Le 22 juin 2005, à Genève, l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) a publié son Rapport 2005 intitulé « Etat De
la Migration Dans Le Monde en 2005 ». ce rapport est sous-titré « Costs And Benefits Of International Migration ». Il n’y a pas besoin d’être expert de la langue de SHAKESPEARE pour comprendre l’angle d’attaque de ce rapport. Signalons au passage c’est la toute première étude globale ayant jamais été faite de la question !
D’entrée, le communiqué de presse de l’OIM situe le problème. Je le cite : « Bon nombre des inquiétudes que suscite l’immigration, comme les pertes d’emplois, la baisse des salaires, la hausse des dépenses de sécurité sociale et la croyance selon laquelle les migrations échappent à tout contrôle, sont non seulement exagérées ou infondées, mais elles sont aussi contredites par les faits. »
Le rapport qui dénonce !
Rien que cela ! Ouf… On avait fini par croire que les immigrés étaient responsables de tous les problèmes des pays occidentaux. Tant il est vrai, comme je le disais dans un précédent article, qu’il y a une certaine promptitude de certains hommes politiques à dégainer une nouvelle loi sur l’immigration dès qu’il y a le moindre problème sociopolitique en Europe.
Mais ce n’est pas fini. Le meilleur est à venir. On apprend ainsi que « en Afrique, les flux de migration internationale, qui s’opèrent au sein même du continent plutôt qu’en direction de l’outre-mer, ont régressé au cours des 30 dernières années, puisque, de 12 % alors, ils ne représentent plus que 9 % de la population aujourd’hui, et c’est là une tendance qui se reproduit dans plusieurs autres régions. Seules deux régions du monde ont vu augmenter leur population de migrants: l’Amérique du Nord et l’ex-Union soviétique. » « On » (suivez mon regard…) avait fini par faire croire à tout le monde que chaque Africain en se réveillant le matin pensait : « comment je fais pour aller en Occident ? » !
Selon le rapport toujours, « l’idée selon laquelle les immigrés constituent plus un fardeau qu’un atout pour les pays d’accueil ne résiste pas aux faits. Au Royaume-Uni, par exemple, une étude récente du Ministère de l’Intérieur, a établi qu’en 1999-2000, les immigrés ont rapporté, par le biais des impôts, 4 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont reçu sous la forme de prestations diverses. Aux Etats-Unis, le Conseil national de la recherche a estimé que l’immigration avait généré un revenu national supplémentaire de 8 milliards de dollars en 1997. » Bravo Uncle Sam !
S’agissant des emplois que les immigrés prendraient aux nationaux, les conclusions du rapport sont sans appel ! Je le cite : « pour un vaste éventail d’emplois en Europe occidentale, il est rare que les immigrés et les travailleurs locaux se trouvent en concurrence directe. Les immigrés occupent des postes à tous les niveaux de compétences, mais surtout aux deux étages extrêmes du marché du travail, ceux des postes les plus et les moins qualifiés, et fréquemment dans des emplois que les nationaux sont soit dans l’incapacité soit peu désireux d’occuper. » On ne peut être plus clair !
Maintenant, venons-en à
la Santé et à la couverture sociale. Secteur on ne peut plus problématique dans certains pays européens. Très souvent en déficit abyssal. En France, on appelle cela le « Trou de
la Sécu » ! Qui a inventé d’ailleurs cette expression ? Euh… Bon passons. Il y a des choses plus malheureuses. Toujours est-il que le rapport de l’OIM signale qu’ « il n’y a pas de raison que les migrants en situation régulière pèsent d’un poids plus lourd que la population du pays d’accueil dans la mesure où ils paient des impôts. Quant aux migrants en situation irrégulière, qui s’exposent aux risques les plus élevés pour leur santé » et « ils sont moins enclins à solliciter les services médicaux ». Donc le « Trou… », ce n’est pas la faute de Mamadou ou de Mouloud ni même de Zang Zé !
Et pour finir, dans tout cela, ils arrivent à envoyer un peu de sous au pays. Un peu beaucoup d’ailleurs. En effet, selon les experts de l’OIM, le rapatriement de fonds est très important. « En 2004, il dépassait déjà les 100 milliards de dollars » au point que « désormais, cette source de fonds rivalise sérieusement avec l’aide au développement dans bon nombre de pays ». ! Eh bien... On n’aurait pas imaginé cela tout seul, dis donc !
Mais c’est là où c’est bien pour les pays riches (genre G8, Forum de Davos et compagnie) qui n’arrêtent pas de dire qu’il faut aider les pays pauvres sources d’immigration à se développer afin d’y fixer les malheureux qui seraient tentés de venir en Occident. Maintenant, on peut leur dire, ceux que vous avez envie d’expulser s’en occupent déjà ! Laisser-les travailler et dormir en paix dans leur 9 m2 et ils fixeront aux pays ceux qui vivent de leur travail.
Pour finir, j’ai envie de dire que ce Rapport de l’OIM mériterait une diffusion plus large. Et pourtant, depuis le 22 juin 2005, les occasions n’ont pas manqué pour les grands média. Nous savons que les clichés ont la peau dure. Mais, à force de les dénoncer et de les démonter, la réalité finira peut-être par éclater à la figure de certains. Bravo à l’OIM pour ce travail colossal qui remet certaines choses à leur vraie place !
Pour en savoir plus cliquez sur : World Migration Report 2005.
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