Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sites préférés

hit counter  Powered by Technorati

Recherche

Bienvenue

Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

Archives

11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Depuis une quinzaine de jours, la France entière vit une de ses crises sociales les plus graves : les banlieues des grandes villes sont en feu ! Au sens figuré, mais surtout - et c'est le plus grave - au sens propre ! Les voitures d'abord, puis les bâtiments publics y compris les écoles. Tout flambe ! La situation est tellement grave que le premier ministre a eu recours à une loi d'exception : l'état d'urgence ! Et pourquoi tout cela ? Comment en est-on arrivé là ?

Au départ, il y a la mort tragique de deux jeunes garçons. Se croyant poursuivis par la police (qui s'occupait de quelques délinquants du coin), ces gamins se sont réfugiés dans un local qui abritait un transformateur électrique d'EDF (Electricité de France, la compagnie nationale de fourniture de l'électricité). Ils sont malheureusement morts électrocutés par la très haute tension qui passait par ce lieu. C'est sûr que la mort d'enfant est toujours insupportable. Surtout dans ces conditions. On comprend alors la douleur des proches de ces deux adolescents. Ils ne se doutaient cependant peut-être pas, et nous avec, que ces évènements tragiques allaient fournir le prétexte à un embrasement des quartiers pauvres de toute la France. Pour une meilleure compréhension du déclenchement de cette crise, il n'est pas inutile de préciser que le ministre de l'intérieur, monsieur Nicolas Sarkozy, lors d'une visite à Argenteuil ( en banlieue parisienne ) avait eu des propos à l'endroit des jeunes du quartier qu'il visitait qui ont eu du mal à passer. Il avait promis aux habitants de les débarrasser de "la racaille" qui les empêchait de vivre tranquillement. Bien sûr, les jeunes désoeuvrés du coin n'ont pas aimé qu'on les traite de "racaille". En disant cela, je suis dans l'euphémisme ! Si on ajoute que quelques jours avant, d'autres jeunes s'étaient vus promettre par le même ministre de l'intérieur un "nettoyage au Kärcher" de leur ville ! Pour mes lecteurs non européens, Kärcher est une marque d'appareils électroménagers qui est célèbre en France pour ses nettoyeurs haute pression qui servent à nettoyer des endroits ou des surfaces vraiment sales ! Ces propos sont, pour le moins, malheureux dans ces lieux de vie difficile que sont devenues les banlieues des grandes villes françaises. Aujourd'hui, le calme semble revenir doucement. Pourvu que cela dure. C'est peut-être le moment de chercher pourquoi toutes ces nuits dernières, des voitures brûlent, des affrontements entre forces de l'ordre et émeutiers se reproduisent devant les caméras de télévisions. A mon humble avis, ces actes incensés et d'une rare violence sont le résultat d'une accumulation de frustrations d'abord, une incroyable instrumentalisation politique, sans réelle volonté de changer les choses, du "monde des banlieues" depuis plusieurs décennies ensuite.

D'abord l'accumulation des frustrations. Il faut savoir que l'écrasante majorité de ces jeunes émeutiers partagent le fait d'être : de nationalité française, d'origine négro africaine ou maghrébine, en rupture scolaire ( beaucoup ont quitté l'école en troisième sans diplôme ), au chômage sans perspective d'avenir claire. C'est un cocktail explosif, vous en conviendrez avec moi. Une cocotte minute sans trou pour évacuer la vapeur ! Sur le feu depuis des décennies ! N'imaginez pas le résultat : vous l'avez sous les yeux depuis une quinzaine de jours. Les morts malheureuses des deux jeunes dans le transformateur électrique EDF, les propos du ministre de l'intérieur n'ont été finalement que des prétextes qui ont permis au feu qui couvaient de prendre réellement. La France est, quand on se réfère à sa Constitution, un des pays les plus justes et égalitaires au monde. Sa devise - Liberté, Egalité, Fraternité - est une des plus belles que l'on puisse trouver. Mais dans la réalité de la vie de tous les jours, des injustices inadmissibles ont été traitées à la légère, voire tolérées pendant des années. Etre Noir ou Arabe est devenu un véritable handicap pour beaucoup trop de gens ! Je ne vais pas faire ici la liste complète de toutes les petites ou grandes injustices que vivent tous ceux qui sont un peu trop bronzés de peau. Je vais cependant en citer quelques unes qui vous montrent comment, ou pourquoi, on peut glisser facilement vers le découragement voire le désespoir.

D'abord dans le domaine le plus important pour tout être humain aujourd'hui : l'emploi ou l'activité professionnelle. Il y a quelques années, un jeune Français d'origine tunisienne, diplômé Bac+5 en finances et comptabilité, avait pu parler de ses difficultés à trouver du travail du fait de ses "origines". Il a eu l'idée, après des centaines d'envoi de CV (curriculum vitae) en vain aux banques et institutions financières pour avoir un entretien, de mettre un nom et un prénom bien "français" (du genre Thierry Dupont) sur son CV. Et le "miracle" se produisit. Il reçut, d'une banque avec laquelle il avait essuyé un refus poli, dans la semaine une lettre l'invitant à rencontrer le DRH (directeur des ressources humaines) pour un entretien préalable à l'embauche ! Avec, s'il vous plaît, des phrases du genre : "votre profil et votre parcours nous ont interressé au plus haut point. C'est pourquoi nous souhaitons vous rencontrer..." ! Tout cela alors que le CV était exactement le même que celui qui avait rencontré un refus poli. Cela s'appelle de la discrimination à l'embauche. Et théoriquement, en France, la loi punit toute discrimination liée à la race, au sexe, à la religion etc. On pourrait citer des tas d'exemples de ce type pour des personnes de race noire aussi. Imaginez alors, si ce genre de discrimination arrive à un diplômé Bac+5, ce que peuvent vivre des milliers de jeunes adultes qui ont quitté l'école trop tôt et sans diplôme !

Le deuxième domaine où la discrimination liée aux "origines" fait des ravages dans le pays, c'est le logement. Là aussi, il faut savoir que la couleur de peau est devenue un argument d'attribution de logement. Cela a commencé dans le privé où certaines agences immobilières vous disent carrément, et avec le sourire s'il vous plaît, "le propriétaire ne souhaite pas louer son appartement à une personne de couleur". Nous sommes désolés !" . No comment ! Aujourd'hui ce qui est grave, c'est que cette discrimination au logement atteint le secteur public. En effet, dans l'attribution de logement social du parc public, aujourd'hui des familles d'origine africaine ou arabe peuvent attendre quinze ans avant de se voir attribuer un logement HLM ! C'est impensable dans certaines couches de la population. Et du coup ces malheureux s'entassent dans des immeubles insalubres au risque d'y perdre la vie (voir l'article de Jds.blog sur les incendies de Paris) ou d'hypothéquer l'avenir de leurs enfants. Et quand les familles obtiennent enfin une HLM (habitation à loyer modéré), "on" s'arrange pour que le logement soit situé dans un immeuble déjà occupé par d'autres familles d'immigrés ! Ce qui m'amène à un autre constat.

Aujourd'hui, beaucoup trop d'enfants de parents immigrés ont du mal à l'école. Ce n'est sûrement pas à cause d'une sorte de tare congénitale liée à leur origine. Ou d'une quelconque prédisposition à la délinquance et au refus de l'école ! Mais quand on voit la précarité dans laquelle vivent certaines familles, on comprend que la réussite scolaire va relever du miracle. Quand on y ajoute qu'aujourd'hui, la seule porte de sortie qu'offre le système scolaire scolaire français est l'apprentissage (en clair une voie professionnelle très tôt : à 16 ans !), et que trouver un stage n'est pas facile quand on habite ces quartiers "sensibles" qui sont en flamme aujourd'hui, on comprend alors l'impasse dans laquelle sont engagées toutes ces forces vives d'un pays comme la France.

Je passe rapidement sur ce que j'appelle les "petites misères quotidiennes" de tous les "bronzés naturels" français : difficultés à rentrer dans certaines boîtes de nuit, contrôle policier régulier "au faciès" quand on se promène la nuit, surveillance "rapprochée" dès qu'on entre dans un magasin, vérification électronique du billet de banque qu'on vient de donner à la caissière alors le copain blanc vient de donner la même coupure sans provoquer autant de méfiance etc.

Tout cela se passe quotidiennement. Les pouvoirs publics ne peuvent pas dire qu'ils ne savaient pas. Toutes sortes de signaux d'alerte ont été donnés. Le mouvement associatif alerte tous les jours les dirigeants de ce pays. SOS Racisme, le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et d'autres font du "testing" (exemple : deux membres de l'association, l'un blanc et l'autre noir, essaient de louer un appartement : le noir essuie un refus, le blanc arrive à avoir l'appartement), et montrent régulièrement la réalité des discriminations raciales. Et personne ne fait rien. Ou si peu. Dominique de Villepin a bien mis dans son gouvernement un sociologue d'origine maghrébine,  Azouz Begag, comme ministre chargé de "l'égalité des chances" ! Sauf que ce dernier est traité en sous - ministre par ses collègues du gouvernement. Et pendant ce temps, les discriminations continuent quand même.

Tout cela crée forcément une montagne de frustations, d'humiliations et autres vexations enfouies qui finissent par exploser un jour. Un chiffre : le taux de chômage des moins de 25 ans dans certaines banlieues françaises atteint 50 % ! Pendant que la moyenne nationale est autour de 10 %. On comprend alors que ces jeunes ont mal à leur "francité". Excusez ce néologisme qui signifie simplement un ensemble de valeurs et de sentiments d'appartenance à la communauté nationale. Ils ont dans la poche une Carte Nationale d'Identité française et ont le sentiment qu'ils ne font pas partie de ce pays. Il ne faut pas chercher ailleurs les causes de cet embrasement de la banlieue.

Aujourd'hui, il faut naturellement en appeler au calme. Je trouve dommage que ces jeunes brûlent les voitures des habitants de leurs propres quartiers. Ces gens sont leur compagnons de "galère". Et n'ont pas plus de moyens qu'eux. C'est absurde ! Et de toutes façons, rien ne se réglera dans la violence. Il faut en être convaincu.

Aux pouvoirs publics maintenant de prendre toutes les mesures pour qu'enfin un jeune français dont les parents viennent d'ailleurs ne se sente plus Français de seconde catégorie ou de de seconde zone. Il en va de l'avenir de ce pays. Ce serait trop dommage que ce pays, qui par bien des aspects est formidable, ne régresse. Simplement parce que ses responsables ont regardé ailleurs pendant trop longtemps.

Lire l'interview dans Libération de Trevor Phillips : "La France nie la question ethnique"

La vision de la presse africaine selon Libération

Le quotidien Le Monde se penche sur l'echec de la politique de la ville

L'émission "J'ai rendez-vous avec vous" de la chaîne française France 2 du 27 novembre 2005 animée par Rachid ARHAB

 

M. Mady DANFAKHA

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
commenter cet article
21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 23:00

Dans ce petit post, je voulais juste vous faire part d'une petite découverte sur le site de tv5, la chaîne francophone de télévision. En effet, j'ai découvert les fiches actalités du site : les actufiches. J'ai été tellement étonné par la richesse et la clarté de ces pages, que j'ai décidé de partager cette mine avec vous. Car le savoir c'est le pouvoir ! On ne trompe que ceux qui ne savent pas ! Alors allez-y sans modération. Il y en a pour tous les goûts. Les étudiants et chercheurs africains qui n'ont pas d'encyclopédie à disposition seront ravis, j'en suis sûr ! Et c'est gratuit !

Cliquez ici pour vous informer ! A vous les actufiches !

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans MES EVASIONS
commenter cet article
15 octobre 2005 6 15 /10 /octobre /2005 23:00

Jeudi 15 octobre 1987, samedi 15 octobre 2005 : il y a exactement 18 ans mourait sous les balles de ses plus proches collaborateurs et compagnons un jeune héros de l’Afrique. Il s’appelait Thomas Sankara. Le capitaine Thomas Sankara ! Et cela se passait à Ouagadougou. En ce triste anniversaire, souvenons-nous et méditons sur ce qu’a laissé cette comète qui dans sa fulgurance a marqué une énorme partie de la jeunesse africaine.

 

 

Le capitaine Thomas Sankara

 

 

Il est né le 21 décembre 1949 à Yako dans ce qui était alors la Haute Volta. Après des études dans plusieurs académies militaires, dans son pays d’abord (en commençant par le prytanée militaire de Kadiogo) puis à l’étranger, le jeune officier rentre pour se mettre au service de sa patrie. Très jeune (il n’avait pas 30 ans), il fréquenta les allées du pouvoir. Secrétaire d’Etat puis premier ministre sous le régime militaire de Jean-Baptiste Ouédraogo, il comprit très vite l’étendue de la corruption des dirigeants et la souffrance du peuple voltaïque. Ses lectures de jeunesse sur le marxisme, ses rencontres avec des gens comme Samora Machel ou Fidel Castro (qui prétendaient appliquer le « socialisme réel ») rendaient encore plus insupportable à ses yeux le spectacle que donnaient les militaires alors au pouvoir. Sa décision était prise : il fallait renverser tous ces corrompus et instaurer une autre façon de diriger son pays. Au profit des plus pauvres.

 

 

 

Thomas Sankara

 

 

 

Le 4 août 1983 un groupe de jeunes officiers amenés par Blaise Compaoré, Jean-Baptiste Lingani et Thomas Sankara prit le pouvoir à Ouagadougou. C’était le début d’une courte mais historique période pour le pays qui allait s’appeler désormais le Burkina Faso, le « pays des hommes intègres ». Cette période ne fut pas historique que pour le Burkina Faso, mais pour l’Afrique toute entière. En effet, en quelques années un homme s’est mis à ressembler à un mot : l’espoir !

En quatre ans, Thomas Sankara est devenu l’idole de la jeunesse africaine. Du nord au sud, de l’est à l’ouest du continent, les jeunes (et les moins jeunes) l'ont admiré puis ont tremblé pour lui. Il avait tout pour séduire mais aussi pour convaincre. Chaque mot qu’il prononçait respirait la sincérité, chaque acte qu’il posait nous faisait penser : « j’aurais fait pareil ! ». Très vite, il fit comprendre qu’il fallait d’abord compter sur soi et pas sur les autres. Dans une Afrique qui était habituée à l’assistanat en vivant des « largesses » de l’Occident, cela détonnait. Certaines mesures furent même traitées de démagogiques par ses adversaires. Ainsi, quand il revendit tout le parc de véhicules de luxe des ministères pour leur acheter des Renault 5, ou quand il imposa aux personnalités publiques de s’habiller avec du tissu fabriqué au Burkina Faso (le fameux « Faso Dan Fani ») lors des cérémonies officielles certains rirent sous cape ! Et pourtant ! Cela nous semblait tellement évident à nous lycéens de l’époque. Nous pensions : « pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ? Et surtout pourquoi pas partout en Afrique ? ». N’étions-nous pas le continent le plus pauvre ? Ne côtoyions-nous pas suffisamment la misère au quotidien pour savoir que c’était indécent de rouler en grosses berlines allemandes dans les quartiers si pauvres de nos villes poussiéreuses ? Le pouvoir de Thomas Sankara était comme cela. Une envie sincère de sortir l’Afrique de sa désastreuse situation politique. Une proximité incroyable avec le peuple (ses jogging dans les rues accompagné de la population des quartiers populaires étaient mémorables !). Des mesures simples pour rétablir la justice sociale etc. On en oubliait qu’il était marxiste et que son régime était dit « révolutionnaire ». Tout ce que nous avions retenu, c’était que cet homme était sincère, aimé de son peuple et surtout intègre. Et pour tout cela, il représentait l’espoir de tout un continent. Espoir parce que si lui réussissait à redresser la barre au Burkina Faso, des millions de jeunes Africains s’engouffreraient dans la brèche ainsi ouverte. Et c’est pour cela qu’il était devenu dangereux pour beaucoup de vieux dictateurs africains et leurs tuteurs occidentaux. Nous avions tous peur pour lui. Et lors d’une interview prémonitoire qu’il avait accordée au journaliste de Jeune Afrique Sennen Adriamirado, il disait que si quelqu’un de son entourage proche décidait de l’assassiner, il n’y aurait pas de parade. Il avait malheureusement vu juste : c’est son fidèle « ami » et compagnon de révolution Blaise Compaoré qui lui prit le pouvoir et la vie ce maudit jeudi 15 octobre 1987 en plein après midi ! Thomas Sankara n'avait pas encore 38 ans ! En quelques rafales d’arme automatique, on venait de tuer l’espoir !

Aujourd’hui, ses assassins sont devenus des personnalités « respectables ». Et monsieur Blaise Compaoré, toujours au pouvoir, est considéré même par certains comme un sage de l’Afrique ! A nous il nous reste juste son image, ses propos simples et pleins de sincérité. Quelquefois, un poster replié depuis qu’on a quitté nos chambres d’étudiants. L’Afrique a aujourd’hui besoin d’un autre Thomas Sankara. Pour que renaisse l’Espoir !

 

Lire le récit des évènements du jeudi 15 octobre 1987.

Visitez un site consacré à Thomas Sankara.

 

M. Mady DANFAKHA

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans DES RAISONS D'ESPERER
commenter cet article
10 octobre 2005 1 10 /10 /octobre /2005 23:00

Après les dramatiques évènements de Ceuta et Melilla, après la série effroyable d’incendies à Paris qui ont coûté la vie à une cinquante de personnes originaires d’Afrique noire, pendant que des personnes, de la même origine négro africaine, se font expulser des logements insalubres qu’ils ont trouvés en région parisienne pour abriter leur dignité sans certitude d’être relogés, pendant que toutes ces tragédies de la communauté africaine en Europe se déroulent sous nos yeux tous les soirs, c’est avec une grande émotion que j’ai découvert « l’appel à l’insurrection des consciences » samedi 08 octobre 2005 sur le plateau de l’émission "Tout le monde en parle" de la chaîne de télévision française France 2. Ce texte admirable, adopté par le congrès de la Ligue française des Droits de l’Homme en juin dernier, était lu par deux grands comédiens français : Muriel Robin et Guy Bedos. Quelle claque ! J’ai décidé de vous faire découvrir ce morceau d’espoir. Il nous redonne foi en l’Homme. Bonne lecture.

« APPEL À L’INSURRECTION DES CONSCIENCES »

Adopté par le 83ème congrès de la LDH - 5 juin 2005

Des hommes, des femmes, des enfants, sont, aujourd’hui, pourchassés, traqués, empêchés de vivre parce qu’ils ne détiennent pas les quelques grammes de papiers qui sont le sésame de leur dignité.

Ce sont les sans-papiers, venus des anciennes colonies françaises ou d’ailleurs. Ils illustrent les dérèglements du monde, les injustices qui mobilisent la charité ou les dictatures qui provoquent notre effroi. Ils sont venus, souvent au péril de leur vie, parfois la proie de réseaux mafieux qui prospèrent grâce à la fermeture de nos frontières. Ils n’ont commis aucun crime, sauf à considérer que vouloir vivre à toute force et construire un avenir meilleur pour ses enfants n’est pas le droit de chaque membre de la famille humaine.

Après avoir modifié la loi de la pire manière qui soit, le gouvernement aggrave les mesures prises contre les étrangers en les transformant en gibier d’une chasse indigne et, pire encore, en boucs émissaires des maux de la société française. A l’arbitraire de la loi s’ajoute l’arbitraire des pratiques quotidiennes de ceux et de celles à qui l’on a enseigné, pendant des décennies, qu’un étranger est avant tout un fraudeur, tout simplement parce qu’étranger. Les drames deviennent quotidiens tandis que, de toute part, enflent les réflexes xénophobes. Enfants arrêtés en classe, utilisés comme appâts pour arrêter les parents, ou confiés aux services sociaux sous les yeux de leurs parents. Impossibilité de se nourrir, de se soigner, de se loger autrement qu’entre caves et murs suintant la misère, parfois au péril de sa vie, contraints à être exploités par des employeurs négriers sous l’œil complaisant des pouvoirs publics, tout simplement avoir la peur au ventre lors de chaque mouvement, la rue devenant un espace d’insécurité légale.

Cela, c’est la vie quotidienne de dizaines ou de centaines de milliers de personnes. Toutes les déclarations martiales n’empêcheront pas cette réalité de subsister, voire de croître. De proche en proche, ce sont les étrangers en situation régulière qui sont victimes du même ostracisme, marqués aux sceaux des pires représentations, terrorisme et délinquance. Puis ce sont ceux et celles qui, de nationalité française, ressemblent à ces étrangers à priori délinquants, et subissent les mêmes avanies, les mêmes violences policières. Enfin, ce sont tous les habitants de France qui sont fichés parce que, simplement, accueillant leurs parents ou leurs amis. S’aimer est soumis à autorisation et à l’œil inquisiteur des autorités.

Ces mesures, cette politique créent le désespoir et attisent la haine. Elle s’empare de tous, y compris de ceux qui, par leur histoire ou leurs principes, devraient y être les plus opposés. Elle est indigne des principes qui fondent une démocratie, elle est tout le contraire de la France que nous aimons et de l’Europe que nous voulons. Nous savons que tout n’est pas simple et que nul ne détient de solutions magiques, mais nous savons aussi que ce n’est pas en agitant les vents mauvais de la xénophobie que nous répondrons à l’irrépressible envie de vivre de ces personnes.

Aujourd’hui, lors de notre 83ème congrès réuni à Lille les 3, 4 et 5 juin 2005, parce que, depuis plus d’un siècle, la LDH sait d’expérience que le sort réservé aux étrangers est révélateur de l’état d’une démocratie et de fraternité, nous en appelons à une autre politique qu’il nous faut construire au cours d’un réel débat démocratique. D’ores et déjà, nous n’admettrons plus que ces souffrances s’étalent dans nos villes, sur nos trottoirs ou dans nos écoles. La reconnaissance des étrangers, de leur humanité et donc de leurs droits passe par leur régularisation sans délai. C’est pourquoi, nous en appelons à l’insurrection des consciences.

Résolution d’urgence adoptée à l’unanimité, par acclamation.

Source : Ligue des droits de l’ Homme
Visitez le site de la Ligue des Droits de l'Homme - France (LDH - France)

Visitez le site de Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH)

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans DES RAISONS D'ESPERER
commenter cet article
4 octobre 2005 2 04 /10 /octobre /2005 23:00

C’est une lapalissade que de dire qu’en ce moment le monde ne va pas très bien. Les guerres le disputent aux actes terroristes, les catastrophes naturelles se multiplient aux quatre coins du monde. Les actes les plus insensés sont commis tous les jours sous nos yeux par des gens « ordinaires ». Et parfois en direct à la télé ou alors (parce qu’une caméra de touriste trainait par là !) en léger différé. Et en Afrique, on se déchire toujours entre nous avec de plus en plus de sophistication dans l’horreur qui le dispute, par ailleurs, à la bêtise ! Et pour certains c’est la religion qui « justifie » toutes les folies…

Aujourd’hui pourtant, il y a quelque chose de symbolique dans le domaine religieux qui s’est produit. Et pour moi, le symbole est très fort : les juifs entrent dans la nouvelle année pendant que les musulmans entrent dans le mois béni de Ramadan. Et les deux évènements coïncident. Ce qui est rarissime. Je voudrais dire à cette occasion à mes amis musulmans et juifs de saisir cette occasion pour se donner la main, se souhaiter les meilleures choses. Je sais que la majorité d’entre eux ne m’a pas attendu pour le faire. Heureusement. Mais c’est pour la minorité d’entre nous qui glisse de plus en plus vers les extrêmes. Puisse cette image de leurs frères se congratulant leur inspirer d’autres sentiments et d’autres comportements que le spectacle regrettable que nous déplorons tous au proche et moyen Orient. A mes frères Sénégalais, j’ai envie de dire : « profitez du calme et du recueillement inhérents à ce mois béni de Ramadan pour regarder de près ce qu’est devenu le Sénégal ». Il n'appartient qu'à nous de faire en sorte qu'il y fasse bon vivre ! Chacun. Individuellement.

A tous et à toutes, je voudrais dire : Shana tova et Ramadan moubarak !

 

M. Mady DANFAKHA

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans DES RAISONS D'ESPERER
commenter cet article
29 septembre 2005 4 29 /09 /septembre /2005 23:00

La mobilisation et la solidarité ont payé. Monsieur et madame Mekhelleche ont été libérés du centre de rétention où ils étaient détenus depuis le 18 septembre 2005. Cette excellente nouvelle vient après des jours d’inquiétude de toutes les associations et personnes touchées par cette affaire. Surtout inquiétude et incompréhension de la séparation d’avec leurs deux enfants (7 ans et 3 ans) imposée par les autorités. Je vous demandais de répondre à l’appel à manifester du Réseau Education Sans Frontières dans ces colonnes. Eh bien bravo ! Vous avez été nombreux à y répondre. Et cela a porté ses fruits. Car c’est le ministre de l’intérieur lui-même, monsieur Sarkozy, qui devant l’émotion soulevée par cette tentative d’expulsion des parents a demandé au préfet de la Seine Saint Denis d’y surseoir.

Comme quoi, la mobilisation de tous, la solidarité humaine toute simple permettent d’éviter des injustices et des drames. C’est le lieu de remercier tous les enseignants et parents d’élèves de l’école des petits, les membres du Réseau Education Sans Frontières, les militants du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), du GISTI et de tous les mouvements associatifs sans oublier les simples Français moyens qui ont été révoltés par cette affaire. Vous avez tous gagné ! Mais la lutte continue. Il y en a encore tellement à défendre. Tellement qui risquent de voir s’effondrer comme un château de cartes des années d’efforts et de souffrance pour une vie meilleure... pour les leurs. Il ne faut pas s’habituer à l’insupportable !

Lire le communiqué du MRAP.

Visiter le site du RESF.

 

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
commenter cet article
27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 23:00

Deux enfants de 3 ans et 7 ans sont séparés de leurs deux parents menacés d’expulsion vers l’Algérie depuis le 18 septembre 2005. Et si rien n’est fait, ces deux jeunes enfants risquent de ne plus voir leurs parents pour longtemps. En effet, d’après des sources bien informées, l’expulsion des parents est prévue pour le vendredi 30 septembre 2005 à 10 heures ! On a du mal à imaginer qu’on puisse séparer d’aussi jeunes enfants de leur père et de leur mère. Et pourtant c’est ce qui risque de se passer si personne ne bouge. Heureusement les associations se sont de nouveau mobilisées pour empêcher l’expulsion de ce couple d’Algériens qui a eu le malheur de vouloir offrir à ses enfants une vie meilleure que la leur. Ils vivent en France depuis plusieurs années. L’un des enfants est d’ailleurs né en France. C’est pour que ces enfants, qui ne vont plus à l’école depuis 10 jours, retrouvent leurs parents (et définitivement) que le Réseau éducation sans frontières (RESF) appelle à une manifestation de soutien à cette famille le jeudi 29 septembre 2005 à partir de 16 heures 30 devant l’école Edouard Vaillant à Pantin (l’école d’un des petits). C’est au métro « 4 chemins – Pantin – Aubervilliers ». Si vous le pouvez, soyez-y.

Lire le communiqué du RESF.

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
commenter cet article
26 septembre 2005 1 26 /09 /septembre /2005 23:00

Le quotidien français « Libération », dans son édition du mardi 27 septembre 2005, n’y va pas par quatre chemins. C’est simple, il intitule l’article de deux de ses journalistes, Christophe Ayad et Marie-Laure Josselin, sur la crise politique au Sénégal : « Sénégal : Abdoulaye Wade élimine un rival encombrant » ! Au moins, eux y voient clair. Parce que, vu l’imbroglio politico financier qu’est devenue la guerre terrible déclenchée entre le président Wade et son ex premier ministre, ex fils spirituel et ex dauphin, Idrissa Seck, on se demande qui en veut à qui et qui fait quoi. Surtout quand on lit les déclarations du chef de la mission d’enquête de l’IGE (Inspection générale d’Etat) et les commentaires qu’elles ont suscitées, on cherche encore le Sénégal que certains d’entre nous ont connu ! Pourvu seulement qu’ils épargnent le Sénégal. Je parle de celui qui survivra. Car c’est certain, après eux, la république du Sénégal existera encore. Dans quel état ? Je l’ignore.

Lire l’article du quotidien « Libération ».

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LE SENEGAL
commenter cet article
24 septembre 2005 6 24 /09 /septembre /2005 23:00

Le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés) vient de publier deux ouvrages utiles : « Les droits des étudiants étrangers en France » et « Les jeunes et la nationalité française ». Je vous les recommande chaudement ! Quand on sait que depuis quelques années, en France, les textes de loi sur l’entrée et le séjour des étrangers ont changé à plusieurs reprises, on comprend combien il est important d’être au diapason. Vivre dans un pays, c’est en respecter les lois et règlements. Et comme nul n’est censé ignorer la loi, bonne lecture.

Voir les publications du GISTI.

Visiter le site du GISTI.

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
commenter cet article
24 septembre 2005 6 24 /09 /septembre /2005 23:00

Dans l’article publié hier, vous avez pu prendre connaissance de la situation dans laquelle se trouve madame Makombo et sa famille. Vous avez aussi pris connaissance de la pétition « Vous nous prenez pour qui ? ». Il vous était proposé de la télécharger et de la faire signer avant de l’envoyer par la Poste. Je reviens vers vous, aujourd’hui, pour vous dire qu’il est désormais possible de signer la pétition directement depuis votre ordinateur. Simplement en cliquant sur le lien ci-dessus. Vous pourrez ainsi ajouter votre nom à la liste de tous ceux qui ont choisi de rester humains en se battant pour donner à une mère de famille la possibilité d’élever, dans le calme et la sérénité, ses enfants. Et pouvoir leur donner un avenir. Merci pour eux.

Signer la pétition.

Repost 0
Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
commenter cet article