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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !
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bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !
Les Etats-Unis d'Amérique ont ouvert, comme chaque année, sur l'Internet leur site pour les candidats à l'émigration désireux de gagner un visa long séjour pour aller vivre au pays de l’oncle Sam. Cette loterie, car c’en est une, est ouverte à tout le monde a priori. Les inscriptions sont donc ouvertes, exclusivement par le Net, du 05 octobre 2005 au 04 décembre
Quand on sait la détresse de certaines populations africaines qui ne souhaitent qu’une chose : aller ailleurs afin de retrouver l’espoir d’une vie meilleure, on comprend que la « Diversity Visa Lottery » suscite de l’intérêt. En témoigne l’article du journal marocain « Al Bayane » consacré à cette affaire.
Lire l'article du journal Al Bayane.
Visiter le site de la "Diversity Visa Lottery".
Vous vous souvenez peut-être de la mésaventure qui était arrivée à la star de la télévision américaine Oprah Winfrey il y a quelques semaines. De passage à Paris le 14 juin 2005, la présentatrice vedette du show qui porte son nom, avait voulu faire des courses à la boutique de luxe Hermès. En vain. Il était 18 heures 45 minutes et le magasin s’apprêtait à fermer ses portes. Malgré son insistance, elle et ses accompagnateurs (gardes du corps, agent, secrétaire etc.) furent éconduits poliment mais fermement. Une vendeuse lui propose même de revenir le lendemain. Seulement quand on s’appelle Oprah Winfrey, on a un emploi du temps over booké ! Elle dut donc renoncer, furieuse, à ses achats ! Elle retourna donc aux Etats-Unis dégoûtée.
En reprenant son talk-show à la télévision, elle s’empressa de raconter à ses téléspectateurs ses déconvenues parisiennes. Et l’explication qu’elle trouva au refus du magasin de la servir était : « c’est parce que je suis noire ! ». Et ça, c’est grave. Donc elle demande simplement à tous ses fans de boycotter les magasins Hermès partout dans le monde. Parce qu’une marque qui accepte la discrimination raciale ne mérite pas qu’on entre dans ses magasins pour y dépenser de l’argent. Quand on sait que madame Winfrey est milliardaire et que son « Oprah Winfrey Show », qu’elle anime depuis 20 ans, est regardée dans plus de 110 pays, on prend sa demande de boycott au sérieux ! Et apparemment sa menace a eu des effets. Moins de trois mois après, c’est le président de HERMÈS USA himself, qui est venu présenter ses excuses à la star de la télévision. L’homme, monsieur Chavez, s’est dit désolé de ce qui est arrivé et a même annoncé que désormais le personnel de sa marque a été briefé pour que ce genre de désagrément n’arrive plus. C’est clair ! Du coup madame Winfrey, la cinquantenaire triomphante, a décidé de lever sa menace de boycott. Comme on dit : selon que vous êtes puissant ou misérable…
L’Organisation des Nations Unis s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire. C’est en principe, surtout en Afrique, un âge ou on devient sage et respecté. Eh bien, force est de constater que ce n’est pas le cas de l’ONU. Jamais l’organisation internationale n’a été aussi controversée.

Monsieur Kofi Annan
Depuis l’attaque de l’Irak par les Etats-Unis, au mépris des résolutions de l’ONU et des ses inspecteurs sur le terrain, le siège de New York et son prestigieux locataire n’ont cessé d’être dans la tourmente : scandale de l’affaire « pétrole contre nourriture » (qui a même valu au fils de Kofi Annan d’être soupçonné de malversations financières), la question de l’utilité de l’ONU, de ses capacités d’action, la question de la justification du droit de veto accordé à cinq pays sur près de 175, la poussée des pays réclamant un siège permanent au Conseil de Sécurité etc. Il a même été question de faire disparaître l’ONU et la remplacer par une organisation plus en phase avec le 21ème siècle, de la même manière que l’ONU a remplacé la défunte SDN (Société Des Nations). C’est ce qui rend intéressant cette interview exclusive de plus de vingt-six minutes qu’accorde le secrétaire général de l’ONU, le ghanéen Kofi Annan, à TV5. Et en français s’il vous plait !
Les derniers articles que j’ai mis en ligne ont été inspirés par des évènements dramatiques touchant la communauté noire dans le monde en général, et la communauté africaine de Paris en particulier. Certaines choses m’ont mis en colère et d’autres m’ont rendu très triste. Mais toujours est-il qu’aujourd’hui ces évènements m’obligent à une introspection sur notre devenir en tant que peuples de race noire dans le monde. Je rassure tout de suite mes lecteurs : il ne s’agit nullement d’un quelconque sectarisme, ni d’un racisme d’un autre type. Car ma conviction est que ce monde est déjà métissé, multiculturelle et multiethnique. Il le sera davantage dans les décennies à venir. C’est ce que je crois. N’en déplaise aux adeptes de la séparation des races ou de l’horrible « pureté des races ». J’en profite d’ailleurs pour saluer l’extraordinaire mobilisation des Français de souche (tout blancs qu’ils soient !) lors de la manifestation organisée samedi 03 septembre 2005 dans les rues de Paris pour soutenir les rescapés des incendies et demander le relogement des Africains expulsés de leurs squats. Merci à ses Français ordinaires admirables d’humanité. Eux qui sont loin de tout calcul politique ou électoraliste. Encore merci.
Je suis donc partisan du mélange, de la cohabitation entre les peuples et les races. Et dans ce « rendez-vous du donner et du recevoir », comme aimait à le définir le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, je me demande ce que nous pouvons être fiers de donner au monde. Non pas que je doute de ce que le Noir Africain peut amener de positif au monde (nos cultures et nos valeurs peuvent, à mon avis, débarrasser le monde de beaucoup de ses travers), mais mon inquiétude est qu’aujourd’hui, si certaines habitudes ne changent pas, si un vrai changement de mentalités ne s’opère pas en nous, nous aurons disparu du banquet des peuples avant d’avoir quoique ce soit à proposer.
Si aujourd’hui, nous sommes tous tristes et en colère devant les images qui défilent sur nos écrans de télé ou dans les pages de nos journaux ou magazines, si nous trouvons insupportables ces incendies où meurent des dizaines d’entre nous, si nous avons du mal à voir ces expulsions d’Africains de leur squats insalubres, si les expulsions manu militari d’Africains sans papiers à Roissy ou à Orly nous donnent envie de descendre de l’avion, Il me semble que nous devons nous poser des questions. Si nous sommes aussi choqués par les images des Afro-américains de New Orleans attendant hagards qu’on veuille bien venir les secourir, nous devons nous poser des questions. Et je me suis posé des questions. Bonnes ? Mauvaises ? Je n’en sais rien. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut s’en poser et surtout essayer d’y répondre.
D’abord, en ce qui concerne les problèmes des Noirs Africains en France, je me suis d’abord demandé comment se fait-il que depuis tant d’années ils soient de moins en moins considérés, que leur dignité soit de plus en plus foulée au pied, que de sans-papiers ils passent à sans-logis et maintenant certains en arrivent à être sans vie ? Et ces questions, on pourrait se les poser à l’échelle européenne car désormais la tendance est continentale (voir un précédent article de Jds.blog). Sans exonérer les autorités des pays d’accueil de leur responsabilité, mes réponses, je suis allé les chercher en Afrique même. Et le pays que j’y connais le mieux est le mien : le Sénégal.
Le Sénégal a été pendant longtemps une exception en Afrique. Pendant que les coups d’état militaires faisaient florès ailleurs sur le continent, le pays offrait au monde l’image d’une stabilité politique remarquable. Malgré quelques insuffisances, la démocratie sénégalaise se portait plutôt bien. Le président Senghor se permettait même de quitter le pouvoir de lui-même sans être battu à un quelconque scrutin ni renversé par un coup de force. Il estimait simplement qu’il était temps de passer la main. Il était le premier parmi les « pères fondateurs » des nouveaux états indépendants d’Afrique noire à faire un tel geste. Et le nombre de choses qui restaient à créer dans une si jeune démocratie nous donnait le sentiment, à nous les jeunes collégiens de l’époque, qu’on ne devait pas s’inquiéter pour notre avenir ni pour celui de notre pays. Aujourd’hui, nous sommes loin de cette image et de cet optimisme. Comment est-ce arrivé ?
Au cours de mes fréquents voyages au pays j’ai constaté, et beaucoup de mes compatriotes dans ma situation avec moi, qu’en quelques années une sorte d’obsession s’était emparée d’une partie de la jeunesse : quitter le pays ! Et par tous les moyens. Quoiqu’il en coûte ! Vivre au Sénégal était-il devenu si difficile ? Pour eux oui. Au point de vouloir quitter ce qu’on a toujours connu, au point de vouloir affronter ce qu’on ne connaît pas, de se mettre en danger pour une réussite très hypothétique. On peut en penser ce qu’on veut, mais on ne peut pas blâmer un homme qui cherche une vie meilleure pour lui et les siens. Je me suis donc demandé comment le Sénégal est-il tombé économiquement malade au point que ses enfants veuillent le fuir. Et pourtant, ce ne sont pas les intellectuels de haut niveau qui lui manquent. A l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Ne serait-ce qu’en France. Chaque jour, des Sénégalais s’illustrent dans les directions des plus grandes entreprises françaises, des étudiants sénégalais décrochent des diplômes d’enseignement supérieur parmi les plus convoités ici. Même le cliché de l’Africain paresseux et roublard vole en éclats : les Sénégalaises qui travaillent dans les entreprises de nettoyage ou qui sont assistantes maternelles sont très appréciées de leurs employeurs pour la qualité et le sérieux de leur travail. Et je signale en passant que les organisations internationales ne sont pas en reste : Abdou Diouf le Secrétaire Général de
En effet cette mentalité qui s’est installée insidieusement dans le pays est en train de compromettre gravement l’avenir du Sénégal. A force de laxisme, de mauvaise foi, de népotisme, d’improvisations les classes dirigeantes ont installé dans le pays une culture du « non effort » : en faire le minimum possible ! Tout le monde, du coup, devient partisan du moindre effort. En se disant : pourquoi en ferais-je plus alors que le patron n’en fout pas une ! Cela s’appelle du sabotage à grande échelle. Inconsciemment, on détruit l’économie d’un pays tout entier. Mais on s’en fiche, du moment que les dirigeants et leurs enfants sont à l’abri. Ils possèdent d’ailleurs des résidences secondaires et des comptes en banques bien garnis dans ces pays qui expulsent leurs compatriotes sans-papiers ! Je ne vous apprends peut-être pas grand-chose en disant cela, mais aujourd’hui le contexte est sensiblement différent : des hommes et des femmes meurent de vouloir fuir la misère. C’est insupportable.
Alors vous imaginez ma colère et ma déception quand, à travers la presse sénégalaise, je découvre, chaque jour un peu plus, l’installation tranquille de l’arbitraire. La politique a désormais perdu toute sa noblesse dans ce Sénégal qui nous avait offert une alternance politique dans la pure tradition démocratique en mars 2000. Abdoulaye Wade avait succédé à Abdou Diouf ouvrant un énorme espoir. Aujourd’hui on est loin de ces moments d’euphorie collective. Et on craint le pire. La politique est devenue alimentaire. On s’en fiche des populations, du moment qu’on remplit sa gamelle à soi ! Les retournements de veste spectaculaires ne dérangent plus personne. Imaginez, au lendemain de la défaite de Lionel Jospin en 2002, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn prenant leur carte d’adhérents à l’UMP de Sarkozy ! Impensable bien sûr. Eh bien cela se passe tous les jours dans le Sénégal d’aujourd’hui : le grand n’importe quoi ! Comment s’étonner après cela que les petites gens n’y croient plus. Et comment s’étonner qu’elles aient envie de s’éloigner de tout cela !
Ce que je dis du Sénégal pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres pays d’Afrique noire. Il est largement temps de se battre pour que les mentalités changent afin de se donner de réelles chances de nous en sortir. Dans le sérieux, le courage. Surtout le courage. Il est temps de nous regarder dans la glace et de regarder en face ce que nous sommes devenus. C’est le meilleur moyen de refuser cet état de parias du monde qui nous colle à la peau. Car c’est fini le temps où, par orgueil et fierté mal placés, nous niions les travers que les autres nous montraient. C’est à ce prix seulement que nous pouvons redresser la barre, marcher la tête haute sur cette Terre. Et c’est possible, car nous portons en nous la majeure partie des solutions à nos problèmes.
Vous avez tous vu, comme moi, les images de New Orleans après l’ouragan Katrina. Au-delà du fait que nous assistions, une fois de plus, aux conséquences terribles d’un déchaînement de dame Nature. Au-delà du fait que nous constations, ahuris, que la première puissance mondiale était totalement débordée par les évènements et incapable de faire face, nous faisions au fil des images un constat effrayant : la catastrophe était devenue raciale ! En effet, toutes les victimes ou rescapés, en lambeaux errant dans les rues ou implorant du secours du toit de leur habitation, étaient des Noirs ! Exceptés quelques personnes âgées ou malades de race blanche. Comment cela se fait-il ? Il y avait pourtant des Blancs dans cette ville !
En fait, ceux qui sont restés dans la ville après l’alerte donnée par les autorités demandant d’évacuer la ville sont tout simplement les plus pauvres ! Car pour partir, il fallait un minimum de choses : une voiture, quelques provisions de nourriture, du cash sur soi, une bonne carte bancaire avec les comptes en soldes créditeurs qui vont avec. De quoi voir venir. Et cela, les plus pauvres n’en avaient pas. Ils se débrouillaient au jour le jour. Ces pauvres parmi les pauvres, c’est la communauté noire de cette partie des Etats-Unis d’Amérique. Katrina a contribué rendre visible aux yeux du monde, mais aussi et surtout aux yeux des Américains, cette sous société qui était là et qui était… invisible ! Ceux qui l’ignoraient découvrent que derrière les stars de race noire comme Oprah Winfrey, Michael Jordan ou Beyonce Knowles, il y a des millions d’Afro-américains qui vivent dans une très grande misère.
Je n’irais pas jusqu’à dire, comme certains, que si les secours ont tardé à arriver, si le président Bush a mis plusieurs jours avant de daigner se déplacer sur les lieux, c’est parce qu’il s’agissait de Noirs ! Mais tout de même, laisser à l’abandon des hommes, des femmes et surtout des enfants qui ont tout perdu, pendant plusieurs jours… alors qu’on vote des rallonges à coup de dizaines de milliards de dollars pour aller se battre en Irak, c’est pour le moins coupable. Mais en tout état de cause, ces évènements doivent, si besoin en était, alerter la conscience de tout être humain de race noire sur la terrible condition qui a été, qui est, et qui sera (si nous ne faisons rien pour changer les choses) celle de l’écrasante majorité d’entre nous sur cette Terre.

