Au Niger, la famine s’est installée. Les images horribles que les moins jeunes d’entre nous ont connues dans les années 80 occupent de nouveau la une des médias. Il y a une vingtaine d’années, c’était l’image du petit garçon ou de la petite fille d’Ethiopie le regard vide, la peau devenue presque grise, les jambes squelettiques et le ventre ballonné qui hantait nos nuits. Aujourd’hui cet enfant est nigérien. Les mêmes images à la télé, à la une des journaux… Le cauchemar recommence !
Il y a vingt ans, le monde s’était mobilisé pour sauver l’Ethiopie : les Nations Unies, les pays riches, les artistes du monde entier (« We are the World », « Tam-tam pour l’Ethiopie », « Live Aid » etc.). Le monde entier, les Africains en premiers, avait été suffisamment choqué pour qu’on ait pu penser que ce genre de chose n’arrivera plus. D’autant plus que c’est possible de l’empêcher. On peut légitimement se poser alors la question de savoir comment cela a-t-il pu se reproduire au Niger. Surtout pour un pays qui n’est pas en guerre.
Les explications évoquées sont multiples : sécheresse (pluviométrie en baisse), invasion acridienne (les criquets pèlerins), faiblesse des moyens (le Niger est un des pays les plus pauvres de la planète) et surtout mauvaise gestion de la crise par les Autorités de Niamey (la capitale du pays). Et ce dernier point me parait difficile à comprendre.
Que les catastrophes naturelles arrivent, on peut comprendre que ce soit difficile de les empêcher. Mais quand une accumulation de paramètres défavorables apparaît dans un laps de temps très court (en quelques mois), il me semble qu’il est du devoir des dirigeants du pays de tirer la sonnette d’alarme le plus rapidement possible. Demander de l’aide si nécessaire.
La Solidarité
internationale a aujourd’hui les moyens de stopper l’évolution catastrophique de la situation des populations en difficulté. On l’a vu avec le Tsunami en Asie l’année dernière. Pour la première fois on a entendu une ONG demander qu’on arrête d’envoyer de l’argent ! Alors empêcher la que la famine s’installe …
Malheureusement selon plusieurs observateurs, le gouvernement a longtemps tergiversé, semblant même vouloir résoudre le problème sans aide extérieure, avant de constater son impuissance. De précieux mois auront été perdus dans ce combat contre la faim. Prévenir est, tout de même, une des tâches d’un gouvernement.
Hélas, aujourd’hui on en est à constater que la famine s’est installée. Elle sera d’autant plus difficile à éradiquer.
Lire le dossier que le quotidien "Libération" consacre au Niger.
Commentaires