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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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5 septembre 2005 1 05 /09 /septembre /2005 23:00

Les derniers articles que j’ai mis en ligne ont été inspirés par des évènements dramatiques touchant la communauté noire dans le monde en général, et la communauté africaine de Paris en particulier. Certaines choses m’ont mis en colère et d’autres m’ont rendu très triste. Mais toujours est-il qu’aujourd’hui ces évènements m’obligent à une introspection sur notre devenir en tant que peuples de race noire dans le monde. Je rassure tout de suite mes lecteurs : il ne s’agit nullement d’un quelconque sectarisme, ni d’un racisme d’un autre type. Car ma conviction est que ce monde est déjà métissé, multiculturelle et multiethnique. Il le sera davantage dans les décennies à venir. C’est ce que je crois. N’en déplaise aux adeptes de la séparation des races ou de l’horrible « pureté des races ». J’en profite d’ailleurs pour saluer l’extraordinaire mobilisation des Français de souche (tout blancs qu’ils soient !) lors de la manifestation organisée samedi 03 septembre 2005 dans les rues de Paris pour soutenir les rescapés des incendies et demander le relogement des Africains expulsés de leurs squats. Merci à ses Français ordinaires admirables d’humanité. Eux qui sont loin de tout calcul politique ou électoraliste. Encore merci.

Je suis donc partisan du mélange, de la cohabitation entre les peuples et les races. Et dans ce « rendez-vous du donner et du recevoir », comme aimait à le définir le poète président sénégalais Léopold S. Senghor, je me demande ce que nous pouvons être fiers de donner au monde. Non pas que je doute de ce que le Noir Africain peut amener de positif au monde (nos cultures et nos valeurs peuvent, à mon avis, débarrasser le monde de beaucoup de ses travers), mais mon inquiétude est qu’aujourd’hui, si certaines habitudes ne changent pas, si un vrai changement de mentalités ne s’opère pas en nous, nous aurons disparu du banquet des peuples avant d’avoir quoique ce soit à proposer.

Si aujourd’hui, nous sommes tous tristes et en colère devant les images qui défilent sur nos écrans de télé ou dans les pages de nos journaux ou magazines, si nous trouvons insupportables ces incendies où meurent des dizaines d’entre nous, si nous avons du mal à voir ces expulsions d’Africains de leur squats insalubres, si les expulsions manu militari d’Africains sans papiers à Roissy ou à Orly nous donnent envie de descendre de l’avion, Il me semble que nous devons nous poser des questions. Si nous sommes aussi choqués par les images des Afro-américains de New Orleans attendant hagards qu’on veuille bien venir les secourir, nous devons nous poser des questions. Et je me suis posé des questions. Bonnes ? Mauvaises ? Je n’en sais rien. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut s’en poser et surtout essayer d’y répondre.

D’abord, en ce qui concerne les problèmes des Noirs Africains en France, je me suis d’abord demandé comment se fait-il que depuis tant d’années ils soient de moins en moins considérés, que leur dignité soit de plus en plus foulée au pied, que de sans-papiers ils passent à sans-logis et maintenant certains en arrivent à être sans vie ? Et ces questions, on pourrait se les poser à l’échelle européenne car désormais la tendance est continentale (voir un précédent article de Jds.blog). Sans exonérer les autorités des pays d’accueil de leur responsabilité, mes réponses, je suis allé les chercher en Afrique même. Et le pays que j’y connais le mieux est le mien : le Sénégal.

Le Sénégal a été pendant longtemps une exception en Afrique. Pendant que les coups d’état militaires faisaient florès ailleurs sur le continent, le pays offrait au monde l’image d’une stabilité politique remarquable. Malgré quelques insuffisances, la démocratie sénégalaise se portait plutôt bien. Le président Senghor se permettait même de quitter le pouvoir de lui-même sans être battu à un quelconque scrutin ni renversé par un coup de force. Il estimait simplement qu’il était temps de passer la main. Il était le premier parmi les « pères fondateurs » des nouveaux états indépendants d’Afrique noire à faire un tel geste. Et le nombre de choses qui restaient à créer dans une si jeune démocratie nous donnait le sentiment, à nous les jeunes collégiens de l’époque, qu’on ne devait pas s’inquiéter pour notre avenir ni pour celui de notre pays. Aujourd’hui, nous sommes loin de cette image et de cet optimisme. Comment est-ce arrivé ?

Au cours de mes fréquents voyages au pays j’ai constaté, et beaucoup de mes compatriotes dans ma situation avec moi, qu’en quelques années une sorte d’obsession s’était emparée d’une partie de la jeunesse : quitter le pays ! Et par tous les moyens. Quoiqu’il en coûte ! Vivre au Sénégal était-il devenu si difficile ? Pour eux oui. Au point de vouloir quitter ce qu’on a toujours connu, au point de vouloir affronter ce qu’on ne connaît pas, de se mettre en danger pour une réussite très hypothétique. On peut en penser ce qu’on veut, mais on ne peut pas blâmer un homme qui cherche une vie meilleure pour lui et les siens. Je me suis donc demandé comment le Sénégal est-il tombé économiquement malade au point que ses enfants veuillent le fuir. Et pourtant, ce ne sont pas les intellectuels de haut niveau qui lui manquent. A l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Ne serait-ce qu’en France. Chaque jour, des Sénégalais s’illustrent dans les directions des plus grandes entreprises françaises, des étudiants sénégalais décrochent des diplômes d’enseignement supérieur parmi les plus convoités ici. Même le cliché de l’Africain paresseux et roublard vole en éclats : les Sénégalaises qui travaillent dans les entreprises de nettoyage ou qui sont assistantes maternelles sont très appréciées de leurs employeurs pour la qualité et le sérieux de leur travail. Et je signale en passant que les organisations internationales ne sont pas en reste : Abdou Diouf le Secrétaire Général de la Francophonie , Lamine Diack le président de la Fédération Internationale d’Athlétisme, maître Sidiki Kaba le président de la Ligue internationale des Droits de l’Homme, pour ne citer que ceux-là sont des Sénégalais. Comment un pays regorgeant d’autant de talents et de ressources humaines a-t-il pu conduire une partie de sa jeunesse au désespoir qui conduit à vouloir quitter son pays au péril de sa vie ? Une partie de la réponse se trouve dans l’article publié il y a quelques temps dans ces colonnes sous le titre : « Et si le Sénégal refusait le développement ? ».

En effet cette mentalité qui s’est installée insidieusement dans le pays est en train de compromettre gravement l’avenir du Sénégal. A force de laxisme, de mauvaise foi, de népotisme, d’improvisations les classes dirigeantes ont installé dans le pays une culture du « non effort » : en faire le minimum possible ! Tout le monde, du coup, devient partisan du moindre effort. En se disant : pourquoi en ferais-je plus alors que le patron n’en fout pas une ! Cela s’appelle du sabotage à grande échelle. Inconsciemment, on détruit l’économie d’un pays tout entier. Mais on s’en fiche, du moment que les dirigeants et leurs enfants sont à l’abri. Ils possèdent d’ailleurs des résidences secondaires et des comptes en banques bien garnis dans ces pays qui expulsent leurs compatriotes sans-papiers ! Je ne vous apprends peut-être pas grand-chose en disant cela, mais aujourd’hui le contexte est sensiblement différent : des hommes et des femmes meurent de vouloir fuir la misère. C’est insupportable.

Alors vous imaginez ma colère et ma déception quand, à travers la presse sénégalaise, je découvre, chaque jour un peu plus, l’installation tranquille de l’arbitraire. La politique a désormais perdu toute sa noblesse dans ce Sénégal qui nous avait offert une alternance politique dans la pure tradition démocratique en mars 2000. Abdoulaye Wade avait succédé à Abdou Diouf ouvrant un énorme espoir. Aujourd’hui on est loin de ces moments d’euphorie collective. Et on craint le pire. La politique est devenue alimentaire. On s’en fiche des populations, du moment qu’on remplit sa gamelle à soi ! Les retournements de veste spectaculaires ne dérangent plus personne. Imaginez, au lendemain de la défaite de Lionel Jospin en 2002, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn prenant leur carte d’adhérents à l’UMP de Sarkozy ! Impensable bien sûr. Eh bien cela se passe tous les jours dans le Sénégal d’aujourd’hui : le grand n’importe quoi ! Comment s’étonner après cela que les petites gens n’y croient plus. Et comment s’étonner qu’elles aient envie de s’éloigner de tout cela !

Ce que je dis du Sénégal pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres pays d’Afrique noire. Il est largement temps de se battre pour que les mentalités changent afin de se donner de réelles chances de nous en sortir. Dans le sérieux, le courage. Surtout le courage. Il est temps de nous regarder dans la glace et de regarder en face ce que nous sommes devenus. C’est le meilleur moyen de refuser cet état de parias du monde qui nous colle à la peau. Car c’est fini le temps où, par orgueil et fierté mal placés, nous niions les travers que les autres nous montraient. C’est à ce prix seulement que nous pouvons redresser la barre, marcher la tête haute sur cette Terre. Et c’est possible, car nous portons en nous la majeure partie des solutions à nos problèmes.

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LE MONDE
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commentaires

jean-christophe 06/09/2005 20:54

re salut

j'ai ecris un commentaire deja sur un autre article du blog je voulais dire j'aime pas trop l'esprit de dire race etc etc en faite c'est prouver de maniere scientifique et pour moi la valeur des scientifique est honnete et sur donc la notion de race je crois existe en faite par les politique et ceux qui ont des interet il existe pas de race et je pense pas que les africain est un continent qui a plus souffert que les autre en europe sa ete pareille le vieux continent a connu les pire guerre de l'humanite dont la seconde guerre mondial a fait plus de 50 millions de mort c'est inimaginable et impensable mais telle est l'humanite sont lot de bonne et mauvaise chose franchement je pense pas que l'afrique faut pas etre fataliste parceque c'est partout pareille la misere la pauvrete et bien d'autre chose et je trouve meme que la misere en europe est bien plus dur a vivre que dans bien d'autre pays parceque ici une societe materialiste marque par la technologie elle aurait du etre humaine mais c'est pas le cas la technologie est indivualiste et egoiste les gens sont fiere et meprisant bien sur je generalise pas en faite je considere pas non plus qu'un pays ou un continent est mieux qu'un autre chaque region du monde a son histoire son passe son avenir son destin je n'ai jamais pense que les usa etait mieux que les autre moi une fois j'ai entendu un copain il me disait les usa il sont pas bon mais efficace et on a bien vue dernierement avec le cyclone katrina je crois que se pays la etait vulnerable comme beaucoups donc voila et sinon je sais que les black sont eparpiller partout dans le monde par leur desir ou par la force des chose mais c'est la meme chose pour les europeen qui d'angleterre ont immigre vers le nouveau monde et bien d'autre encore c'est pas typique de l'europe ou l'afrique mais c'est universelle voila je voulais juste dire cela aller au revoir a tous