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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !
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Bonne lecture !
Depuis quelques semaines, le Sénégal connaît des soubressauts politiques qui s'agravent de jour en jour. C'est inquiétant. Et il me semble que tout ce que le Sénégal compte aujourd'hui d'hommes et de femmes responsables doit faire tout pour y mettre un terme. Avant qu'on n'atteigne un point de non retour.
Mésentente au sommet
Tout commence par une "rivalité" de personnalités de premier plan de la vie politique du pays. Au sommet du parti au pouvoir, cette "rivalité", alimentée par des personnes au mieux mal informées au pire mal intentionnées, atteint son point culminant avec le limogeage du premier ministre de l'époque Idrissa SECK. Que l'on trouve ce limogeage juste ou injuste, bien ou dommageable pour le pays, là n'est pas la question. Dans tout pays démocratique respectueux de ses institutions, un changement de gouvernement est dans l'ordre normal des choses. Ce sont les suites de cet évènement au Sénégal qui nous inquiètent fortement aujourd'hui.

Idrissa SECK (à gauche) avec le président WADE
(source : www.confidentielsn.com)
En effet, une tension vive est née de ce limogeage, au sein même du parti des deux plus importants protagonistes de l'affaire : le président de la République Abdoulaye WADE et son ex-premier ministre. Le PDS (Parti Démocratique Sénégalais) s'est alors divisé en deux camps : les "pro-Idrissa SECK" et les "anti-Idrissa SECK". Les militants sont sommés de choisir leur camp ! Le critère de détermination devenant monsieur Idrissa SECK. On est pour ou contre lui. Comme s'il ne pouvait y avoir de position de neutralité. Et très vite, les positions se sont radicalisés.
Quand ce genre de chose se passe dans un parti politique de n'importe quelle démocratie de la planète, on peut penser "c'est regrettable..." mais on sait que c'est de l'ordre du possible, même si ce n'est pas de celui du souhaitable pour le militant de base. Mais dans le cas de figure qui nous intéresse aujourd'hui cela sort de l'ordinaire pour deux raisons : d'abord la violence inouie de l'affrontement que se livrent les deux camps de cette formation politique et ensuite et surtout la position qu'occupe le PDS depuis ce fameux soir du 19 mars 2000 qui a fait basculer pour la première fois depuis l'indépendance le Sénégal dans l'alternance politique. Les libéraux du PDS ont succédé aux socialistes de PS.
De la violence
Sans trop entrer dans les détails, je voudrais vous livrer quelques faits. Lors d'un meeting du PDS en province, des manifestants qui sifflaient une ministre se sont vus attaquer violemment à coups d'armes blanches au point que l'un d'entre eux a été grièvement bléssé au bras. Et cela par des "Calots bleus" sorte de service "d'ordre" du PDS ! Quelques jours après un autre ministre subissait le même chahut à Thiès, heureusement sans les mêmes conséquences graves. Dans la foulée, la maison de monsieur SECK, l'ex-premier ministre est attaquée à coup de détritus et autres abats animaux ! Et pour couronner le tout, un responsable des jeunes du PDS se fait agresser à l'arme blanche par un de ses camarades du même parti ! Heureusement ses jours n'ont pas été en danger ! La liste de ce déchaînement de violence n'est malheureusement pas exhaustive ! A se demander si cela se passe bien dans le Sénégal de 2005 ! Et personne n'est épargné.
Des rangs qui grossissent
Depuis l'alternance, le PDS occupe une place très importante dans le pays. D'abord parce qu'il est aujourd'hui au pouvoir. Et par conséquent ses membres sont installés à tous les niveaux de l'appareil administratif de l'Etat. Et détiennent de ce fait tous les leviers sensibles de décision. Ensuite, parce qu'une certaine "pratique alimentaire" de la politique (nous y reviendrons dans un autre article) a fait migrer vers le parti au pouvoir un grand nombre de membres du parti battu en 2000 (le PS) et certaines personnalités "fatiguées" de s'opposer ! Cette pêche miraculeuse qui ne comprenait pas que du menu fretin (loin s'en faut !) a rendu le PDS presque "obèse". Du coup, une guerre fratricide au sein de cette formation politique prend très vite des proportions dantesques. Et là aussi les dégats collatéraux risquent de faire du mal à tout le pays. Personne n'est épargné.
Restons vigilants !
Au final, la lutte d'influence au sein d'un seul et même parti politique est entrain de mener le Sénégal sur un terrain dangereux à plus d'un titre. Et c'est pour celà qu'il faut, comme je le disais plus haut, tout faire pour apaiser la situation. Par tous les moyens. On ne joue jamais impunément avec la violence. le retour de flamme peut être dévastateur. Et ne l'oublions jamais, la Côte d'Ivoire a été un pays prospère et en paix. Elle a même été un pays d'immigration intra-africaine et internationale (la preuve, le nombre élevée d'Européens qui ont fait de ce pays leur seconde patrie). Nous constatons tous aujourd'hui avec désolation ce que la violence des armes a fait de ce pays. certains d'entre vous trouverons la comparaison exagérée. Peut-être. Je n'en sais rien. Ce que je sais par contre, c'est que nous ne sommes à l'abri de rien. L'enfer ce n'est pas que les autres. Restons vigilants. L'Homme s'habitue très vite à la violence. Verbale d'abord, physique ensuite et celle des armes suit "naturellement". Nous sommes tous concernés !

