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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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23 juillet 2005 6 23 /07 /juillet /2005 23:00

          Le Sénégal vit ces derniers jours des moments, pour le moins, particuliers. Et à mes yeux, ces moments peuvent être lourds de conséquences si les uns et les autres ne reviennent pas à de meilleures intentions, mais surtout à de meilleurs actes. Et ce serait extrêmement dommageable pour le Sénégal et pour l’Afrique toute entière si cette crise politique, car c’est de cela qu’il s’agit, ne connaissait pas une issue heureuse. Mais de quoi s’agit-il ?

 

Monsieur Idrissa SECK

 

             Depuis le 14 juillet 2005, l’affrontement entre messieurs Abdoulaye WADE, président de la République , et Idrissa SECK son ancien premier ministre est entré dans une phase judiciaire. La tension est montée d’un cran. Le conflit, que j’évoquais déjà dans un précédent article, est passé sur le terrain du Droit. Du moins c’est ce que nous avons cru.

           En effet, après avoir publiquement annoncé qu’il avait des raisons de croire que monsieur SECK s’était rendu coupable de malversations financières dans l’affaire des « chantiers de Thiès », le président WADE prévenait que la justice avait été saisie. Les effets ne se sont pas faits attendre. Le soir même le domicile de l’ex-premier ministre à Dakar était envahi par les forces de l’ordre.Tentative d'arrestation, perquisition... Le lendemain matin, celui que WADE appelait son « fils spirituel » ou son « fils » tout court était placé en garde à vue. C’était le début de huit jours à la DIC (Division des Investigations Criminelles de la Police Nationale) pour … « atteinte à la Sûreté de l’Etat ». Où est passée l’affaire des « chantiers de Thiès » ? Oubliée ! D’un soupçon de détournement de deniers publics on venait de passer à une atteinte à la sûreté de l’Etat sénégalais ! Même si on peut admettre que le droit est compliqué pour le commun des mortels, on a tout de même du mal à comprendre cette requalification express des reproches faits à monsieur SECK. Bien entendu, d’autres plus qualifiés que moi pourront vous expliquer les raisons de cette volte-face de la justice sénégalaise. Ce n’est pas le lieu, ici, d’expliciter ces raisons. Il est cependant clair que ceux qui ont déclenché ces poursuites judiciaires contre monsieur SECK sont, pour le moins, embarrassés aujourd’hui. Les derniers développements nous incitent à le penser. Ce samedi 23 juillet 2005, « Idy », comme l’appellent affectueusement ses partisans, a été mis en prison (sous mandant de dépôt) pour « atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale ». Un nouveau chef d’inculpation vient de s’ajouter. Après « détournement de fonds », puis « atteinte à la sûreté de l’Etat » voila l’  « atteinte à la défense nationale » ! Mais jusqu’où iront-ils ? Pour quel résultat ? Que cherche-t-on ? Je n’ai pas de réponse à ces questions. Mais je pense qu’il faut se les poser et chercher à leur trouver des réponses. Je pense aussi que tout cela est extrêmement grave pour le Sénégal.

 

Monsieur Abdoulaye WADE

 

             Qu’un chef d’Etat ait le souci de la bonne gestion des fonds publics est partout une très bonne chose. Quand il s’agit d’un pays africain, on a envie d’applaudir. Qu’un dirigeant de pays pauvre décide de poursuivre en justice des personnalités politiques usant de leur position pour piller les caisses publiques, nous ne pouvons que le soutenir. C’est évident. Pour l’intérêt du pays. Mais qu’on ait, à ce point, l’impression d’un règlement de comptes politiques qui se pare des habits de la justice est complètement inacceptable.

           Depuis l’affrontement entre messieurs Léopold Sédar SENGHOR et Mamadou DIA (respectivement, à l’époque, président de la République et président du Conseil – sorte de premier ministre) dans les années 1960, jamais au Sénégal l’accusation d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat et à la défense nationale » n’a été utilisée pour se débarrasser d’un adversaire politique gênant. Nous avions cru que c’était désormais du passé. Le Sénégal s’est illustré en Afrique depuis des années pour sa stabilité politique, pour sa croissance économique, pour sa paix sociale, pour ses enfants qui se distinguaient dans tous les domaines à l’extérieur du pays etc. Ce serait terrible et impardonnable si cette lutte à mort que se livrent des personnalités politiques mettait un coup d’arrêt à ces avancées. Les conséquences pourraient être dramatiques. La Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), le Rwanda, le Soudan etc. ne sont plus des exceptions. De grâce, ne dressez pas une partie d’un pays contre une autre. Simplement pour des conquêtes de positions politiques personnelles. Les conséquences ailleurs n’ont pas fini de faire des dégâts. A tous les niveaux. Car enfin ! Un adversaire politique se combat politiquement. Pas autrement. En tout cas, pas en démocratie ! J'ai envie de crier : " Ngalla, bou leen tass reew mi * ! "

Les hommes politiques passent. Les populations paieront les conséquences de leurs actes (ceux des politiques bien entendu !).

           Pour terminer, je réitère mon appel à tous les Sénégalais et non Sénégalais, amis du pays, qui le peuvent : usez de votre influence pour arrêter toute cette mascarade juridico-politique qui n’aurait jamais du commencer. Je ne suis partisan ni d’Idrissa SECK ni d’Abdoulaye WADE. Mon parti, c’est le Sénégal. Et de ce petit coin de l’Internet, j’ai envie de le défendre. De toutes mes forces. Chers lecteurs, vous êtes, je suis, nous sommes des sentinelles de la démocratie. Elle a besoin de nous. Il faut agir. Messieurs WADE et SECK sont des fils du Sénégal qui, comme les autres, peuvent faire énormément pour leur pays. Mais aujourd’hui, ils ont les moyens de le mettre à feu et à sang. Il faut que les autres fassent tout pour que cela n’arrive pas. Je me répète : nous avons admiré la Cote d’Ivoire il y a quelques années. Aujourd’hui, elle nous fait pleurer. Restons vigilants.

 

 

  

 

 

* De grâce, ne divisez pas le pays ! (en wolof, langue parlée par la majorité des Sénégalais)

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LE SENEGAL
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