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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !
Soyez les
bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !
J'ai l'habitude de dire que savoir c'est pouvoir. Je vais même aller plus loin : le savoir c'est le pouvoir ! Car je suis convaincu que l'absence de la Connaissance et du Savoir avec un grand "C" et un grand "S" dans de larges franges de la population africaine est à l'origine de beaucoup des problèmes de sous-développement que nous vivons. Il me semble dès lors que la recherche de la connaissance et du savoir devrait être une des préoccupations majeures de tout être humain, a fortiori quand il est africain. Les défis à relever sont à ce prix. Le problème c’est que le savoir, aujourd’hui, est devenu une affaire d’argent. Et l’argent n’est pas la chose la mieux partagée sur le continent noir. C’est le moins qu’on puisse dire.
Cependant, tout espoir n’est pas perdu. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre, qu’on ne peut pas avoir accès au savoir et à
Fondée en 2001 par un homme d’affaire américain d’une quarantaine d’années, Jimmy Wales, qui a fait fortune dans la bourse et les contenus érotiques sur le web (comme quoi, l’érotisme mène à tout…), l'encyclopédie libre a connu très vite un succès a été fulgurant ! Aujourd’hui, Wikipedia existe en près de 200 langues et comporte près de deux millions d’articles ! En à peine cinq ans de vie ! C’est dire si cette encyclopédie est vivante.
Bien sûr, vous vous dites que cela peut poser des problèmes. En effet, on peut penser que n’importe qui peut balancer n’importe quoi comme article et ainsi induire en erreur les lecteurs. A dessein ou pas d’ailleurs. Je vous rassure tout de suite. C’est le système de Wikipédia lui-même qui devient un garde fou ! En effet, chaque rédacteur est aussi une sorte de contrôleur vigilant qui peut relever les erreurs ou contrevérités présentes dans un article de l’encyclopédie. Chaque article publié est immédiatement consultable, modifiable et critiquable par les autres internautes. Un mauvais article ne peut rester alors longtemps en ligne sans que la correction des erreurs, le cas échéant, n’intervienne très vite. D’ailleurs, une étude menée par le magazine scientifique Nature a montré que Wikipédia tient la dragée haute à des encyclopédies payantes et réputées sérieuses comme Britannica. Le taux d’erreurs est tout à fait comparable. Ce n’est vraiment pas mal pour une encyclopédie libre et coopérative ! Malgré tout, pour plus de garantie contre les malveillances et pour augmenter la crédibilité de Wikipédia, ses créateurs envisagent de mettre en place un filtre qui permet de vérifier les articles avant leur mise en ligne. Du coup certains parlent de deux Wikipédia (voir l’article du quotidien français Libération), l’une plus « sûre » que l’autre.
N’empêche, nous devons d’abord remercier messieurs Wales et Sanger (co-fondateur de Wikipedia) de cette formidable idée de création d’une encyclopédie libre et collaborative. Cela fait un moyen supplémentaire pour les pays pauvres d’accéder au Savoir et à
Lire l'article de Libération consacré à Wikipedia
Lire l'article de Yahoo! Actualités sur Wikipédia
Lire l'article de infos-du net sur Wikipédia
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Aujourd'hui, les émeutes qui ont embrasé les banlieues françaises sont derrière nous. Les quartiers pudiquement dits "sensibles" ont retrouvé leur calme. Plus de voitures incendiées tous les soirs. Plus d'ouverture de journaux télévisés avec "1322 véhicules brûlés, soit une augmentation de...". Plus d'images d'envoyés spéciaux des chaînes de télévision du monde entier "en direct de" (ou "live from", c'est selon !) sur fond de courses poursuites entre policiers et jeunes émeutiers ! Les habitants des villes qui ont été le théâtre de ces violences urbaines peuvent désormais dormir la nuit. Et c'est tant mieux. N'en déplaise à certains pyromanes d'un autre type qui avaient vu dans ces évènements une occasion inespérée de nous rejouer le "choc des cultures" et qui ont applaudi à tout rompre à l'instauration de l'état d'urgence dans le pays.
Il me semble que l'heure de la réflexion loin des passions, puis de l'action salutaire est venue. Il me semble qu'après ce que nous avons vécu, on doit être amené à chercher sérieusement les causes profondes d'une telle situation et à chercher tout aussi sérieusement les solutions durables qui permettraient de ne plus vivre un tel chaos social. Il en va de l'intérêt de tous ceux qui vivent dans ce pays. Et pourtant ce n'est pas vraiment ce que je constate. Les voitures calcinées ont à peine refroidi que des responsables politiques, des leaders d'opinion, des intellectuels de renom se sont mis à étaler dans la presse écrite ou devant les micros et caméras leur "explication des causes" de ce qui venait de se passer. Et ces initiatives sont loin d'être heureuses.
C'est Hélène Carrere d'Encausse, membre de l'académie française, qui envoie la première salve. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision russe NTV, elle disait ceci : " Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues." Et vlan ! Ces propos se passent de commentaires. La chasse était ouverte. Haro sur le baudet africain. Et pan sur la polygamie, cette calamité apportée par les Africains sur le sol français. Les clichés ont la vie dure, mais tout de même ! Le ton étant donné, un ministre du gouvernement, Gerard Larcher s'est cru obligé d'ajouter que "la polygamie était responsable des dernières violences urbaines" !
Dans le même temps, Claude Imbert, éditorialiste de l'hebdomadaire "Le Point" prit sa plume pour quelques explications. Je le cite : "Car enfin, le déferlement, depuis trente ans, d'une immigration incontrôlée si étrangère à nos croyances, à nos mœurs et à nos lois avait d'ailleurs compromis le lent travail de biologie sociale que requiert une intégration heureuse, et d'ailleurs nécessaire. Le flux - celui surtout d'Afrique noire – sans cesse grossi par le regroupement familial – voire polygame, loin d'irriguer calmement la nation, aura constitué ces poches stagnantes où grouillent de mauvaises fièvres." C'est dit. Je me dois de vous préciser que monsieur Imbert n'en est pas à sa première provocation. En septembre 2002, il écrivait dans son journal un éditorial qui laissait peu de place au doute quant à ses sentiments vis a vis de l'islam et des musulmans (cliquer ici pour lire le texte intégral). Il commençait son éditorial avec ces mots : " « La plus con des religions » : le mot de Houellebecq est à l'emporte-pièce. Mais il exprime un jugement lapidaire partagé par une majorité de Français. En français de bistrot, il veut dire « la religion la plus obscurantiste ». Que des bigots de la clique islamique songent à le faire condamner en justice laisse pantois. Où se croient-ils donc ? Au Yémen, au Nigeria ? Pensent-ils qu'un tribunal français puisse censurer l'irrespect sceptique d'une tradition laïque qui est, chez nous, l'oxygène de
Quelques jours après ces sorties, pour le moins tranchées, c'est un philosophe français de renom, Alain Finkielkraut qui jette à son tour un pavé dans la marre. Dans une interview donné au quotidien israelien Haaretz, cet intellectuel de renom et très médiatique a eu ces propos : "on voudrait réduire les émeutes en banlieue à leur dimension sociale or la plupart des émeutiers sont noirs ou arabes avec une identité musulmane. C'était une révolte à caractère ethnique et religieux" ! Comme entrée en matière, c'est du lourd ! Et le reste de l'interview est à l'avenant. Même si monsieur Finkielkraut a essayé maladroitement de se dédouaner, après le scandale provoqué par cet entretien dans le quotidien israelien, sur les ondes de la radio française Europe1 chez Jean-Pierre Elkabbach, le mal était fait ! Il a même tenté de présenter des excuses très peu convaincantes.
Ces quelques exemples montrent à quel point ces émeutes de banlieues ont fait tomber bien des masques. Désormais, l’opinion publique sait que ce n’est pas seulement de l’extrême droite qu’il faut se méfier.
Malgré tout, je reste optimiste sur l’avenir de
Pour que cela devienne réalité, il faut bien sûr des moyens mais surtout une vraie volonté politique d’y arriver. C’est pourquoi, aux politiques de tous bords, je demanderai de mesurer la responsabilité historique qui est la leur aujourd’hui et d’accepter d’aller dans le sens de l’histoire. Aux habitants des banlieues françaises, surtout aux plus jeunes, je demande de se saisir désormais de l’arme absolue : la carte d’électeur. Engagez-vous, faites des choix, votez pour que les choses changent. Prenez au mot les hommes et femmes politiques. Aujourd’hui, vous entendez beaucoup de promesses d’un meilleur vivre. Montrez-leur que vous pouvez décider de votre avenir sans violence, de façon responsable et respectueuse des lois et règlements. Il en va de votre avenir, de celui de votre pays. Ne laissez pas d’autres décider à votre place.
Les Hélène Carrere d’Encausse, Claude Imbert et autres Alain Finkielkraut passeront.
Malgré tout ce qu’ils peuvent dire ou faire, ces jeunes Français, dont les Français sont venus chercher un mieux être en France, aiment leur pays ! Malgré tout ce qu’on essaie de nous faire croire depuis ces malheureuses journées d’émeutes. Ces gamins aiment leur pays, ils n'aiment pas ce qu'il est devenu à force de politiques de l'autruche. Il y a juste un décalage entre ce qu’ils sont en droit d’attendre et ce qui se passe réellement autour d’eux.
Lire le verbatim de l'interview d'Alain Finkielkraut chez J.-P. Elkabbach
Ecouter Alain Finkielkraut interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe1
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A Tambacounda (ville du sud-est du Sénégal, rendu célèbre par le rallye Paris Dakar entre autres), depuis le 06 décembre 2005, sévit une grève des élèves de Lycée et collège. Et cette grève, déjà trop longue à mon avis, a malheureusement eu une conséquence tragique déjà. Selon le quotidien Walfadjri, un enfant de quatre ans, à Médina Coura (un quartier de la ville), a trouvé la mort des suites de blessures (traumatisme crânien). Le pauvre petit garçon, à la vue des élèves manifestants poursuivis par la police, aurait tenté de s’abriter derrière un panneau. La foule aurait alors, dans sa course, renversé le panneau sur le garçonnet, l’écrasant sous leurs pas. Le gamin, gravement blessé, aurait succombé à ses blessures à l’Hôpital Régional de la ville. Cet évènement malheureux, s’il s’avère s’être déroulé de la manière dont l’a relaté le quotidien dakarois, est grave et m’amène à quelques réflexions.
D’abord, comment se fait-il qu’un si jeune garçon soit dans la rue sans surveillance parentale (ou tout au moins de quelqu’un de plus mûr à défaut d’adulte) dans une telle situation ? Dans une rue transformée en champ de bataille par des étudiants affrontant la police où les grenades lacrymogènes répondent aux jets de pierres. J’ai peine à croire que c’était vraiment par négligence que cet enfant a eu cette fin tragique. Ce serait terrible. Car rien n’est plus insupportable que la mort d’un enfant. Alors, dans ces conditions… De toutes façons, il faut absolument qu’il y ait une enquête administrative et judiciaire pour éclaircir les conditions dans lesquelles ce gamin a perdu la vie.
La deuxième réflexion qui me vient a trait a cette répétition, chez nous, de la revendication scolaire ou estudiantine violente et récurrente. Pourquoi perdons-nous régulièrement des semaines de cours pour des demandes pour le moins légitimes ? Pourquoi, à chaque fois, la violence s’en mêle-t-elle ? Je n’ai pas vraiment la réponse à ces questions. Ce que je sais, c’est que de notre génération (lycéens dans les années 80) à ces jeunes d’aujourd’hui, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Résultat : une éducation nationale qui perd énormément en efficacité. Et ce sont les mêmes qui trinquent : ceux dont les parents n’ont pas les moyens de payer une école privée ou des cours de soutien à domicile. L’échec scolaire s’étend et devient précoce. Le désespoir, dès lors, s’empare d’une partie importante de la jeunesse. De galère en débrouille, on se met à rêver de quitter le pays. On rêve d’ailleurs et finit par… Ceuta et Melilla ne sont que la fin d’un long processus.
Alors mesdames et messieurs qui nous gouvernent, penchez-vous sur ces problèmes de l’éducation dans nos pays. Tant qu’à être atteints de « réunionite aiguë », soyons prêts à organiser, au moins une grande réunion sur ce thème-là. Et puissions-nous en tirer des raisons de croire que notre jeunesse n’est pas perdue. Il en va de notre survie, c’est sûr. Mais il en va aussi de notre crédibilité en tant que partie agissante de cette communauté qu’on appelle : l’Humanité.
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