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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

   

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture ! 
 

LE SENEGAL

Mercredi 8 juin 2005

Depuis quelques semaines, le Sénégal connaît des soubressauts politiques qui s'agravent de jour en jour. C'est inquiétant. Et il me semble que tout ce que le Sénégal compte aujourd'hui d'hommes et de femmes responsables doit faire tout pour y mettre un terme. Avant qu'on n'atteigne un point de non retour.

Mésentente au sommet


Tout commence par une "rivalité" de personnalités de premier plan de la vie politique du pays. Au sommet du parti au pouvoir, cette "rivalité", alimentée par des personnes au mieux mal informées au pire mal intentionnées, atteint son point culminant avec le limogeage du premier ministre de l'époque Idrissa SECK. Que l'on trouve ce limogeage juste ou injuste, bien ou dommageable pour le pays, là n'est pas la question. Dans tout pays démocratique respectueux de ses institutions, un changement de gouvernement est dans l'ordre normal des choses. Ce sont les suites de cet évènement au Sénégal qui nous inquiètent fortement aujourd'hui.

Idrissa SECK à gauche avec le président WADE

Idrissa SECK (à gauche) avec le président WADE

(source : www.confidentielsn.com)


En effet, une tension vive est née de ce limogeage, au sein même du parti des deux plus importants protagonistes de l'affaire : le président de la République Abdoulaye WADE et son ex-premier ministre. Le PDS (Parti Démocratique Sénégalais) s'est alors divisé en deux camps : les "pro-Idrissa SECK" et les "anti-Idrissa SECK". Les militants sont sommés de choisir leur camp ! Le critère de détermination devenant monsieur Idrissa SECK. On est pour ou contre lui. Comme s'il ne pouvait y avoir de position de neutralité. Et très vite, les positions se sont radicalisés.
Quand ce genre de chose se passe dans un parti politique de n'importe quelle démocratie de la planète, on peut penser "c'est regrettable..." mais on sait que c'est de l'ordre du possible, même si ce n'est pas de celui du souhaitable pour le militant de base. Mais dans le cas de figure qui nous intéresse aujourd'hui cela sort de l'ordinaire pour deux raisons : d'abord la violence inouie de l'affrontement que se livrent les deux camps de cette formation politique et ensuite et surtout la position qu'occupe le PDS depuis ce fameux soir du 19 mars 2000 qui a fait basculer pour la première fois depuis l'indépendance le Sénégal dans l'alternance politique. Les libéraux du PDS ont succédé aux socialistes de PS.

De la violence


Sans trop entrer dans les détails, je voudrais vous livrer quelques faits. Lors d'un meeting du PDS en province, des manifestants qui sifflaient une ministre se sont vus attaquer violemment à coups d'armes blanches au point que l'un d'entre eux a été grièvement bléssé au bras. Et cela par des "Calots bleus" sorte de service "d'ordre" du PDS ! Quelques jours après un autre ministre subissait le même chahut à Thiès, heureusement sans les mêmes conséquences graves. Dans la foulée, la maison de monsieur SECK, l'ex-premier ministre est attaquée à coup de détritus et autres abats animaux ! Et pour couronner le tout, un responsable des jeunes du PDS se fait agresser à l'arme blanche par un de ses camarades du même parti ! Heureusement ses jours n'ont pas été en danger ! La liste de ce déchaînement de violence n'est malheureusement pas exhaustive ! A se demander si cela se passe bien dans le Sénégal de 2005 ! Et personne n'est épargné.

Des rangs qui grossissent


Depuis l'alternance, le PDS occupe une place très importante dans le pays. D'abord parce qu'il est aujourd'hui au pouvoir. Et par conséquent ses membres sont installés à tous les niveaux de l'appareil administratif de l'Etat. Et détiennent de ce fait tous les leviers sensibles de décision. Ensuite, parce qu'une certaine "pratique alimentaire" de la politique (nous y reviendrons dans un autre article) a fait migrer vers le parti au pouvoir un grand nombre de membres du parti battu en 2000 (le PS) et certaines personnalités "fatiguées" de s'opposer ! Cette pêche miraculeuse qui ne comprenait pas que du menu fretin (loin s'en faut !) a rendu le PDS presque "obèse". Du coup, une guerre fratricide au sein de cette formation politique prend très vite des proportions dantesques. Et là aussi les dégats collatéraux risquent de faire du mal à tout le pays. Personne n'est épargné.

Restons vigilants !


Au final, la lutte d'influence au sein d'un seul et même parti politique est entrain de mener le Sénégal sur un terrain dangereux à plus d'un titre. Et c'est pour celà qu'il faut, comme je le disais plus haut, tout faire pour apaiser la situation. Par tous les moyens. On ne joue jamais impunément avec la violence. le retour de flamme peut être dévastateur. Et ne l'oublions jamais, la Côte d'Ivoire a été un pays prospère et en paix. Elle a même été un pays d'immigration intra-africaine et internationale (la preuve, le nombre élevée d'Européens qui ont fait de ce pays leur seconde patrie). Nous constatons tous aujourd'hui avec désolation ce que la violence des armes a fait de ce pays. certains d'entre vous trouverons la comparaison exagérée. Peut-être. Je n'en sais rien. Ce que je sais par contre, c'est que nous ne sommes à l'abri de rien. L'enfer ce n'est pas que les autres. Restons vigilants. L'Homme s'habitue très vite à la violence. Verbale d'abord, physique ensuite et celle des armes suit "naturellement". Nous sommes tous concernés !

Par M. Mady DANFAKHA
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Jeudi 16 juin 2005

 Le dirigeant du Parti de la Réforme (PR) est en liberté provisoire depuis hier, 15 juin 2005. Il était incarcéré depuis le 30 mai pour des propos jugés graves par les autorités sénégalaises. En effet, lors d’un meeting dans la région de Kaolack, l’opposant avait invité la population à suivre l'exemple ukrainien et à renverser le président Abdoulaye Wade par des manifestations pacifiques.

 

 Même si la liberté de monsieur AGNE n’est que « provisoire », je trouve que c’est une bonne nouvelle. Parce que j’ai trouvé inadmissible, et même inquiétant, qu’on puisse au Sénégal, en 2005, incarcéré un homme politique pour de pareils propos. Les Sénégalais seraient-ils des irresponsables au point que n’importe quel appel, fut-ce d’un dirigeant politique, les amène à mettre le pays à feu et à sang ? En supposant même que le peuple se soulève contre ses dirigeants, il aurait eu, à mon avis, de bonnes raisons de le faire. Et il me semble qu’au Sénégal on est loin de cela.

 Emprisonner des hommes politiques ou des membres de la société civile pour leurs opinions doit être de l’ordre des choses révolues ! Il faut qu’on admette, une fois pour toutes, que le meilleur moyen de rester au pouvoir sans crainte d’appel au soulèvement de la population, est d’améliorer la vie du Sénégalais. C’est par la bonne gouvernance qu’on garde la confiance du peuple. Ce n’est sûrement pas en se barricadant derrière un arsenal juridique d’un autre temps. On ne se débarrasse pas de la colère populaire en emprisonnant ceux qui l’entretiennent. On leur prouve qu’ils ont tort… par l’exemple, le travail, la rigueur, la compétence, la responsabilité. Toutes choses partagées par un grand nombre de Sénégalais. Il suffit de les mettre aux affaires et de virer tous ceux qui sont à la recherche d’autre chose que l’intérêt du pays.

Par M. Mady DANFAKHA
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Jeudi 14 juillet 2005

          La capitale administrative du Sénégal pourrait changer. C’est en tout cas l’objet du vote du mardi 12 juillet 2005 des députés de l’Assemblée Nationale du Sénégal. Dakar pourrait être remplacée par Kébémer. 

            Et comme on l’imagine bien, la polémique a éclaté de suite. Eh oui, Kébémer est la ville natale du président de la République Abdoulaye Wade. Et « on » a vite fait de penser que M. Wade est en train de devenir le clone de feu Houphouët Boigny. De Abidjan à Yamoussoukro. De Dakar à Kébémer… 

          Quand bien même il serait pertinent de trouver une capitale administrative autre que Dakar, est-il judicieux que ce soit Kébémer ? Je n’en sais rien. Du moins, je l’espère. Parce qu’autrement… 

          Je vous conseillle la lecture de l’article de Afrik.com qui est consacré à ce sujet. Très intéressant.

Par M. Mady DANFAKHA
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Dimanche 24 juillet 2005

          Le Sénégal vit ces derniers jours des moments, pour le moins, particuliers. Et à mes yeux, ces moments peuvent être lourds de conséquences si les uns et les autres ne reviennent pas à de meilleures intentions, mais surtout à de meilleurs actes. Et ce serait extrêmement dommageable pour le Sénégal et pour l’Afrique toute entière si cette crise politique, car c’est de cela qu’il s’agit, ne connaissait pas une issue heureuse. Mais de quoi s’agit-il ?

 

Monsieur Idrissa SECK

 

             Depuis le 14 juillet 2005, l’affrontement entre messieurs Abdoulaye WADE, président de la République , et Idrissa SECK son ancien premier ministre est entré dans une phase judiciaire. La tension est montée d’un cran. Le conflit, que j’évoquais déjà dans un précédent article, est passé sur le terrain du Droit. Du moins c’est ce que nous avons cru.

           En effet, après avoir publiquement annoncé qu’il avait des raisons de croire que monsieur SECK s’était rendu coupable de malversations financières dans l’affaire des « chantiers de Thiès », le président WADE prévenait que la justice avait été saisie. Les effets ne se sont pas faits attendre. Le soir même le domicile de l’ex-premier ministre à Dakar était envahi par les forces de l’ordre.Tentative d'arrestation, perquisition... Le lendemain matin, celui que WADE appelait son « fils spirituel » ou son « fils » tout court était placé en garde à vue. C’était le début de huit jours à la DIC (Division des Investigations Criminelles de la Police Nationale) pour … « atteinte à la Sûreté de l’Etat ». Où est passée l’affaire des « chantiers de Thiès » ? Oubliée ! D’un soupçon de détournement de deniers publics on venait de passer à une atteinte à la sûreté de l’Etat sénégalais ! Même si on peut admettre que le droit est compliqué pour le commun des mortels, on a tout de même du mal à comprendre cette requalification express des reproches faits à monsieur SECK. Bien entendu, d’autres plus qualifiés que moi pourront vous expliquer les raisons de cette volte-face de la justice sénégalaise. Ce n’est pas le lieu, ici, d’expliciter ces raisons. Il est cependant clair que ceux qui ont déclenché ces poursuites judiciaires contre monsieur SECK sont, pour le moins, embarrassés aujourd’hui. Les derniers développements nous incitent à le penser. Ce samedi 23 juillet 2005, « Idy », comme l’appellent affectueusement ses partisans, a été mis en prison (sous mandant de dépôt) pour « atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale ». Un nouveau chef d’inculpation vient de s’ajouter. Après « détournement de fonds », puis « atteinte à la sûreté de l’Etat » voila l’  « atteinte à la défense nationale » ! Mais jusqu’où iront-ils ? Pour quel résultat ? Que cherche-t-on ? Je n’ai pas de réponse à ces questions. Mais je pense qu’il faut se les poser et chercher à leur trouver des réponses. Je pense aussi que tout cela est extrêmement grave pour le Sénégal.

 

Monsieur Abdoulaye WADE

 

             Qu’un chef d’Etat ait le souci de la bonne gestion des fonds publics est partout une très bonne chose. Quand il s’agit d’un pays africain, on a envie d’applaudir. Qu’un dirigeant de pays pauvre décide de poursuivre en justice des personnalités politiques usant de leur position pour piller les caisses publiques, nous ne pouvons que le soutenir. C’est évident. Pour l’intérêt du pays. Mais qu’on ait, à ce point, l’impression d’un règlement de comptes politiques qui se pare des habits de la justice est complètement inacceptable.

           Depuis l’affrontement entre messieurs Léopold Sédar SENGHOR et Mamadou DIA (respectivement, à l’époque, président de la République et président du Conseil – sorte de premier ministre) dans les années 1960, jamais au Sénégal l’accusation d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale » n’a été utilisée pour se débarrasser d’un adversaire politique gênant. Nous avions cru que c’était désormais du passé. Le Sénégal s’est illustré en Afrique depuis des années pour sa stabilité politique, pour sa croissance économique, pour sa paix sociale, pour ses enfants qui se distinguaient dans tous les domaines à l’extérieur du pays etc. Ce serait terrible et impardonnable si cette lutte à mort que se livrent des personnalités politiques mettait un coup d’arrêt à ces avancées. Les conséquences pourraient être dramatiques. La Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), le Rwanda, le Soudan etc. ne sont plus des exceptions. De grâce, ne dressez pas une partie d’un pays contre une autre. Simplement pour des conquêtes de positions politiques personnelles. Les conséquences ailleurs n’ont pas fini de faire des dégâts. A tous les niveaux. Car enfin ! Un adversaire politique se combat politiquement. Pas autrement. En tout cas, pas en démocratie ! J'ai envie de crier : " Ngalla, bou leen tass reew mi * ! "

Les hommes politiques passent. Les populations paieront les conséquences de leurs actes (ceux des politiques bien entendu !).

           Pour terminer, je réitère mon appel à tous les Sénégalais et non Sénégalais, amis du pays, qui le peuvent : usez de votre influence pour arrêter toute cette mascarade juridico-politique qui n’aurait jamais du commencer. Je ne suis partisan ni d’Idrissa SECK ni d’Abdoulaye WADE. Mon parti, c’est le Sénégal. Et de ce petit coin de l’Internet, j’ai envie de le défendre. De toutes mes forces. Chers lecteurs, vous êtes, je suis, nous sommes des sentinelles de la démocratie. Elle a besoin de nous. Il faut agir. Messieurs WADE et SECK sont des fils du Sénégal qui, comme les autres, peuvent faire énormément pour leur pays. Mais aujourd’hui, ils ont les moyens de le mettre à feu et à sang. Il faut que les autres fassent tout pour que cela n’arrive pas. Je me répète : nous avons admiré la Cote d’Ivoire il y a quelques années. Aujourd’hui, elle nous fait pleurer. Restons vigilants.

 

 

  

 

 

* De grâce, ne divisez pas le pays ! (en wolof, langue parlée par la majorité des Sénégalais)

Par M. Mady DANFAKHA
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Mardi 26 juillet 2005

Dans l’article que j’ai consacrée, hier, à la grave crise politique que vit le Sénégal, je terminais par un appel à toutes les personnalités de bonne volonté, d’où qu’elles viennent, pour trouver une solution entre les « belligérants » avant qu’il ne soit trop tard. Car ma crainte est de voir des scenarii à l’ivoirienne ou à la soudanaise se produire. N’oublions pas que dans ces pays, les problèmes ont commencé avec des leaders politiques en rivalités au point de vouloir s’éliminer les uns les autres. Physiquement !

J’ai été heureux de lire ce matin, sur walf.sn, « l’appel à la raison » de monsieur Masokhna Kane. Il pense, lui aussi, qu’il est important au nom du patriotisme et de l’intérêt national de « calmer le jeu en acceptant d'impliquer des médiateurs capables d'aider à trouver des solutions politiques et judiciaires apaisées ». Nous sommes donc quelques-uns à penser que les positions belliqueuses ne sont pas les plus indiquées à l’heure actuelle ! Et c’est tant mieux.

Je répète : qu’importe la couleur politique ou l’étiquette dont peuvent se réclamer ses personnalités. Ce qui nous importe, c’est leur capacité à arrêter cette folie que le pds a déclenchée en interne. Le risque est grand de voir le problème sortir du cadre du pds et dresser les Sénégalais les uns contre les autres. Faisons en sorte que cela n’arrive pas. Trouvons une sortie de crise honorable pour tout le monde. Il sera toujours temps de se combattre politiquement (et seulement politiquement !) après le retour à un minimum de sérénité. Dans l’intérêt de notre cher Sénégal.

Par M. Mady DANFAKHA
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