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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 20:41

Aujourd'hui, les émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises sont derrière nous. Les quartiers pudiquement dits "sensibles" ont retrouvé leur calme. Plus de voitures incendiées tous les soirs. Plus d'ouverture de journaux télévisés avec "1322 véhicules brûlés, soit une augmentation de...". Plus d'images d'envoyés spéciaux des chaînes de télévision du monde entier "en direct de" (ou "live from", c'est selon !) sur fond de courses poursuites entre policiers et jeunes émeutiers ! Les habitants des villes qui ont été le théâtre de ces violences urbaines peuvent désormais dormir la nuit. Et c'est tant mieux. N'en déplaise à certains pyromanes d'un autre type qui avaient vu dans ces évènements une occasion inespérée de nous rejouer le "choc des cultures" et qui ont applaudi à tout rompre à l'instauration de l'état d'urgence dans le pays.
Il me semble que l'heure de la réflexion loin des passions, puis de l'action salutaire  est venue. Il me semble qu'après ce que nous avons vécu, on doit être amené à chercher sérieusement les causes profondes d'une telle situation et à chercher tout aussi sérieusement les solutions durables qui permettraient de ne plus vivre un tel chaos social. Il en va de l'intérêt de tous ceux qui vivent dans ce pays. Et pourtant ce n'est pas vraiment ce que je constate. Les voitures calcinées ont à peine refroidi que des responsables politiques, des leaders d'opinion, des intellectuels de renom se sont mis à étaler dans la presse écrite ou devant les micros et caméras leur "explication des causes" de ce qui venait de se passer. Et ces initiatives sont loin d'être heureuses.

C'est Hélène Carrere d'Encausse, membre de l'académie française, qui envoie la première salve. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision russe NTV, elle disait ceci : " Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues." Et vlan ! Ces propos se passent de commentaires. La chasse était ouverte. Haro sur le baudet africain. Et pan sur la polygamie, cette calamité apportée par les Africains sur le sol français. Les clichés ont la vie dure, mais tout de même ! Le ton étant donné, un ministre du gouvernement, Gerard Larcher s'est cru obligé d'ajouter que "la polygamie était responsable des dernières violences urbaines" !

Dans le même temps, Claude Imbert, éditorialiste de l'hebdomadaire "Le Point" prit sa plume pour quelques explications. Je le cite : "Car enfin, le déferlement, depuis trente ans, d'une immigration incontrôlée si étrangère à nos croyances, à nos mœurs et à nos lois avait d'ailleurs compromis le lent travail de biologie sociale que requiert une intégration heureuse, et d'ailleurs nécessaire. Le flux - celui surtout d'Afrique noire – sans cesse grossi par le regroupement familial – voire polygame, loin d'irriguer calmement la nation, aura constitué ces poches stagnantes où grouillent de mauvaises fièvres."  C'est dit. Je me dois de vous préciser que monsieur Imbert n'en est pas à sa première provocation. En septembre 2002, il écrivait dans son journal un éditorial qui laissait peu de place au doute quant à ses sentiments vis a vis de l'islam et des musulmans (cliquer ici pour lire le texte intégral). Il commençait son éditorial avec ces mots : " « La plus con des religions » : le mot de Houellebecq est à l'emporte-pièce. Mais il exprime un jugement lapidaire partagé par une majorité de Français. En français de bistrot, il veut dire « la religion la plus obscurantiste ». Que des bigots de la clique islamique songent à le faire condamner en justice laisse pantois. Où se croient-ils donc ? Au Yémen, au Nigeria ? Pensent-ils qu'un tribunal français puisse censurer l'irrespect sceptique d'une tradition laïque qui est, chez nous, l'oxygène de la République ? Voltaire, qui l'eût cru ? ". Cela a le mérite d'être clair.

Quelques jours après ces sorties, pour le moins tranchées, c'est un philosophe français de renom, Alain Finkielkraut qui jette à son tour un pavé dans la marre. Dans une interview donné au quotidien israelien Haaretz, cet intellectuel de renom et très médiatique a eu ces propos : "on voudrait réduire les émeutes en banlieue à leur dimension sociale or la plupart des émeutiers sont noirs ou arabes avec une identité musulmane. C'était une révolte à caractère ethnique et religieux" ! Comme entrée en matière, c'est du lourd ! Et le reste de l'interview est à l'avenant. Même si monsieur Finkielkraut a essayé maladroitement de se dédouaner, après le scandale provoqué par cet entretien dans le quotidien israelien, sur les ondes de la radio française Europe1 chez Jean-Pierre Elkabbach, le mal était fait ! Il a même tenté de présenter des excuses très peu convaincantes.

Ces quelques exemples montrent à quel point ces émeutes de banlieues ont fait tomber bien des masques. Désormais, l’opinion publique sait que ce n’est pas seulement de l’extrême droite qu’il faut se méfier.

Malgré tout, je reste optimiste sur l’avenir de la France en tant que nation multiraciale, métissée et même multiculturelle. Parce que c’est le sens de l’histoire. Et ce pays sera fort et rayonnant justement parce qu’il sera composé d’hommes et de femmes venus d’horizons divers, de cultures différentes, de religions différentes et ayant un même amour du pays qui les a accueillis. Un même attachement au rayonnement de ce pays qui est désormais le leur. Pour lequel ils seront prêts à se battre sans retenue. Pourvu seulement qu’on leur donne des raisons de croire qu’ils sont chez eux. Qu’ils ont les mêmes droits et devoirs que les autres. Les mêmes chances aussi. Ce n’est pas de l’angélisme. Cette vision fait partie du champ des possibles.

Pour que cela devienne réalité, il faut bien sûr des moyens mais surtout une vraie volonté politique d’y arriver. C’est pourquoi, aux politiques de tous bords, je demanderai de mesurer la responsabilité historique qui est la leur aujourd’hui et d’accepter d’aller dans le sens de l’histoire. Aux habitants des banlieues françaises, surtout aux plus jeunes, je demande de se saisir désormais de l’arme absolue : la carte d’électeur. Engagez-vous, faites des choix, votez pour que les choses changent. Prenez au mot les hommes et femmes politiques. Aujourd’hui, vous entendez beaucoup de promesses d’un meilleur vivre. Montrez-leur que vous pouvez décider de votre avenir sans violence, de façon responsable et respectueuse des lois et règlements. Il en va de votre avenir, de celui de votre pays. Ne laissez pas d’autres décider à votre place.

Les Hélène Carrere d’Encausse, Claude Imbert et autres Alain Finkielkraut passeront. La France , votre pays, restera. Elle sera ce que les Français en feront, tous ensemble, d'où qu'ils viennent.

Malgré tout ce qu’ils peuvent dire ou faire, ces jeunes Français, dont les Français sont venus chercher un mieux être en France, aiment leur pays ! Malgré tout ce qu’on essaie de nous faire  croire depuis ces malheureuses journées d’émeutes. Ces gamins aiment leur pays, ils n'aiment pas ce qu'il est devenu à force de politiques de l'autruche. Il y a juste un décalage entre ce qu’ils sont en droit d’attendre et ce qui se passe réellement autour d’eux. La France a les moyens de changer cet état de fait si tant est que ses dirigeants en aient la volonté.

Lire le verbatim de l'interview d'Alain Finkielkraut chez J.-P. Elkabbach

Ecouter Alain Finkielkraut interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe1

 

M. Mady DANFAKHA

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Published by M. Mady DANFAKHA - dans LA FRANCE
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