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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:27

Cette semaine a été très agitée dans les milieux politiques et économiques français. La raison de cette agitation : l’agence de notation Standard And Poor’s a envoyé, « par erreur », à certains de ses abonnés un message d’alerte indiquant que la note de la France a été dégradée (downgrading dans la langue de Shakespeare). Cette note est actuellement AAA, la plus haute possible pour la dette d’un état.

 

La diffusion de cette information par les média a mis dans tous ses états la classe politique. D’abord ceux qui nous gouvernent, ensuite ceux qui tentent de prendre leur place. Dans un second temps, on a vu défiler sur les plateaux des chaînes de télévisions toutes sortes d’experts en questions économiques afin de « décrypter » pour les pauvres ignorants que nous sommes les enjeux de cette situation. Comme tout le monde, j’ai essayé de comprendre ce qui venait de se passer.

Que signifie cette note AAA de la France ?

La première question qu’on peut se poser est : que signifie cette note AAA de la France ? J’ai appris alors qu’il y a quelques agences dites de notation, Standard and Poor’s, Moody’s, Fitch Rating etc., qui évaluent constamment et donnent des notes à des entreprises, des collectivités, des Etats. L’évaluation portant sur leur capacité à rembourser leurs dettes, le niveau de risque auquel on s’expose en leur prêtant de l’argent. Ces notes prennent évidemment des aspects abscons : AAA, AA+, A2+ etc. Sûrement pour que le commun des mortels n’y comprenne rien. On a cependant vite compris que pour la France, la note était bonne. Heureusement, la deuxième puissance économique européenne ne pouvait espérer moins.

Plus de 1600 milliards d’euros 

Deuxième question : Pourquoi une baisse de cette note est si difficile à supporter, voire catastrophique pour nos gouvernants ? Parce que, nous expliquent les experts convoqués par les chaînes de télévision, la France serait obligée d’emprunter à des taux plus élevés, la confiance des banques baissant… Et d’explications en décryptages, le Français moyen assis confortablement dans son fauteuil comprend que derrière toute cette agitation, il y a la grande peur de tomber dans la situation des Grecs. Eh oui ! Le schéma est le même : l’État s’endette énormément, pour faire face aux charges il emprunte pendant qu’il rembourse et que les intérêts de la dette courent. Tant que la confiance règne, le système continue et la dette atteint des sommets. Pour la France la dette est de plus de 1600 milliards d’euros actuellement, soit plus de 84 % du PIB de la France ! Rien que pour les intérêts, au taux actuel d’un peu plus de 3 % (qui augmentera si la note est abaissée), la France rembourse plus de 48 milliards d’euros par an ! Hallucinant ! Tout d’un coup, on comprend pourquoi, le ministre français de l’économie, François Baroin, a demandé, tout de suite après que Standard and Poor’s a reconnu que son alerte a été publiée par erreur, qu’une enquête soit ouverte par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour savoir ce qui s’est passé. Est-ce un acte de malveillance délibéré destiné à discréditer la France ? Veut-on précipiter la France dans la situation de la Grèce et de l’Italie qui ont perdu respectivement leur Premier Ministre et leur Président du Conseil ? Le risque est réel. D’autant plus réel que quelques jours avant, on apprenait que l’agence Moody’s mettait sous surveillance la note de la France, en se posant clairement la question de savoir si la France méritait toujours son triple A d’une part, et que des rumeurs disaient que la banque Goldman Sachs conseillait à ses clients de « parier » sur la chute des places boursières européennes d’autre part.

La stabilité d’un Etat

Clairement, il apparait que de la décision de quelques financiers dépend la stabilité d’un Etat. Car la conséquence de tout cela, c’est que pour donner le change, les Etats multiplient les plans de rigueur : augmentation des impôts de toutes sortes, baisse de la participation de l’état dans les services publics, licenciement des fonctionnaires, allongement de l'âge de la retraite etc. Toutes décisions qui n’auront qu’un résultat : la multiplication des manifestations, des grèves et autres conflits sociaux. In fine, la déstabilisation des gouvernements en place.

Arriver au contraire du but recherché

Et le pire, c’est qu’avec de telles mesures d’austérité destinées à rassurer les agences de notations, on réussira l’exploit d’arriver au contraire du but recherché. Car si vous plongez les populations dans un tel stress, elles préfèreront consommer moins et épargner le peu qu’elles ont encore. Si la consommation baisse, la croissance de l’économie baisse. Et la récession guette. Et quand il n’y a pas de croissance, il y a moins de recettes pour l’État. Ce qui entraîne un pouvoir de remboursement de ses dettes moindre ! Et là, ces fameuses agences de notation auront une bonne raison de dégrader la note de l’État. Le cercle vicieux se sera installé sans qu’on sache comment en sortir. On marche sur la tête !

 

Il est temps que le courage politique reprenne le pas sur le diktat de la Finance !

 

M. Mady DANFAKHA

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
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