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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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29 août 2005 1 29 /08 /août /2005 23:00

On se demande comment est-ce possible, mais le cauchemar continue ! Au vu et au su de tout le monde : un immeuble insalubre, abritant des familles originaires d’Afrique noire, a brûlé lundi 29 août 2005 vers 22 heures à Paris. Cette fois c’est dans le 3ème arrondissement de la capitale française que le drame a eu lieu. Exactement au 8 rue du Roi-Doré. Bilan : 7 morts dont 4 enfants. C’était un squat où essayaient de s’abriter nos malheureux frères et sœurs faute d’un toit décent pour se loger. 7 morts de trop.

Parce que maintenant, il y en a plus qu’assez des discours, des postures des responsables de ce pays. Cela suffit ! Il faut faire quelque chose. Immédiatement. Sans attendre. Il s’agit tout de même de vies humaines. C’est révoltant et insupportable. Quand vous apprenez des détails du genre : une mère de famille voyant son appartement s’embraser, dans la panique, et pensant le sauver, jette un de ses enfants par la fenêtre du quatrième étage… Il n’y a pas de mots ! Il n’y a plus de mots pour dire sa douleur et sa colère en face d’une pareille situation. Et tout cela parce qu’il s’agit de Noirs, d’immigrés, de sans-papiers, de gens fuyant une misère pour venir en vivre une autre… pire ! Et pour finir par y laisser leur vie ! Et tout le monde s’en fiche. Quoiqu’on en dise. Ceux qui devraient prendre des mesures radicales pour que cela n’arrive plus ne font strictement rien. Ou plutôt si : ils viennent devant les caméras de télé, prennent des poses, des postures, font des discours, assurent de leur sympathie, disent leur compassion… En gros rien ! Du vent ! Pendant ce temps d’autres Africains noirs meurent, brûlés. Ou, au mieux, sont en sursis jusqu’au prochain incendie. Oui, tout le monde s’en fiche. Et c’est insupportable.

Car enfin, qu’ont fait de si terrible ces Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, Congolais etc. pour mériter ce sort ? Hier le 9ème arrondissement de Paris, aujourd’hui le 13ème, puis le 3ème ! Quand cela va-t-il s’arrêter ? Et qu’on ne vienne pas me parler de loi des séries ! Dans le cas d’espèce, il est possible de faire quelque chose. Il ne s’agit tout de même que de trouver un toit décent à des humains dans un des pays les plus riches du monde ! Et en plus pour des gens qui, au regard de l’histoire le méritent largement. Cette France qui essaie aujourd’hui de se barricader à double tour derrière ses frontières, cette France qui multiplie les expulsions de sans papiers, cette France qui par la voix de ses autorités actuelles dit clairement avoir la volonté d’expulser un nombre grand d’étrangers (la politique du chiffre !), et finalement cette France qui laisse mourir des Africains de race noire sans aucune mauvaise conscience devrait se rappeler un peu de son histoire ! 300 ans de Traite Négrière ont décimé les forces vives de l’Afrique Noire, ont réduit à la portion congrue ses ressources agricoles et minières. La colonisation française, par voie d’administration directe a achevé ses pays. Mais ce n’est pas fini. Pendant les deux grandes guerres mondiales, l’Afrique noire a fait le sacrifice suprême : le don de la vie de ses enfants les plus vigoureux pour la défense de la République française. Le sang des Tirailleurs Sénégalais (qui n’étaient pas que Sénégalais d’ailleurs !) a abreuvé les tranchées de l’est de la France. Et après la deuxième guerre mondiale, les Noirs d’Afrique étaient encore là pour participer à l’effort de reconstruction de la patrie. On était bien content de pouvoir aller les chercher dans leurs villages pour qu’ils viennent construire des routes, des immeubles modernes, des voitures (Renault à Billancourt en a vu passer des ouvriers noirs africains), creuser pour de nouvelles lignes de métro ! Aujourd’hui, les enfants de ces travailleurs courageux flambent dans des incendies d’immeubles insalubres ! Avouez que c’est, pour le moins, honteux et injuste.

Imaginez juste une seconde, que des Français de souche, blancs vivant dans la précarité (la misère ignore la couleur de la peau, et des familles françaises de souche dans la difficulté, il y en a à Paris) soient les victimes de cette série affolante de morts par incendie. Je vous vois d’ici répondre immédiatement que ce n’est pas pensable ! Je vous le concède. Mais en raisonnant par l’absurde, comme disent les mathématiciens, on peut imaginer le séisme que cela produirait au sein de la société française. A coté de ce qui se passerait, la prise de la Bastille en 1789 serait reléguée au rang de chahut de gamins dans une cour de récréation. Et pourtant, on est en 2005, et cela se passe sous nos yeux. Mais il ne s’agit que de gens d’Afrique noire !

Mes chers frères et sœurs, que vous soyez de nationalité française, étrangère, ou même sans papiers, sachez que la preuve est faite que personne ne viendra changer la situation des Noirs sur cette Terre à leur place. Soyez donc solidaires. Véritablement. Aidons-nous les uns les autres. Battons-nous pour chasser du pouvoir ces imbéciles, affamés de pouvoir qui dirigent nos pays. Ils hypothèquent l’avenir de millions d’hommes et de femmes obligés de venir mourir dans des conditions si atroces, si loin de chez eux. C’est au prix de cette solidarité et de ce refus de la médiocrité que les Africains pourront un jour vivre chez eux du salaire de leurs efforts pour leur pays. Nous avons un devoir d’exemplarité.

Dans ces moments douloureux, je voudrais dire un grand merci à tous les Français de souche qui ont manifesté leur solidarité de façon concrète aux pauvres rescapés et aux familles de ceux qui ont trouvé la mort dans l’incendie de l’immeuble du boulevard Vincent Auriol et qui continuent. Vous avez honoré la France. Vous avez montré qu’heureusement il y a des Français qui ne s’en fichent pas de ce qui est arrivé. Et j’ai été ému aux larmes par vos enfants qui sont venus dire que leur petit copain mort dans l’incendie n’irait plus à l’école avec eux, et que c’était trop triste. Ils me donnent foi en l’avenir. Eux considèrent, à la différence de certains adultes, qu’il n’y a pas de différence entre un enfant blanc ou un enfant noir. Ils vont à l’école ensemble, ils sont amis, ils se racontent leurs petites histoires d’enfants. Et ce qui compte. Pourvu qu’on ne les pervertisse pas.

P.S. J’appelle tous ceux qui sont à Paris à participer à la marche qui aura lieu ce mardi 30 août 2005 pour le relogement définitif des rescapés de ces drames. La marche se déroulera à partir de 17 heures 30 et partira du quai de la Gare (métro Quai de la Gare , ligne 6) et l’arrivée est prévue à la Place d’Italie.

 

 

 

 

 

 

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26 août 2005 5 26 /08 /août /2005 23:00

C’est encore arrivé à Paris ! Un immeuble abritant des familles d’origine africaine a encore brûlé ! Il y a encore eu des morts ! 17 cette fois-ci, dont 14 enfants ! Quand on sait qu’il y a juste quatre mois, le 15 avril 2005, un autre bâtiment, un hôtel abritant des familles d’Africains en mal de logement, avait brûlé faisant 24 morts dont 10 enfants, on se dit que ce n’est pas possible. C’était dans le 9ème arrondissement, aujourd’hui c’est dans le 13ème, et demain ce sera où ? C’est insupportable, inadmissible, intolérable, c’est… ! Quand prendra fin ce cauchemar ?

Passé le moment où la douleur vous fige dans votre fauteuil devant les images que diffusent en boucle les chaînes d’information continue, passé le moment où les larmes coulent toutes seules sur vos joues, passé le moment où vous ne comprenez même plus ce que vous regardez, vous vous posez les mêmes questions : comment est-ce possible que ce soit les mêmes qui subissent cette chose atroce ? Pourquoi la vive émotion provoquée il y a quatre mois est-elle retombée aussi vite ? Pourquoi, y a-t-il autant de gesticulations des autorités (ministres, maires, députés etc.) à chaque fois et qu’il ne se passe rien ensuite, pire la catastrophe se reproduit ? Dans un premier mouvement la réponse qui vient, qui s’impose à vous devrais-je dire, est : c’est parce qu’il s’agit d’Africains, de Noirs venant d’Afrique ! Réponse simple mais ô combien terrible. Notre intellect la refuse aussitôt. C'est trop terrible ! Non, ce n’est pas possible que la couleur de peau d’un être humain le condamne à vivre à répétition des choses aussi terribles. Ce n’est pas possible que dans un pays dont la loi condamne le racisme, la couleur de la peau ou les origines soient le vecteur de tant de souffrance. Et pourtant…

Il faut savoir que la majorité des habitants de l’immeuble qui a brûlé dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 août 2005 avec l’atroce bilan que l’on sait, étaient en errance depuis au moins 15 ans ! A la recherche d’un toit pour eux et les leurs. Ballottés de squats (bâtiments à l’abandon occupés sans autorisation) en hôtels, d’hébergements provisoires en logements insalubres, ils se sont retrouvés dans cet immeuble du boulevard Vincent Auriol dans le 13ème arrondissement de Paris. Plusieurs d’entre eux ont déposé depuis plus de dix ans des dossiers de demande de logement HLM auprès des autorités locales ! Et depuis plus de dix ans, ils essuient le même refus : pas de logement disponibles ! Et ces hommes et femmes travaillent. Ont donc des revenus pour payer leurs loyers comme tout le monde. Pourquoi alors leur refuse-t-on un logement décent ? Ce que la logique la plus élémentaire commanderait de faire. Car ce qu’on oublie, ou qu’on omet de dire, c’est que cette errance coûte à tout le monde. Et de plus en plus cher ! En effet, le fait pour les services sociaux de loger dans des hôtels insalubres, ou des logements précaires gérés par des associations caritatives (c’est le cas de l’immeuble qui a brûlé boulevard Vincent Auriol dans le 13ème, géré par le bailleur associatif France Europe Association, « FREA », pour le compte d’Emmaüs) ces mal logés revient, pour les Collectivités locales et l’Etat, à verser des centaines de milliers d’euros chaque année pour soutenir les associations et les habitants de ces endroits indignes de recevoir des familles. Cela revient très cher au bout de quelques années. Mais le pire de tout c’est le bilan humain. Combien de morts attendra-t-on pour réagir ? Alors qu’il serait plus simple de loger ces familles dans des conditions décentes une fois pour toutes. Tout le monde y gagnerait. Mais la question qui revient, têtue, c’est pourquoi ne les loge-t-on pas alors correctement ? La réponse qui fuse de mes neurones me fait encore plus peur… Non ce n’est pas pour cela ! Ce n’est pas possible. Et pourtant…

Aujourd’hui, c’est devenu évident : dans le privé, c’est presque mission impossible pour des familles comme celles qui ont vécu le drame d’avant-hier nuit que d’avoir un logement. En plus des loyers qui s’envolent en région parisienne (un studio d’à peine 15 m2 coûte plus de 500 euros par mois, alors ne parlons même pas des F4 et F5 !), il est de notoriété, aujourd’hui, que les personnes un peu trop bronzées subissent la discrimination au logement. Que cette discrimination soit affichée ou cachée. Comme je le dis souvent dans les colonnes de ce blog, la France n’est pas un pays raciste mais il y a en France (comme ailleurs me direz-vous) des racistes ! Et ce qui est grave c’est qu’ils se sentent dans une impunité de plus en plus inquiétante. Dans ces conditions on est en droit de se demander quand s’arrêtera ce cauchemar dans lequel des êtres humains perdent la vie sans que cela ne suscite de vraies mesures pour y mettre un terme. Des familles entières disparaissent. Bêtement ! De façon insupportable. Il faut faire cesser cette situation dans les plus brefs délais.

Et à l’insupportable, on ajoute l’insupportable ! En effet certaines personnes ont osé parler, alors que drame s’est produit il y a moins de 24 heures, de familles trop nombreuses, de modes de vie pas très « françaises », de polygamie, de… Non il n’y a vraiment pas de limite à la bêtise et au crétinisme ! On sait que les clichés ont la vie dure, mais de grâce arrêtez maintenant !

Il y a quelques jours, la France entière bombait le torse grâce au titre de champion du monde de Ladji Doukouré. C'est légitime, c'est un Français qui est devenu champion du monde du 110 m haies. Ce qu'on oublie très vite, c'est que ses parents viennent du Mali et du Sénégal. Dans les mêmes conditions que ceux qui sont morts de manière si atroce l'autre nuit !

 

 

Lire le dossier que le quotidien "libération" consacre au drame

 

Lire le communiqué du GISTI

Lire l'article de Aminata Fall publié par "Le Monde"

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24 août 2005 3 24 /08 /août /2005 23:00

Une journaliste de Radio-France (plus précisément son antenne locale France Bleue Auxerre), madame Bleuette Dupin, a vu son domicile conjugal investi par les policiers d’Auxerre le mercredi 24 août 2005, au matin. Le motif : elle avait fait un reportage sur une famille congolaise (une femme et ses quatre enfants) en situation irrégulière en France depuis quatre ans, et en voie d’expulsion vers leur pays d’origine. Sachant que deux des enfants menacés d’expulsion se sont évanouis dans la nature pour éviter d’être expulsés et qu’en plus les policiers auraient trouvé le numéro de téléphone du mari de la journaliste dans le répertoire du portable de la Congolaise sans-papiers, pour les enquêteurs, il n’y a plus de doute, les enfants se sont planqués chez madame Dupin ! D’où cette descente de police matinale à son domicile. Heureusement pour elle, les policiers sont repartis bredouilles.

Cette affaire relatée dans un article de RFI (Radio France Internationale) montre, si quelqu’un en doutait encore, la détermination des autorités françaises à appliquer les consignes du ministère de l’intérieur : « Encore plus d’expulsions qu’en 2004. » !

Lire l’article que RFI consacre à cette affaire.

Visitez le site de RFI.

 

 
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24 août 2005 3 24 /08 /août /2005 23:00

Le quotidien français « Libération » dans son édition datée du jeudi 25 août 2005, a ouvert ses colonnes à une contribution intitulée « Contre les quotas, le partenariat » signée de trois membres dirigeants du parti socialiste français (PS). Vous aurez compris qu’il s’agit d’immigration.

Messieurs Faouzi Lamdaoui (Délégué national chargé de l’égalité des chances et de la lutte contre les discriminations du PS), François Rebsamen, Bruno Leroux et Kader Arif (tous trois secrétaires nationaux du PS), après avoir dénoncé la politique de la Droite actuellement au pouvoir en France en matière d’immigration, se sont attelés à montrer que l’alternative véritable à la politique prônée actuellement dite « immigration choisie » chère à l’actuel ministre de l’intérieur, monsieur Sarkozy, est un réel partenariat avec les pays « exportateurs » de mains-d’œuvre. Ainsi seraient préservés les intérêts de toutes les parties. J’ai trouvé cette contribution intéressante à plus d’un titre.

D’abord parce que, déjà, dans un précédent article de jdsblog, je dénonçais cette instrumentalisation de l’immigration par les hommes politiques français de tous bords. Ensuite parce que cette contribution vient de la direction du parti leader de l’opposition en France. Le PS ayant de bonnes chances de revenir au pouvoir si elle arrive à régler ses problèmes internes. Je voudrais donc dire aux dirigeants socialistes : « vous avez pris le problème par un bout qui semble être le bon, ne l’oubliez pas quand vous reviendrez aux affaires mais surtout que cela ne reste pas dans vos cartons. Afin que l’immigration redevienne un sujet apaisé. Et pas un épouvantail qu’on sort à chaque fois que les Français sont préoccupés ! ». A mes lecteurs, je recommande donc la lecture de cette contribution, ne serait-ce que pour prendre date.

Bonne lecture.

Visitez le site du quotidien « Libération »

Lire la contribution intitulée : « Contre les quotas, le partenariat »

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22 août 2005 1 22 /08 /août /2005 23:00

Le GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés) a publié, depuis quelque temps, une brochure intitulée « les enfants entrés hors regroupement familial ont droit aux prestations familiales ». Elle est désormais disponible en téléchargement gratuit. Je le conseille vivement à tous ceux qui ont du mal avec les Caisses d’Allocations familiales sur ce sujet. Vivre dans un pays qui n’est pas encore le sien, c’est aussi et surtout connaître ses droits et ses devoirs. Pour télécharger le document, cliquez sur le lien.

 

Bonne lecture.

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18 août 2005 4 18 /08 /août /2005 23:00

Le dernier ouvrage de l’économiste péruvien Hernando De Soto « The Mystery Of Capital », traduit en français chez Flammarion sous le titre « Le mystère du Capital », porte comme sous-titre cette phrase : « pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout ailleurs ». Vaste et intéressant programme ! On se dit « mais oui, pourquoi ça ne marche pas chez nous aussi ? ». Nous avons bien, tous, quelques idées là-dessus. Cependant on se dit que vu qu’il s’agit d’un professionnel de l’économie, qui plus est, venant d’un pays « en voie de développement », cela mérite un petit plongeon dans cet ouvrage. Eh bien on n’est pas déçu ! La thèse défendue par monsieur De Soto est assez originale : les pauvres ne sont pas si pauvres qu’on le pense ! Mieux, ils possèdent tellement de richesses que si on arrivait à l’intégrer dans l’économie globale de leurs pays, on verrait une amorce de décollage économique. Ces richesses, monsieur De Soto les appelle « les richesses extralégales ».

 

 

 

Avouez que, comme angle d’attaque du problème, c’est… pour le moins original ! A ce stade de votre lecture, vous vous dites : « mais pourquoi alors on intègre pas ces richesses dans l’économie globale des pays en question ? » Eh bien l’économiste nous explique que les arcanes des législations de ces pays sont tellement compliquées et inadaptées aux populations auxquelles elles s’appliquent, que le secteur « informel » a de beaux jours devant lui. En clair, à force de copier le Droit à l’Occidentale, nos pays pauvres se sont trouvés dans la situation ubuesque de posséder des législations qui n’intéressent qu’un pourcentage infime de la population (les occidentalisés) pendant que l’écrasante majorité vit en parallèle ou en marge. Autrement dit de façon… « extralégale » ! Tout d’un coup le propos de monsieur De Soto devient limpide. On se dit bien sûr que oui ! Il a raison.

Pour conclure, je dirais que, même si (j’en suis convaincu) le sous-développement et la pauvreté sont multifactoriels, la thèse défendue par l’économiste péruvien mérite toute notre attention. En effet, elle jette une lumière crue sur un aspect du problème que nous ne voyions, de prime abord, pas dans l’analyse des causes de l’état inquiétant dans lequel se trouvent nos pays. Nous devons nous y arrêter un peu. C’est pourquoi je vous recommande chaudement la lecture de ce livre, mais aussi l’interview que l’auteur a accordée au quotidien français « Libération ». Cette interview très intéressante est publiée dans l’édition datée du vendredi 19 août 2005.

L'auteur se trouve être aussi un économiste du développement qui milite comme président de l'Institut pour la Liberté et la Démocratie à Lima dans son pays. Vous trouverez une traduction d'un article de monsieur De Soto à propos de son ouvrage sur le site de l'Institut "Euro 92". Les liens sont à la fin de cet article.

Bonne lecture.

Lire l’interview accordée à « Libération » par Hernando De Soto.

Lire aussi la page consacrée à cet ouvrage par l'Institut "Euro 92".

 

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18 août 2005 4 18 /08 /août /2005 23:00

Depuis quelques jours se déroulent à Cologne, en Allemagne, les JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse ). Ces journées de rassemblement des jeunes chrétiens du monde entier, instituées par le pape Jean-Paul II, auront cette année un goût amer pour chrétiens d’Afrique. En effet, la présence de l’Afrique noire a été réduite à la portion congrue : quelques prêtres et séminaristes. La raison ? Risque d’immigration clandestine !

 

En effet les autorités consulaires allemandes en Afrique noire ont reçu des consignes fermes : il faut refuser le visa d’entrée sur le territoire allemand à toute personne ayant un profil à risque d’immigration clandestine. Et les consignes furent appliquées à la lettre. Et le pire de tout c’est que les autorités de l’Eglise africaine n’ont non seulement pas protesté, mais ils ont approuvé ces mesures ! On peut être choqué par cela. Mais quand on apprend que pendant les précédentes JMJ (à Paris et à Montréal), il y a eu un grand nombre de « pèlerins » qui ne sont jamais rentrés en Afrique, qu’il y a eu des trafics de visas moyennant de fortes sommes (jusqu’à 5000 euros !), on change de sentiment. La colère fait place à la tristesse et par moment à ce sentiment bizarre de colère et de honte mêlés ! D'ailleurs un responsable de l'episcopat au Cameroun, cité par patrick Girard dans Marianne, affirme que "le nom du Cameroun et de l’Eglise catholique qui est au Cameroun ont été salis lors des éditions précédentes". Nous ne devons donc nous en prendre qu’à nous-même.

 

Nous savions que nous étions devenus, aux yeux de certains, quantité négligeable sur cette Terre. Mais de là à nous rabaisser nous-mêmes… La lecture de l’article que l’hebdomadaire français « Marianne » consacre à cette affaire m’a plongé dans une réflexion profonde sur nos comportements, à nous Africains, la valeur que nous nous donnons, la dignité que nous ne devons jamais perdre, notre réelle envie de nous sortir de cet état de parias, le sens de nos combats individuels etc. Cette introspection, je pense que nous devons, chacun dans son coin, la faire. Réflechir (par moment à haute voix), mais surtout agir. Dans le bon sens. Nous sommes capables d’excellentes choses chez les autres. Que faisons-nous chez nous? Que faisons-nous de notre Afrique ? Chacun. Individuellement. Concrètement.

 

Lire l’article de Patrick Girard dans « Marianne ».

 

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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 23:00

On ne présente plus Youssou N'dour. Ni au monde, encore moins aux Sénégalais. On peut aimer ou pas sa musique. Il est cependant incontestable qu'il a hissé le nom du Sénégal musical à une autre échelle sur le plan international.

Le magazine en ligne « Linternaute », dans un dossier sur la « world music », a consacré quelques bonnes pages au chanteur sénégalais. On y découvre sa biographie, sa discographie, ses collaborations artistiques etc. Vous aurez même la possibilité d’écouter quelques extraits de ses albums. Le lien ci-dessous vous y amène.

Youssou Nd’our par Linternaute.com.

Youssou sera à Paris Bercy le 01 octobre 2005 pour son désormais traditionnel « Grand Bal ». Vous pouvez aussi visiter son site Internet officiel : Youssou.com.

 
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16 août 2005 2 16 /08 /août /2005 23:00

Il y a quelques jours, dans un article de jds.blog, je vous parlais ici d’une femme de nationalité guinéenne et de ses trois enfants nés en France qui étaient en centre de rétention en vue d’une expulsion vers la Guinée. Eh bien, je suis heureux de pouvoir venir vers vous pour vous annoncer une fin heureuse : madame Diaby et ses enfants resteront en France ! Au moins pour un bout de temps. Le temps que toutes les menaces administratives qui pèsent sur elle et ses enfants soient levées.

La mobilisation du réseau Education sans frontières, du GISTI et toutes les bonnes volontés qui se sont mobilisées pour obtenir sa libération a payé. Cela prouve, si besoin était, que l’union de tous peut empêcher que l’inadmissible se produise. Et pourtant, il y en a encore tellement qui, faute d’être soutenus, se trouve broyés par l’énorme machine qu’est l’administration. Restons vigilants.

Les détails de cette libération sont sur le site du GISTI. Cliquez ici pour lire l’article.

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11 août 2005 4 11 /08 /août /2005 23:00

Vous vous souvenez sans doute de l'article que j'avais consacré au docteur Hamilton Naki. Si ce n'est pas le cas, cliquez ici. J'y relatais l'histoire peu banale de cet ancien jardinier Sud-Africain devenu... chirurgien ! Rien moins que cela. Ma source était un article paru dans le journal "The Economist". Ce même journal a publié le 14 juillet 2005, un complément à l'article qu'ils avaient fait paraître le 09 juin 2005. Pourquoi ? Parce que, selon "The Economist", le bon docteur H. Naki aurait une biographie un peu trop embellie, voire inexact. Le titre du complément d'article est d'ailleurs très parlant : "How an inspiring life became distorted by politics" .

Vous avez compris, les pressions politiques (séquelles de l'Apartheid obligent), venant de la communauté noire, auraient obligé monsieur Naki à mentir sur sa biographie ou, tout au moins à laisser écrire des mensonges sur son compte. Ce qui revient au même. Ainsi, il n'aurait pas participé directement à la première greffe du coeur comme il l'aurait lui-même prétendu ! Même si le journal maintient les propos du professeur Christiaan Barnard "Il aurait été un meilleur chirurgien que moi, si on lui en avait donné l'occasion". En clair, c'est, selon "The Economist", cette nouvelle Afrique du Sud débarassée de l'Apartheid où le Noir est enfin au pouvoir, qui dans sa quête de héros noirs a presque "pris en otage" la vie extraordinaire de M. Naki. C'est pour le moins dommage et maladroit.

Heureusement, à ces détails près, Naki a eu une vie effectivement extraordinaire (au sens ethymologique du terme). Et son passage de jardinier à chirurgien est une réalité.

Lire le texte original de "How an inspiring life became distorted by politics" ici.

 
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