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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:10

Les peuples n’apprennent-ils rien de l’Histoire ? La mémoire des peuples est-elle si courte ? Ne voyons-nous pas ce qui se passe autour de nous ? Je n’ai aucune envie de répondre par l’affirmative à ces questions. Et pourtant… Quand je vois ce qui s’est passé au Sénégal il y a quelques semaines, j’ai peur des réponses à ces questions.

Nous savons tous que les périodes pré-électorales sont toujours très agitées dans tous les pays. Le Sénégal ne fait pas exception. Sauf que pour lui, les enjeux pour les échéances de 2012 ont pris des proportions rarement vécues dans le pays. Au psychodrame politico-juridique de la validité de la candidature du président de la République à un troisième mandat s’est ajouté un débat dont nous aurions mieux fait de faire l’économie : le soupçon de clanisme ou de tribalisme dont fait l’objet un des candidats déclarés à l’élection présidentielle de février 2012. C’est nouveau. C’est grave. C’est inquiétant.

C’est nouveau parce que depuis son indépendance, le Sénégal n’a jamais connu en période électorale des attaques ethniques à l’encontre d’un des candidats. Il y a bien eu, lors de scrutins locaux des remarques sur l’appartenance ethnique de tel ou tel autre candidat. Mais cela s’adressait surtout aux partis politiques qui tentaient, pour le faire élire à l’Assemblée Nationale par exemple, de « parachuter » un candidat qui serait battu dans sa circonscription d’origine. Alors on lui cherchait une circonscription plus « facile » pour se faire élire. C’est une pratique que l’on peut déplorer, mais qui existe dans les plus grandes démocraties. En France par exemple, le futur « parachutage » électoral de Cécile Duflot à Paris alors qu’elle habite en banlieue parisienne a valu à cette candidate écolo toutes sortes de reproches. Ce sont les dérives du jeu démocratique. Rien d’infamant.

Quand, il y a quelques semaines, par le biais d’un journal d’abord, le candidat Macky SALL a été attaqué sur ses origines pulaar (une des ethnies du Sénégal), c’était inédit. Ensuite un débat malsain s’est installé. Monsieur SALL a été accusé d’ethnocentrisme, d’être « l’otage » de son ethnie, de vendre le Sénégal à une ethnie, de bénéficier de financement de Pulaar de la diaspora dont l’argent pourrait être « sale » etc. Encore une fois, c’est nouveau. Le Sénégal avait jusqu’ici évité ce genre de bêtise intellectuelle.

C’est grave. Car on semble oublier que ce qui a caractérisé le Sénégal moderne aux yeux du reste du monde c’est sa capacité à faire vivre, depuis plusieurs décennies, des populations d’ethnies  différentes, de religions différentes, de races différentes en excellente harmonie. Qu’on soit Noir, Blanc, Wolof, Sérère, Mandingue, Pulaar, Diola, Soninké, croyant ou athée, on est d’abord Sénégalais. C’est ce qui nous réunit. C’est ce qui nous fait vivre ensemble, en bonne intelligence. Les Sénégalais, en grande majorité musulmans, n’ont-ils pas porté à leur tête pendant vingt ans monsieur Léopold Sédar SENGHOR qui était chrétien ? Ce même  SENGHOR n’était-il pas sérère alors que l’ethnie qui dominait la classe politique était wolof ? Les Sénégalais se sont-ils soulevés parce que pendant des décennies cette même ethnie wolof trustait les postes de responsabilité ? Est-il jamais venu à l'esprit d'un Sénégalais d'attaquer les origines françaises de monsieur Jean COLIN qui a été minitre de l'Intérieur du Sénégal pendant des années ? À ce sujet, je conseille la lecture de l’excellente contribution de monsieur Fadel DIA dans Sud Quotidien. Attaquer monsieur Macky SALL sur ce thème c’est ouvrir la boîte de Pandore. Et c’est exposer le Sénégal à un scénario inquiétant.

Un scénario inquiétant en effet. Ne voit-on pas ce que les divisions ethniques ont produit comme catastrophes sur le continent africain ? La Côte d’Ivoire, autrefois joyau de la sous-région ouest africaine, n’a connu pendant dix ans que la destruction et la désolation. Le Rwanda a offert au monde le pire génocide sur cette planète. Et les conséquences ont embrasé pendant des années la région du Kivu en République Démocratique du Congo. Le Kenya a aussi connu des heures sombres du fait de l’irresponsabilité de certains de ses hommes politiques. Enfin a-t-on oublié les origines de la crise en Casamance ? Oui c’est même très inquiétant. Il est donc nécessaire de mettre fin à ce type d’attaques irresponsables contre un homme politique. Je précise que je n’ai absolument rien à voir avec monsieur SALL et son parti politique. Je constate juste que c’est dangereux et irresponsable d’installer dans l’opinion publique ce genre d’idées. Aujourd’hui, c’est lui. Demain ce sera le tour de qui ? Pour moi, les seuls critères de choix du futur président de la République qui vaillent sont l’intégrité, le souci sincère de sortir les Sénégalais des difficultés actuelles, la volonté farouche de faire du Sénégal une démocratie moderne  où le sentiment d’impunité de certains aura disparu.

Je l’ai abordé au début de mon propos : nous devons apprendre de l’Histoire. Individuellement et collectivement. Et ce que nous apprend celle de l’humanité en général et la nôtre en particulier, c’est que nous avons une capacité d’autodestruction insoupçonnée. N’en usons pas.

 

M. Mady DANFAKHA

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LE SENEGAL
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