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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !

Soyez les bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !

 

 

Hier, 22 décembre 2011, la violence politique a encore fait une victime. Un homme a été tué par balle et trois autres ont été bléssés. Toujours par arme à feu. C'est très grave et très inquiétant. D'autant plus grave que l'auteur du coup de feu mortel est un maire d'arrondissement de la capitale sénégalaise et figure en vue de l'opposition : Barthélémy Dias. Et cela n'augure rien de bon pour les jours à venir quand on sait qu'aujourd'hui le parti du président Wade organise un Congrès pour l'investir comme candidat à l'élection présidentielle de février 2012. Pendant que des détracteurs de la société civile, le mouvement M23 organise une contre-manifestation.

Il est plus que temps d'arrêter cette dérive qui ne peut que pousser le Sénégal vers l'abime. Tous ceux qui le peuvent doivent persuader le président Wade de renoncer à ce troisième mandat qu'il brigue. Je ne m'intéresse pas à la constitutionnalité ou pas de sa candidature. Il me semble que nous avons dépassé ce stade. Il s'agit tout simplement de préserver le Sénégal. Car le risque aujourd'hui est clair : le Sénégal pourrait plonger dans un chaos sanglant du fait du maintien de la volonté d'un homme de rester au pouvoir. Je ne ferai pas au président Wade l'insulte de croire qu'il n'aime pas son pays. Et quand on aime son pays, on ne peut peux pas lui infliger une telle situation. Car la tension politique dans laquelle le pays est plongé depuis plusieurs mois n'a qu'une seule source : cette candidature à un troisième mandat. Et on en est aujourd'hui arrivé à ce qu'un maire, élu de proximité, tue, parce que paniqué, un citoyen lui-même manipulé par des forces obscures essayant d'installer la peur.

Les faits qui ont abouti à ce drame sont la caricature même de ce qui pourrait prendre des proportions nationales, donc catastrophiques. En effet, monsieur Dias a lui-même indiqué qu'il a tiré sur des gros bras venus le menacer dans son bureau. Il s'est avéré que ces jeunes gens étaient des lutteurs recrutés par une personnalité de la place pour aller "faire peur" à cet opposant qui ne laisse aucun répit au pouvoir en place. Le résultat, nous le connaissons.

On sait quand on allume un feu. On ne sait jamais l'étendue des dégâts qu'il peut produire. Il me semble qu'aujourd'hui, le pyromane est une espèce en voie de multiplication dans le pays. Il faut tout faire pour arrêter cela. Tout ce que le monde compte d'amoureux du Sénégal (et ils sont nombreux) doivent se dresser pour arrêter cette folie. Chacun, où qu'il puisse se trouver, quel que soit son métier, du plus humble aux plus puissants, doit se dresser contre cette dérive violente et cette folie rampante. Parlez, manifestez, écrivez, de désespérez pas de convaincre, faites pression... Mais pacifiquement ! Nous ne sommes pas suicidaires. Et le Sénégal regorge de talents, de femmes et d'hommes de valeur qui sont convaincus qu'un avenir meilleur est possible. Confions leur un Sénégal en état de marche au lieu du tas de décombres que certains veulent leur léguer.

Non, nous ne sommes pas suicidaires.

par M. Mady DANFAKHA

Lire le compte-rendu des faits sur Dakar Actu

Lire les informations de la police par Dakar Actu

Lire les informations sur l'arme qui a tué par Dakar Actu

 

 

Senghor-academicien.jpg Il y a dix ans, jour pour jour, s'éteignait le président-poète Léopold Sédar SENGHOR. Cet homme aura marqué le vingtième siècle du Sénégal. Ce siècle qu'il aura vécu presque entièrement (il est né en 1906). La place qu'il a occupée comme intellectuel et comme homme politique dépassait largement les frontières de son pays.

L'enfant de Joal aura été, comme tout intellectuel doublé d'un politique, tout au long de sa vie, critiqué pour ses écrits ou pour des décisions politiques qu'il a prises. On pourrait dire beaucoup de choses sur ces critiques. Il a commis des erreurs (voire plus dans le cas de son conflit avec l'ancien président du Conseil Mamadou DIA) et connu des réussites. Cependant, une chose reste certaine : il aura marqué d'une empreinte indélébile le Sénégal moderne.

Nous tenions à lui rendre hommage dans les colonnes de ce blog.

Pour de plus amples informations sur cet homme hors normes, je vous conseille la lecture de deux articles que l'hebdommadaire Jeune Afrique lui a consacrés.

Léopold Sédar Senghor, dix ans déjà

Senghor 1906 - 2001, une vie un siècle

Les peuples n’apprennent-ils rien de l’Histoire ? La mémoire des peuples est-elle si courte ? Ne voyons-nous pas ce qui se passe autour de nous ? Je n’ai aucune envie de répondre par l’affirmative à ces questions. Et pourtant… Quand je vois ce qui s’est passé au Sénégal il y a quelques semaines, j’ai peur des réponses à ces questions.

Nous savons tous que les périodes pré-électorales sont toujours très agitées dans tous les pays. Le Sénégal ne fait pas exception. Sauf que pour lui, les enjeux pour les échéances de 2012 ont pris des proportions rarement vécues dans le pays. Au psychodrame politico-juridique de la validité de la candidature du président de la République à un troisième mandat s’est ajouté un débat dont nous aurions mieux fait de faire l’économie : le soupçon de clanisme ou de tribalisme dont fait l’objet un des candidats déclarés à l’élection présidentielle de février 2012. C’est nouveau. C’est grave. C’est inquiétant.

C’est nouveau parce que depuis son indépendance, le Sénégal n’a jamais connu en période électorale des attaques ethniques à l’encontre d’un des candidats. Il y a bien eu, lors de scrutins locaux des remarques sur l’appartenance ethnique de tel ou tel autre candidat. Mais cela s’adressait surtout aux partis politiques qui tentaient, pour le faire élire à l’Assemblée Nationale par exemple, de « parachuter » un candidat qui serait battu dans sa circonscription d’origine. Alors on lui cherchait une circonscription plus « facile » pour se faire élire. C’est une pratique que l’on peut déplorer, mais qui existe dans les plus grandes démocraties. En France par exemple, le futur « parachutage » électoral de Cécile Duflot à Paris alors qu’elle habite en banlieue parisienne a valu à cette candidate écolo toutes sortes de reproches. Ce sont les dérives du jeu démocratique. Rien d’infamant.

Quand, il y a quelques semaines, par le biais d’un journal d’abord, le candidat Macky SALL a été attaqué sur ses origines pulaar (une des ethnies du Sénégal), c’était inédit. Ensuite un débat malsain s’est installé. Monsieur SALL a été accusé d’ethnocentrisme, d’être « l’otage » de son ethnie, de vendre le Sénégal à une ethnie, de bénéficier de financement de Pulaar de la diaspora dont l’argent pourrait être « sale » etc. Encore une fois, c’est nouveau. Le Sénégal avait jusqu’ici évité ce genre de bêtise intellectuelle.

C’est grave. Car on semble oublier que ce qui a caractérisé le Sénégal moderne aux yeux du reste du monde c’est sa capacité à faire vivre, depuis plusieurs décennies, des populations d’ethnies  différentes, de religions différentes, de races différentes en excellente harmonie. Qu’on soit Noir, Blanc, Wolof, Sérère, Mandingue, Pulaar, Diola, Soninké, croyant ou athée, on est d’abord Sénégalais. C’est ce qui nous réunit. C’est ce qui nous fait vivre ensemble, en bonne intelligence. Les Sénégalais, en grande majorité musulmans, n’ont-ils pas porté à leur tête pendant vingt ans monsieur Léopold Sédar SENGHOR qui était chrétien ? Ce même  SENGHOR n’était-il pas sérère alors que l’ethnie qui dominait la classe politique était wolof ? Les Sénégalais se sont-ils soulevés parce que pendant des décennies cette même ethnie wolof trustait les postes de responsabilité ? Est-il jamais venu à l'esprit d'un Sénégalais d'attaquer les origines françaises de monsieur Jean COLIN qui a été minitre de l'Intérieur du Sénégal pendant des années ? À ce sujet, je conseille la lecture de l’excellente contribution de monsieur Fadel DIA dans Sud Quotidien. Attaquer monsieur Macky SALL sur ce thème c’est ouvrir la boîte de Pandore. Et c’est exposer le Sénégal à un scénario inquiétant.

Un scénario inquiétant en effet. Ne voit-on pas ce que les divisions ethniques ont produit comme catastrophes sur le continent africain ? La Côte d’Ivoire, autrefois joyau de la sous-région ouest africaine, n’a connu pendant dix ans que la destruction et la désolation. Le Rwanda a offert au monde le pire génocide sur cette planète. Et les conséquences ont embrasé pendant des années la région du Kivu en République Démocratique du Congo. Le Kenya a aussi connu des heures sombres du fait de l’irresponsabilité de certains de ses hommes politiques. Enfin a-t-on oublié les origines de la crise en Casamance ? Oui c’est même très inquiétant. Il est donc nécessaire de mettre fin à ce type d’attaques irresponsables contre un homme politique. Je précise que je n’ai absolument rien à voir avec monsieur SALL et son parti politique. Je constate juste que c’est dangereux et irresponsable d’installer dans l’opinion publique ce genre d’idées. Aujourd’hui, c’est lui. Demain ce sera le tour de qui ? Pour moi, les seuls critères de choix du futur président de la République qui vaillent sont l’intégrité, le souci sincère de sortir les Sénégalais des difficultés actuelles, la volonté farouche de faire du Sénégal une démocratie moderne  où le sentiment d’impunité de certains aura disparu.

Je l’ai abordé au début de mon propos : nous devons apprendre de l’Histoire. Individuellement et collectivement. Et ce que nous apprend celle de l’humanité en général et la nôtre en particulier, c’est que nous avons une capacité d’autodestruction insoupçonnée. N’en usons pas.

 

M. Mady DANFAKHA

Cette semaine a été très agitée dans les milieux politiques et économiques français. La raison de cette agitation : l’agence de notation Standard And Poor’s a envoyé, « par erreur », à certains de ses abonnés un message d’alerte indiquant que la note de la France a été dégradée (downgrading dans la langue de Shakespeare). Cette note est actuellement AAA, la plus haute possible pour la dette d’un état.

 

La diffusion de cette information par les média a mis dans tous ses états la classe politique. D’abord ceux qui nous gouvernent, ensuite ceux qui tentent de prendre leur place. Dans un second temps, on a vu défiler sur les plateaux des chaînes de télévisions toutes sortes d’experts en questions économiques afin de « décrypter » pour les pauvres ignorants que nous sommes les enjeux de cette situation. Comme tout le monde, j’ai essayé de comprendre ce qui venait de se passer.

Que signifie cette note AAA de la France ?

La première question qu’on peut se poser est : que signifie cette note AAA de la France ? J’ai appris alors qu’il y a quelques agences dites de notation, Standard and Poor’s, Moody’s, Fitch Rating etc., qui évaluent constamment et donnent des notes à des entreprises, des collectivités, des Etats. L’évaluation portant sur leur capacité à rembourser leurs dettes, le niveau de risque auquel on s’expose en leur prêtant de l’argent. Ces notes prennent évidemment des aspects abscons : AAA, AA+, A2+ etc. Sûrement pour que le commun des mortels n’y comprenne rien. On a cependant vite compris que pour la France, la note était bonne. Heureusement, la deuxième puissance économique européenne ne pouvait espérer moins.

Plus de 1600 milliards d’euros 

Deuxième question : Pourquoi une baisse de cette note est si difficile à supporter, voire catastrophique pour nos gouvernants ? Parce que, nous expliquent les experts convoqués par les chaînes de télévision, la France serait obligée d’emprunter à des taux plus élevés, la confiance des banques baissant… Et d’explications en décryptages, le Français moyen assis confortablement dans son fauteuil comprend que derrière toute cette agitation, il y a la grande peur de tomber dans la situation des Grecs. Eh oui ! Le schéma est le même : l’État s’endette énormément, pour faire face aux charges il emprunte pendant qu’il rembourse et que les intérêts de la dette courent. Tant que la confiance règne, le système continue et la dette atteint des sommets. Pour la France la dette est de plus de 1600 milliards d’euros actuellement, soit plus de 84 % du PIB de la France ! Rien que pour les intérêts, au taux actuel d’un peu plus de 3 % (qui augmentera si la note est abaissée), la France rembourse plus de 48 milliards d’euros par an ! Hallucinant ! Tout d’un coup, on comprend pourquoi, le ministre français de l’économie, François Baroin, a demandé, tout de suite après que Standard and Poor’s a reconnu que son alerte a été publiée par erreur, qu’une enquête soit ouverte par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour savoir ce qui s’est passé. Est-ce un acte de malveillance délibéré destiné à discréditer la France ? Veut-on précipiter la France dans la situation de la Grèce et de l’Italie qui ont perdu respectivement leur Premier Ministre et leur Président du Conseil ? Le risque est réel. D’autant plus réel que quelques jours avant, on apprenait que l’agence Moody’s mettait sous surveillance la note de la France, en se posant clairement la question de savoir si la France méritait toujours son triple A d’une part, et que des rumeurs disaient que la banque Goldman Sachs conseillait à ses clients de « parier » sur la chute des places boursières européennes d’autre part.

La stabilité d’un Etat

Clairement, il apparait que de la décision de quelques financiers dépend la stabilité d’un Etat. Car la conséquence de tout cela, c’est que pour donner le change, les Etats multiplient les plans de rigueur : augmentation des impôts de toutes sortes, baisse de la participation de l’état dans les services publics, licenciement des fonctionnaires, allongement de l'âge de la retraite etc. Toutes décisions qui n’auront qu’un résultat : la multiplication des manifestations, des grèves et autres conflits sociaux. In fine, la déstabilisation des gouvernements en place.

Arriver au contraire du but recherché

Et le pire, c’est qu’avec de telles mesures d’austérité destinées à rassurer les agences de notations, on réussira l’exploit d’arriver au contraire du but recherché. Car si vous plongez les populations dans un tel stress, elles préfèreront consommer moins et épargner le peu qu’elles ont encore. Si la consommation baisse, la croissance de l’économie baisse. Et la récession guette. Et quand il n’y a pas de croissance, il y a moins de recettes pour l’État. Ce qui entraîne un pouvoir de remboursement de ses dettes moindre ! Et là, ces fameuses agences de notation auront une bonne raison de dégrader la note de l’État. Le cercle vicieux se sera installé sans qu’on sache comment en sortir. On marche sur la tête !

 

Il est temps que le courage politique reprenne le pas sur le diktat de la Finance !

 

M. Mady DANFAKHA

Depuis un peu plus d'un mois, la Cote d'Ivoire vit une crise sans précédent. Ce pays s'est retrouvé, après une élection présidentielle, avec deux présidents de la République, deux premiers ministres et deux gouvernements. Pour un seul peuple. Une situation inédite, incroyable et proprement ... ubuesque ! Oui. Si la situation n'était pas aussi grave de conséquences, on aurait envie d'en rire. Malheureusement, cette situation n'a rien de risible. Elle donnerait même envie d'en pleurer.

L'Afrique nous a, hélas, habitué à des situations politiques catastrophiques ses dernières décennies : coups d'états, dictatures, censures de la presse, violations de droits de l'homme et j'en passe. La liste est loin d'être exhaustive. Mais dans cette crise ivoirienne, on a découvert que le fond n'était pas atteint. On creuse encore ! Il est plus qu'urgent d'arrêter cette descente aux enfers !

Je ne reviendrai pas sur les innombrables péripéties qui ont conduit à cette situation lourde de menaces pour le peuple ivoirien, et au delà pour l'Afrique toute entière. La presse traditionnelle en fait état tous les jours à travers le monde entier. Ce qui m'intéresse, c'est comment en sortir le plus rapidement, avec le moins de dégâts et comment faire en sorte que ce genre de choses ne se reproduise plus sur le continent africain.

Ce lundi 03 janvier 2011, une délégation de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest) accompagnée d'un représentant de l'UA (l'Union Africaine) se rend à Abidjan pour essayer de convaincre une nouvelle fois monsieur Laurent GBAGBO de quitter le Pouvoir. Et il n'y a pas trente six alternatives. Il y en a deux. Ou monsieur GBAGBO accepte de partir de lui-même (quitte à négocier de "bonnes" conditions de départ pour lui et les siens), ou il s'entête comme il le fait depuis plusieurs semaines et refuse de céder son fauteuil à monsieur Alassane OUATARA reconnu par la "Communauté Internationale" comme le président élu et légitime.

La première alternative est bien évidemment celle que nous appelons de nos vœux. Elle est empreinte de sagesse, d'élégance et de responsabilité. Responsabilité oui. Car enfin, il y a des moments ou notre égo doit céder le pas à notre sens de la responsabilité. Aujourd'hui, messieurs OUATARA et GBAGBO doivent comprendre qu'ils seront responsables devant l'Histoire de ce qu'il adviendra de leur pays et de ses populations. Le fait de rester sur ses positions de façon rigide et butée pour ne pas "perdre la face" est encore pire que de "perdre la face". Ils doivent au peuple dont ils affirment être les élus cette sagesse et ce sens des responsabilités.

La seconde alternative est la pire qu'on puisse imaginer. Si c'est celle choisie par monsieur GBAGBO, alors le pire est à craindre. Même si le pire n'est jamais certain... Il y a déjà eu trop de sang versé, trop de malheurs infligés au peuple ivoirien depuis dix ans pour qu'on se permette de repasser par la case "guerre civile". La Cote d'Ivoire ne le mérite pas, encore moins les Ivoiriens. Alors de grâce, quelque soit votre conviction, vous qui lisez ces lignes, usez de votre influence (ne serait-ce qu'en défendant oralement une issue pacifique et négociée) sur ceux qui vous entourent, qui vous écoutent ou qui vous lisent pour pousser les protagonistes à une sortie de crise pacifique.

J'en viens maintenant à l'après crise. J'ai la faiblesse de croire qu'il y a des Africains responsables et soucieux du mieux-être des populations de ce continent. Et je suis optimiste pour l'avenir du continent. Simplement parce que, malgré les apparences, l'Afrique avance. Les catastrophes politiques que j'ai citées au début de cet article sont de moins en moins possibles. Dans tous les cas, ils ne peuvent plus passer comme une lettre à la poste. Dans aucun pays africain. Parce que les populations ne l'acceptent plus. Nulle part. C'est pourquoi, je pense qu'il faut continuer de promouvoir l'éducation (au sens large) des populations sur la chose politique. Expliquer encore et encore qu'un dirigeant politique est là parce nous, populations civiles, l'y avons installé. Que l'argent qui les fait vivre est le notre ! Que lorsqu'un Lycée est construit dans une ville, ce n'est pas parce que le président de la République, dans sa grande générosité, leur a "payé un lycée" de sa poche ! Ne riez pas ! Il y a des populations qui pensent encore comme cela ! Au Sénégal par exemple, pendant des années, certaines personnes appelaient le chef de l'Etat "BOROM REWMI". Ce qui signifie littéralement, en wolof (langue parlée au Sénégal) : Le Propriétaire du Pays !!! Alors imaginez le comportement de ces gens devant le chef de l'Etat...

Cette éducation me parait importante parce qu'on ne trompe pas une population "qui sait". Le savoir est, à mes yeux la clé. Parce qu'aujourd'hui si en Côte d'Ivoire des positions sont aussi tranchées. Si des gens sont capables de mourir pour GBAGBO ou OUATARA, c'est parce qu'il y a une dimension autre que celle de l'idéologie seulement. on fidélise les gens par la Parole, l'Idéologie, l'Argent... Mais aussi et surtout par la Mystification. Le seul moyen de la combattre, c'est le Savoir, la Connaissance.

Pourvu que ces journées cruciales qui commencent aujourd'hui aboutissent à un apaisement. Et qu'on ne revive plus ce genre de situation.

 

M. Mady DANFAKHA

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