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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !
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Bonne lecture !
Samedi, je venais à peine de mettre en ligne mon dernier post dans lequel je m’indignais de ce nouveau comportement inadmissible dans les banlieues françaises qui consiste à multiplier les incivilités. Sous prétextes de « fêter » l’anniversaire du début des émeutes de l’année dernière. Quitte à pourrir la vie de braves citoyens qui ne demandent qu’à vivre tranquillement. Et j’apprenais qu’à Marseille, des « jeunes » délinquants avaient mis le feu à un bus de
Quand on lit, dans l’article du journal 20minutes, le témoignage d’un des hommes qui ont essayé de lui porter secours : «Cette femme noire perdait tellement de peau qu'on aurait dit qu'elle était blanche. Je ne pouvais la tenir par aucun endroit tellement elle souffrait » ou « Elle criait : “Ne me lâche pas, je ne veux pas mourir” »… on est submergé par un mélange de colère et d’indignation indescriptible ! Je suis en ce moment traversé par des sentiments et des envies que la décence m’interdit de dire ici. Les médecins marseillais répétaient, il y a encore deux minutes, que cette jeune femme est toujours entre la vie et la mort. J’espère de toutes mes forces qu’elle s’en sortira. Même si nous apprenons que si elle survivait, elle aurait de lourdes séquelles irréversibles ! C’est terrible !
Alors vous comprendrez aisément, vous qui lisez ces lignes, que je souhaite que les auteurs de cet acte ignoble, imbécile et criminel soient recherchés, traqués sans relâche, retrouvés, jugés et condamnés avec la dernière rigueur. A ce propos, je suis heureux d’apprendre que ce genre de crime fait encourir à ces auteurs trente ans de réclusion criminelle en France ! Parce qu’aujourd’hui, je crois qu’il faut absolument faire payer ces salauds criminels. L’impunité a trop duré ! Et tout doit être mis en œuvre pour les livrer à la justice.
Et je voudrais dire à ceux savent quelque chose qui pourrait permettre d’arrêter les auteurs de ce geste abject et qui se taisent : il y a des moments où la peur ne justifie plus le silence. Il faut justement que cette peur change de camp. Il faut faire passer définitivement à ces êtres immondes l’envie de recommencer. Et il faut dissuader aussi définitivement ceux qui auraient des envies de les imiter de le faire. C’est un acte citoyen de très grande portée si vous êtes républicain laïc, c’est un acte de foi si vous êtes croyant. Quelque soit, par ailleurs le Dieu dans lequel vous croyez. Toutes les religions considèrent qu’attenter à la vie humaine est la pire abomination qui soit ! Par conséquent, si vous savez quelque chose, aidez la police à les coincer.
Puisse cette jeune femme s’en sortir.
Ce vendredi 27 octobre 2006, une partie de
Cet événement malheureux avait été le point de départ de trois semaines d’émeutes qui ont mis le feu aux périphéries des grandes villes françaises. J’en ai déjà longuement parlé dans les colonnes de ce blog. Dans un premier article, je m’étais penché sur les causes profondes de cette folie incendiaire qui avait pris des allures suicidaires. Ensuite, j’ai tenté d’en tirer les enseignements. Il paraît qu’ on apprend toujours plus de nos échecs que de nos réussites. Comme je n’ai aucun doute sur le fait que ces évènements de l’année dernière illustrent un échec patent d’une certaine façon de gérer les problèmes de la partie la plus vulnérable de la société, je suppose qu’une fois que les leçons seront tirées, on aura beaucoup appris !
Aujourd’hui, mon propos n’est donc pas de revenir sur les évènements consécutifs à la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna, mais de dire stop ! Stop à une dérive qui n’a plus rien à voir avec un quelconque ras-le-bol. Avec quelque revendication sociale que ce soit !
Car enfin ! Comment peut-on justifier qu’un an après ce que nous avons vécu, des voyous – car c’est comme cela qu’il faut les appeler – se permettent encore de mettre le feu à des bus de transport public. De tenter ainsi de réinstaller la banlieue dans une ambiance suffocante. De nous faire un remake de l’automne 2005, sans aucune légitimité. Si tant est qu'on puisse légitimer la violence ! C’est intolérable. Et il faut le dire.
Le résultat de ces comportements imbéciles : mettre un peu plus en difficulté des femmes et des hommes qui sont déjà en situation sociale précaire. Ceux qui ont péniblement réussi à avoir un emploi ont, dans ces quartiers, du mal à se rendre à leur travail aujourd'hui. Ceux qui en cherchent auront encore plus de mal à en trouver. La stigmatisation va crescendo. Et je ne parle même pas de l’exemple catastrophique donné aux plus petits qui finissent par croire que c’est normal de jeter des cailloux sur les policiers et les pompiers, que brûler un bus est un jeu très marrant ! Non ! Non ! Et non ! Ce n’est pas vrai ! Aujourd’hui, il est plus qu’urgent de se battre contre cet état de fait.
Bien sûr que la mixité sociale est actuellement une sorte Graal en banlieues. Bien sûr que l’écrasante majorité des populations habitants de ces quartiers est d’origine africaine (maghrébine ou négro-africaine, qu’importe !). Bien sûr que la discrimination à l’embauche ou au logement est une réalité. Les raisons de réclamer un changement de la situation ne manquent certainement pas. Mais est-ce une raison de continuer à se tirer des balles dans le pied ? Il faut se battre certes. Mais de façon responsable. Et être responsable, c’est dire deux ou trois choses simples mais claires pour remettre les idées en place. Et arrêter ainsi avec des clichés trop faciles.
D’abord, la police française n’est pas contre les populations d’origine africaine. Quand bien même, on trouverait dans ses rangs d’authentiques racistes qui rêvent tous les matins en prenant leur poste de « se faire un petit bronzé ». Ceux-là on les combat, par la loi. Et nous ne sommes pas en 1977 dans les rues de Johannesbourg ou de Sowéto !
La France n’est pas un pays raciste. Quand bien même on y croiserait des hommes et des femmes qui rêvent encore d’une France monocolore, que dis-je… d’une France décolorée ! Ceux-là sont une minorité, même si leur pouvoir de nuisance est inquiétant. Il faut les traquer et les traduire devant les tribunaux de la république. La loi française en donne largement les moyens.
Quand on est né de parents d’origine africaine, ce n’est pas foutu d’avance. La république française offre la possibilité de se hisser très haut dans la société. A condition d’y croire, et de se battre pour faire exploser le « plafond de verre ».
C’est absolument faux de dire que la carte d’électeur ne sert à rien. Le bulletin de vote est l’arme absolue en démocratie. Voter est le geste ultime de l’expression citoyenne. Il y en a d’autres. Mais celui-ci est redoutable et … redouté ! De toutes façons, comme disait quelqu’un de très inspiré : « si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s’occupera de vous ! »
Jouer les caïds de banlieues est devenu ringard ! Aimer l’école, aimer apprendre, s’élever par le savoir, aller chercher les diplômes les plus élevés , intégrer les écoles les plus prestigieuses, être utile à son pays… Oui, ça c’est à la mode. Et c'est possible. Intégrer Sciences Po ou l’X (l’Ecole polytechnique) quand notre papa a été éboueur dans les rues de Paris, Lyon ou Marseille. Oui, ça c’est le pied ! Alors qu’on arrête de présenter à nos gamins ces cancres de 20 ans qui après un deal de quelques kilos de cocaïne roulent en cabriolet BMW ou Saab. Comme on dit au Sénégal, on finira par leur « cacher le soleil » !
Il est plus que temps d’arrêter avec ce discours de compassion vis a vis de voyous qui ne font que nuire à ceux qu’ils utilisent comme prétextes. Soyons responsables. Le combat est ailleurs. Autrement.

