dans des conditions humainement acceptables. Chaque année, la Cimade fait donc le bilan de l’année écoulée et publie un rapport de la situation dans ces lieux de détention. Le Rapport pour l’année 2004 vient de sortir. Et c’est quelque chose !

D’emblée, dans l’éditorial intitulé « De l’humiliation naissent les incendies » qu’ils cosignent sur leur site, les président et secrétaire général de la Cimade préviennent : « Il n’est pas dans les habitudes de la Cimade de crier plus fort qu’il ne faut, de dénoncer pour le plaisir de dénoncer. ». Là, on sent qu’ils sont « un peu » énervé. Mais ils précisent tout de suite : « Nous avons toujours, et notamment quant à notre mission dans les centres et locaux de rétention, tenté de tenir un discours équilibré, analysant les évolutions en pointant les progrès comme les inerties. De même, nous avons et continuerons de dialoguer avec les pouvoirs publics, ministères comme administrations ou services de police, afin de leur faire part de nos remarques, critiques comme propositions ». Et puis « nous ne changeons pas d’attitude, mais par notre présence en rétention, nous voyons chaque jour un peu plus l’inacceptable. Il est de notre devoir aujourd’hui – ne pas parler serait cautionner - de dire haut et fort que trop, c’est trop ! ». Voila, c’est dit. Et après ça, on s’attend au pire. Et la lecture de la suite ne vous « décevra » pas !

En effet, ces éminents membres de la Cimade , nous prennent à témoin : « Ce à quoi nous assistons depuis deux ans en matière de politique d’éloignement forcé des étrangers en situation irrégulière est une succession de dispositions dont on n’a pas anticipé les effets concrets, faute d’avoir pris le temps d’établir un diagnostic mesuré, de mesures spectaculaires destinées à flatter une partie de l’opinion, auxquelles ont été ajoutés quelques zestes de procédures protectrices immédiatement noyées par l’incapacité des administrations à travailler de façon équilibrée. ». Et ils posent la question : « Le jugement est sévère ? Qu’on en juge ». Et les voila partis dans une démonstration de ce qu’ils avancent.

On apprend tout d’abord que cette situation vient « de la loi du 26 novembre 2003 qui a transformé en profondeur la régime de la rétention administrative des étrangers » (c’est devenu une habitude. A ce propos relire un des articles de jds.blog qui en parle). On est entré dans l’ère de la « politique du chiffre » ! En effet, il est maintenant clairement donné aux préfectures françaises des « objectifs chiffrés »  pour la reconduite forcée des étrangers chez eux, chaque année. La Cimade estime cette loi, tout d’abord « inutile ». Car, selon elle, « Le triplement de la durée maximale de rétention fut présentée comme « nécessaire » car la durée antérieure (12 jours) « était insuffisante » pour conduire à son terme la mesure d’éloignement dans le respect des procédures. Que constate-t-on ? Les statistiques que nous avons pu recueillir, bien qu’incomplètes, montrent sans ambiguïté que le taux d’exécution des mesures d’éloignement des personnes placées en rétention a à peine progressé : de 44 % à 55 %. ». Et qui plus est  « la durée de rétention légale a été augmentée de 266 %, la durée effective moyenne s’est accrue de 200 %, mais le taux effectif des mesures exécutées a fait un bond de 11 points... ! ». Ceci suffit pour démontrer cela. C’était une loi inutile. Mais pendant ce temps « que de dégâts, de vies brisées, de souffrances, de traumatismes inutiles, tout cela pour rien ! » regrette la Cimade.

L’éditorial des président et secrétaire général de la Cimade nous détaille ensuite toute cette humiliation, cette souffrance que vivent ceux qui ont tenté d’entrer illégalement sur le territoire français. La fameuse « politique du chiffre » a eu, entre autres comme effets pervers « des opérations et arrestations massives dans certains quartiers ; interpellations au domicile, convocations pièges dans les préfectures, arrestations des enfants mineurs dans les écoles pour les emmener rejoindre leurs parents en rétention, placements en rétention à répétition de personnes que l’on sait non reconductibles »… La liste est longue. Et la conséquence de tout cela c’est que « Si un ministre est dans son rôle en exigeant de ses administrations qu’elles travaillent de façon cohérente dans la mise en œuvre des lois votées, la méthode employée à l’égard d’hommes et de femmes – un chiffre précis à atteindre pour chaque préfecture – est éthiquement très contestable et a des effets concrets destructeurs : pour les personnes concernées, pour les services de l’Etat, pour l’Etat de droit, pour la Justice. Quand on commence à « gérer » l’expulsion de personnes comme une usine gère et prévoit sa production, on peut s’attendre au pire. » Et la Cimade nous le réaffirme : « et le pire arrive. ».

Parce qu’  « En doublant la durée moyenne de rétention effective, en mettant une telle pression sur les services préfectoraux et les services de police pour atteindre ces fameux « objectifs chiffrés » », on ne peut aboutir qu’à une situation intolérable : « entasser les personnes par six dans des chambres initialement prévues pour deux, placer en rétention hommes, femmes et enfants au détriment du minimum d’éthique et de protection des personnes vulnérables, etc, etc. ». On aboutit ainsi à une « déshumanisation de ces lieux : faut-il encore parler de rétention, ou n’est-ce pas temps de dire clairement que nous assistons à l’apparition de véritables « camps » ? On est effectivement, à ce stade, en droit de se poser la question clairement.

Ce rapport de la Cimade est, à bien des égards, une démonstration claire que la politique d’accueil des étrangers en difficulté dans leur pays d’origine s’est bel et bien durcie au point d’en devenir inhumaine dans son application. Il me semble important que les gens en soient conscients. Qu’on soit étranger vivant en France ou Africain (ou même personne d’un autre continent) ayant l’intention de se rendre en Europe occidentale, il est important de savoir. De savoir et d’en tirer des leçons. Il me semble que ce genre de lecture devrait nous renforcer dans l’idée qu’aujourd’hui plus qu’hier, il faut faire tout, absolument tout, pour empêcher que le développement de l’Afrique soit retardé. Je vois certains sourire en lisant « développement de l’Afrique ». Et pourtant, l’Afrique avance. Et d’ailleurs prochainement, je vous en donnerai des preuves sur ces pages.

En attendant, méditons cette phrase de l’éditorial qui nous a inspiré les lignes ci-dessus : « De l’humiliation naissent les incendies. Personne n’y a intérêt. Il faut arrêter avec cette «politique du chiffre». Il y a urgence. ». A bon entendeur...

 

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14 juin 2005 2 14 /06 /juin /2005 23:00

Monsieur Nicolas SARKOZY, ministre français de l’intérieur et président de l’UMP, a déclaré, selon une dépêche AFP, qu’ « aucune norme constitutionnelle ne prévoit que la France doit accepter dans n'importe quelle condition tous les immigrés qui ont une raison personnelle de vouloir s'installer dans notre pays ». Il répondait ainsi dans une lettre adressée mercredi 15 juin à monsieur Patrick WEIL, chercheur qui trouvait que le projet du ministre de limiter le regroupement familial des étrangers en situation régulière en France pouvait avoir un caractère anti-constitutionnel.

En effet lors de la convention de l’UMP du 09 juin dernier, monsieur SARKOZY avait fait des propositions sur l’immigration qui ont fait réagir les associations de défense des Droits de l’Homme et certaines personnalités comme monsieur Patrick WEIL. La polémique sur cette immigration « choisie » que veut le ministre au lieu d’une immigration « subie » selon ses propres termes est encore vive. Mais vue la détermination du président de l’UMP et le pouvoir dont dispose aujourd’hui son parti sur la scène politique française, il y a de fortes chances pour que ses propositions se transforment en lois très prochainement.

Au-delà de ces arguties juridiques, il reste que la vie de quelques centaines de milliers de personnes vivant en France va certainement changer. Et pas pour devenir plus simple.

La France , comme tout pays souverain, a le droit de se donner les lois qu’elle pense nécessaires au mieux être de sa population. Mais dans la situation actuelle, j’ai le sentiment que la population immigrée est prise dans un débat qui n’est pas le sien. Durcir les lois sur l’entrée et le séjour des étrangers en France devient comme une réponse systématique à toutes les crises politiques que vit ce pays. En effet, après la défaite de l’UMP aux élections régionales, une kyrielle de nouvelles lois sur les étrangers a vu le jour sous la houlette du même SARKOZY. Déjà. Et depuis le 29 mai 2005, après le cinglant « NON » infligée au Traité constitutionnel européen, l’immigration est de retour sur la scène française. On reprend les mêmes et on recommence. On ne change pas une équipe qui… perd ! Nouvelles propositions, nouvelles lois sûrement ! C’est vrai qu’il faut aller à la pêche aux électeurs. La présidentielle de 2007 approche à grands pas. Et tout le monde sait qu’un étranger ne vote pas aux présidentielles ! Et on sait aussi les ambitions affichées de notre ministre de l’intérieur à ce sujet. Pauvres immigrés… Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. C’est connu. M’enfin ! Quelle crime grave que de vouloir essayer de s’en sortir ailleurs que dans son propre pays ! Et surtout de vouloir avoir une vie de famille, comme tout être humain. D’ailleurs, monsieur le ministre ne s’est pas gêné pour critiquer le  gouvernement socialiste de Lionel JOSPIN qui, en son temps, avait créé une carte de séjour « Vie privée et familiale » source inévitable de l’entrée de beaucoup d’étrangers « non choisis » en France.

 

Toujours est-il que à force de vouloir séduire les électeurs de l’extrême droite en faisant des copies de leurs idées, on risque de les pousser à croire réellement que  l’original est ce qu’il faut à la France. On n’en a eu un aperçu le 21 avril 2002 : monsieur LE PEN au 2ème tour de la présidentielle ! Ce fut un séisme en France. Il ne faut pas y ajouter un Tsunami en 2007 !

 

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12 juin 2005 7 12 /06 /juin /2005 23:00

Le mardi 07 juin 2005 dans la journée, j'apprenais, avec stupeur, comme beaucoup d'Africains je suppose, l'arrestation et la mise en garde à vue dans les locaux d'un commissariat de Police parisien de monsieur Fodé SYLLA. Cet Afrofrançais connu pour son militantisme au sein d'associations comme SOS RACISME ou ADN (Alliance de  la Diaspora Noire), a siégé au Parlement européen après avoir été élu sur une liste du Parti Communiste français. Depuis la fin de son mandat de Député européen, il siège au Conseil Économique et Social. Le profil même du monsieur qu'on n'imagine pas empêtré dans ce genre de faits divers. Surtout quand on apprend la qualification des faits qui lui sont reprochés : "trafic international de drogue" selon les propres termes de monsieur SYLLA !

Pendant cette journée du mardi 07 juin, on a entendu tout et n'importe quoi. Très vite les média ont annoncé que du crack (un puissant dérivé de la cocaïne) a été retrouvé chez monsieur SYLLA. Puis un communiqué de  la Police démentait en ces termes "il n'a pas été trouvé de drogue chez monsieur Fodé SYLLA". Mais dans le même temps, certains journaux et chaînes de télévision persistaient et donnaient même des détails encore plus précis : on aurait trouvé des ustensiles pouvant servir à faire chauffer du crack avant consommation au domicile de monsieur SYLLA ! Et le coup de grâce est donné en fin de journée : pendant sa garde à vue, il aurait reconnu être "consommateur" 

Aujourd'hui, monsieur SYLLA est libre. Il s'est expliqué longuement sur tout cela dans une longue interview donné à Afrik.com (retrouvez cette interview en cliquant sur ce lien : l'entretien avec Afrik.com  ). Il a donné sa version des faits. Sa vérité. Quelle que soit la réalité profonde des faits dans cette affaire, elle laissera des traces. Et elle m'inspire, à ce titre, quelques réflexions.

D'abord, quand monsieur SYLLA dans son interview parle de tentative de "faire taire l'une des voix de l'antiracisme", on peut le croire ou pas, mais cela est du domaine du plausible. Des précédents ont existé. Ceux qui ont encore la nostalgie du temps où le Noir ne pouvait être que sous la domination de son maître Blanc, ceux qui ne voient en chaque Africain qu'un grand enfant, ceux qui pensent que les Afrofrançais (tout Français qu'ils soient) ne doivent avoir comme horizon que le nettoyage de la voierie des villes françaises ou le "métier" de délinquants ou mieux celui de trafiquant de drogue, sont plus déterminés que nous ne pouvons l'imaginer. Ils sont peu nombreux mais très remontés contre cette société multiculturelle qu'est devenue la société française et très actifs. Il ne faut cependant pas faire de la paranoïa :  La France n'est pas un pays raciste. Il y a des racistes en France comme ailleurs. Ce n'est pas la même chose.

Pour les raisons évoquées ci-dessus, il me semble évident que chacun d'entre nous doit, dans ces actes de tous les jours être exemplaire ! Exemplaire pour moi ici ne signifiant pas seulement respecter les lois et règles de vie en France (c'est une nécessité), cela veut dire aussi ne jamais, par nos agissements ou ceux de nos enfants, donner du grain à moudre aux personnes que je décrivais dans le paragraphe précédent. Ne jamais prêter le flanc ! Rendre sa dignité à l'Homme noir est déjà suffisamment difficile comme cela.

Cette exemplarité que j'appelle de mes vœux, disais-je, concerne chacun d'entre nous, mais encore plus ceux qui parmi nous sont devenus des personnalités en vue. Et incontestablement monsieur Fodé SYLLA a été et est encore une personnalité en vue. C'est pourquoi si ce qui lui est arrivé ces derniers jours peut servir à quelque chose, c'est à mon avis de nous rendre encore plus vigilants sur nos comportements.

Pour finir, je voudrais rajouter ceci : quelle que soit notre position sur l'innocence de monsieur SYLLA dans cette affaire, nous devons lui apporter notre soutien jusqu'à ce qu'une culpabilité soit établie de façon formelle. On en est loin. Unis nous sommes forts. Dispersés, nous sommes des fétus de pailles. Je souhaite que cette affaire s'arrête là pour monsieur SYLLA et qu'il retrouve le calme dans sa famille et dans son travail.

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