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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

   

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture ! 
 

Mardi 27 septembre 2005

Le quotidien français « Libération », dans son édition du mardi 27 septembre 2005, n’y va pas par quatre chemins. C’est simple, il intitule l’article de deux de ses journalistes, Christophe Ayad et Marie-Laure Josselin, sur la crise politique au Sénégal : « Sénégal : Abdoulaye Wade élimine un rival encombrant » ! Au moins, eux y voient clair. Parce que, vu l’imbroglio politico financier qu’est devenue la guerre terrible déclenchée entre le président Wade et son ex premier ministre, ex fils spirituel et ex dauphin, Idrissa Seck, on se demande qui en veut à qui et qui fait quoi. Surtout quand on lit les déclarations du chef de la mission d’enquête de l’IGE (Inspection générale d’Etat) et les commentaires qu’elles ont suscitées, on cherche encore le Sénégal que certains d’entre nous ont connu ! Pourvu seulement qu’ils épargnent le Sénégal. Je parle de celui qui survivra. Car c’est certain, après eux, la république du Sénégal existera encore. Dans quel état ? Je l’ignore.

Lire l’article du quotidien « Libération ».

par M. Mady DANFAKHA publié dans : LE SENEGAL
Dimanche 25 septembre 2005

Le jeudi 26 septembre 2002 en début d’après-midi, le bateau baptisé le Joola qui assurait une liaison maritime régulière entre Dakar et Ziguinchor au sud du Sénégal, partait du port de Ziguinchor pour Dakar. Il n’arrivera jamais à destination. Le « Joola » a coulé au large la Gambie. Ce fut la plus grande catastrophe maritime que le monde ait jamais connue ! 1863 morts officiellement ! Et quand on sait la légèreté et l’irresponsabilité qui ont accompagné l’exploitation de ce navire, on se doute qu’il y a eu près de 2000 morts. Pire que le « Titanic » ! A la veille de ce triste anniversaire, nous avons une pensée émue pour les victimes et leurs familles.

Le Joola

Au-delà du drame, il me semble important, trois ans après, de se demander si toutes les leçons ont été tirées. Et surtout si la sécurité dans les transports de voyageurs (sur terre, dans les airs ou sur l’eau) est devenue une préoccupation des autorités qui nous dirigent.

Le voyage interrompu

Même si, au vu de ce je vis à Dakar chaque fois que je prends un « Ndiaga Ndiaye » (minibus de transport urbain) ou un « dakar dem dick » (bus dakarois), je suis très sceptique. Au moment où le « Wilis » s’apprête à prendre la suite du « Joola », il ne faut pas que la sécurité redevienne une préoccupation secondaire. Pour que, plus jamais, un si épouvantable drame ne se produise.

En savoir plus sur kassoumay.com

par M. Mady DANFAKHA publié dans : LE SENEGAL
Vendredi 23 septembre 2005

Le quotidien sénégalais Wal Fadjri a publié aujourd’hui la dernière salve de l’entretien (publié en trois volets) que lui a accordé madame Nafi Ngom Keita, l’inspectrice générale d’Etat qui a dirigé l’enquête sur les présumées malversations financières dans l’affaire dite des « chantiers de Thiès ». Et comme prévu, ce n’est pas triste ! Elle balance à tout va ! On peut regarder de près cette interview et y retenir ce qu’on veut. Selon ce qu’on y cherche. Il y a cependant quelques constantes qui ressortent : d’abord, madame Ngom Keita a très peur de Abdoulaye Diop, l’actuel ministre des finances du régime de monsieur Abdoulaye Wade (président du Sénégal). Ensuite elle martèle plusieurs fois sa conviction que d’énormes sommes d’argent sont planquées, au préjudice des Sénégalais, dans quelques banques hors du pays. Elle est persuadée, enfin, que les sbires du ministre des finances veulent sa peau. Physiquement. Il s’agit de projet d’assassinat pur et simple selon elle.

Tout cela est extrêmement grave et, pour le moins, inquiétant. Pillage supposé des deniers publics, évasion financière massive, menaces, avérées ou pas, de mort sur la personne d’un haut fonctionnaire de la république ; il y a de quoi demander des clarifications et situer une fois pour toutes les responsabilités pour sortir de cette ambiance lourde et délétère. Madame Ngom Keita en aura trop dit ou pas assez !

Et tout cela devient encore plus confus (ou plus clair pour certains !?!), quand on lit sur le blog de Jules Diop, une copie d’un message de menace qui lui est adressé provenant de… madame Nafi Ngom Keita ! C’est pire que tout ce qu’on imaginait…

Faites-vous votre opinion en lisant tout cela. Yal na lii leep diour lou baakh pour rewmi !*

* Pourvu que tout cela se termine bien pour le pays ! (en wolof, langue sénégalaise).

Lire le premier volet de l’interview de madame Ngom Keita.

Lire le deuxième volet.

Lire la dernière partie.

Lire l’article de Jules Diop.

par M. Mady DANFAKHA publié dans : LE SENEGAL
Vendredi 23 septembre 2005

Ce texte est une contribution de notre ami R. L. Alissoutin sur le mariage en général, mais surtout sur le mariage au Sénégal en particulier. Bonne lecture !

Se marier par amour semble paradoxal car l’amour est libre et spontané alors que le mariage est un ensemble d’obligations préétablies. Les expressions française «se passer la corde au cou» et wolof «takk» (lier, attacher) sont assez révélatrices de l’idée de contrainte dans le mariage. Dès la conclusion du contrat de mariage, des obligations juridiques s’imposent ipso facto à chacun des époux et leur violation les expose à des sanctions civiles (divorce, dommages et intérêts,…) ou pénales (en cas d’adultère, de bigamie,...). ? Dans certaines religions, le mariage est considéré non pas comme un cadre de plaisance, mais un moyen de soumission à Dieu. Alors, se marie-t-on parce qu’on s’aime ou parce qu’on s’engage à respecter les obligations juridiques, religieuses et morales du mariage ? Les deux questions relèvent de logiques différentes. En effet, on peut se marier sans s’aimer comme on peut s’aimer sans se marier.

Beaucoup de femmes se résignent au calvaire d’un mariage désastreux, du fait de la crainte des tracasseries du divorce et des conséquences de la séparation sur la vie morale et matérielle des enfants. Le divorce traumatise toujours alors qu’aucune loi, aucune religion n’oblige les hommes et les femmes à se marier. Alors, pourquoi se marie-t-on ? Une réponse satisfaisante à une question aussi anodine que complexe ne saurait être théorique. A partir du moment où elle s’adresse à des expériences vécues, elle doit s’arrimer au réel et tendre une oreille attentive et discursive aux personnes impliquées. Dans cette perspective, nous avons réalisé un micro sondage dans 5 quartiers[1] de la région de Dakar sur un échantillon[2] de deux cent personnes (cent hommes et cent femmes). Vu le caractère sommaire de l’enquête, les résultats obtenus ne sont certes pas généralisables, mais ils tracent quelques pistes attractives dans l’optique d’une investigation plus scientifique et plus approfondie.

(Femmes) Pourquoi vous êtes-vous mariée ou pourquoi voulez-vous vous marier ?

Pour faire comme tout le monde

Pour faire des enfants

Pour être à l’abri du besoin

Par amour

Pour ne pas forniquer

En raison de la pression des parents

31 %

20 %

15 %

13 %

11 %

10 %

 

(Hommes)  Pourquoi vous êtes-vous marié ou pourquoi voulez-vous vous marier ?

Pour fonder une famille

Parce qu’il faudra le faire tôt ou tard

Par amour

Pour «s’approprier» une femme aimée

Pour avoir une compagne

Pour ne pas être mal vu

24 %

22 %

17 %

17 %

13 %

07 %

 L’amour ne serait donc pas le principal motif du mariage. Certains hommes avouent s’être engagés au mariage sur la base d’une simple photo ou d’un film, parce que c’était le seul moyen de disqualifier les autres prétendants, en attendant de réfléchir. L’attrait physique serait généralement plus déterminant chez les hommes que chez les femmes.

Il est évident que la pression sociale réduit sensiblement la liberté de se marier ou de ne pas se marier. Bien souvent, on se marie parce qu’il faut se marier, donc par pure convenance. On consent au mariage «pour faire comme tout le monde», «parce qu’il faudra le faire tôt ou tard», «pour faire plaisir aux parents», «pour ne pas être mal vu»… De nombreux parents auraient précipité le mariage de leurs enfants pour les préserver du pêché charnel et d’éventuelles naissances hors mariage. La pression économique aussi introduit des biais dans le consentement au mariage. Beaucoup de femmes n’hésitent pas à s’attacher à des hommes pour des raisons financières. Elles découvrent par la suite le supplice d’entretenir des relations physiques avec un partenaire qu’on n’aime pas et, finalement, hésitent entre la résignation et la séparation.

Il est intéressant de noter que les hommes se disent préoccupés par la famille alors que les femmes sont davantage attachées aux enfants. Il est apparu, dans les discussions, que certaines femmes se marient dans le seul dessein d’avoir des enfants légitimes ; lorsqu’elles atteignent cet objectif, elles songent à la séparation pour retrouver leur liberté. D’autres, sans oser divorcer, délaissent leur mari et les poussent, d’une certaine manière, dans les bras d’autres femmes plus attentionnées et plus aimantes.

D’autres questions subsistent. La passion qui est à l’origine du mariage peut-elle être maintenue à l’épreuve du temps ? Lorsque cette passion cède la place à la routine, les partenaires ne ressentent-ils pas un besoin de renouvellement ou de redécouverte de certaines sensations ? Est-ce là un pas heureux vers la relance du mariage ou une ouverture malheureuse vers le divorce, l’adultère ou la polygamie ? Qu’est-ce qui, en dehors de la psychose de la rupture, maintient ensemble des époux aux humeurs manifestement incompatibles ? L’entente sexuelle, l’angoisse de la solitude, l’éloignement des enfants ? Si les hommes et les femmes ne doivent se marier que parce qu’ils s’aiment, peut-on leur refuser le droit de se quitter lorsqu’ils ne s’aiment plus ? Mais en liant le maintien du lien conjugal aux humeurs respectives des époux, ne risque-t-on pas de banaliser le mariage et de désacraliser la famille ? Comment concilier la liberté individuelle de chaque époux de s’engager et de se désengager et l’intérêt collectif de la famille et de la société ?

La conception du mariage s’inspire du contexte social. En Afrique, ce contexte fait d’une aliénation de l’individu au groupe, d’une très forte immixtion des familles respectives dans la vie du couple, de pauvreté…, contribue à vicier le consentement au mariage. Bien souvent, on s’engage au mariage pour des raisons étrangères au mariage… La société ne peut prétendre à l’harmonie et à la stabilité que si les différentes alliances qui s’établissent en son sein pour donner naissance à la Famille , reposent sur des raisons saines et des motivations légitimes. Or, cette cellule fondamentale qu’est la famille se construit sur la base du mariage. Stabiliser et pacifier le corps social revient donc à assainir le mariage pour l’affranchir des dérives qui polluent la relation humaine.

Auteur : Rosnert Ludovic ALISSOUTIN

Visiter son blog.

Son adresse électronique : grefroska@hotmail.com


[1] Quartiers de Mermoz, Fann, Castors, Medina Gounas, Yeumbeul. Les principaux critères utilisés sont : la situation géographique et le niveau de vie.

[2] L’échantillonnage a été effectué selon la méthode probabiliste.

par M. Mady DANFAKHA publié dans : LE SENEGAL
Jeudi 22 septembre 2005

Au lieu de sortir de la crise déclenchée par la guerre terrible que se livrent les frères ennemis du parti démocratique sénégalais (pds, au pouvoir), le Sénégal s’enfonce ! Cette semaine, un gros pavé vient d’être jeté dans l’arène : madame Nafi Ngom Keita, chef de la mission de l’IGE (Inspection Générale d’Etat) qui rendu le fameux rapport d’enquête sur l’affaire dite des « chantiers de Thiès », a décidé de rompre le silence. Malgré la réserve qui doit être observée par chaque inspecteur d’Etat dans l’exercice de ses fonctions. Et elle balance du lourd ! Elle serait tout simplement menacée de mort. Rien moins que cela ! Le Sénégal serait-il devenu un endroit où faire son travail serait synonyme de risquer sa vie ? Exagère-t-elle ? Toujours est-il qu’elle s’en prend très violemment à monsieur Abdoulaye Diop, actuel ministre des finances du Sénégal.

Selon elle, elle aurait subi des tentatives de corruption de la part de monsieur Diop pendant son enquête. Et quand on lit entre les lignes, elle pense que des hommes à la solde de monsieur Diop essaient de l’assassiner. Et elle aurait d’autant plus peur qu’elle a le sentiment que ce ministre est « protégé »… en haut lieu. Par qui ? Va savoir... Elle en est convaincue dans la mesure où Idrissa Seck (ancien premier ministre) et Salif Bâ (ancien ministre) sont déjà en prison alors que Diop est toujours en liberté. Mieux il est encore ministre des finances ! Tout cela devient très confus et… très dangereux pour l’avenir et la stabilité politique du Sénégal. En plus le déballage, qui a fait l’effet d’une bombe dans les milieux politiques, n’est pas fini. Le journal Wal Fadjri (dans lequel madame Nafi Ngom Kébé a choisi de s’exprimer) ayant décidé de distiller chaque jour un peu plus de révélations.

Je le répète : les hommes politiques passent, le pays, ses populations et ses institutions restent. Et il est inadmissible que des querelles de personnes et des positionnements politiques (en vue d’élections) au sein d’un parti (fut-ce le parti au pouvoir) conduisent le pays au bord du gouffre ! Le pire n’est jamais certain, mais alerter évite de déplorer. Soyons vigilants.

Lire la première partie de l'interview accordée à Walf Fadjri par Nafi Ngom Keita.

Lire la deuxième partie de cette interview.

par M. Mady DANFAKHA publié dans : LE SENEGAL
 

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