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Un Sénégalais vivant en France met en ligne ce que lui inspirent le Sénégal, l'Afrique, la France et le monde d'aujourd'hui. Ces pages se veulent aussi un lieu d'information sur tout ce qui touche de près ou de loin l'Afrique et les Africains. En bien. En moins bien !
Soyez les
bienvenus dans cet espace d'échanges libres que j'espère bénéfiques pour le Sénégal et l'Afrique toute entière. Merci d'avance de votre participation.
Bonne lecture !
Une manifestation de soutien aux Africains rescapés des terribles incendies de ces derniers jours aura lieu ce Samedi 03 septembre 2005. le rassemblement aura lieu à la sortie de la station de métro "quai de la gare", à partir de 15 heures 30. Je vous invite à y participer massivement, ne serait-ce que pour défendre un minimum d'humanité et si possible rendre meilleur la vie de certaines personnes de la communauté négro-africaine de Paris. Plus nous seront nombreux, mieux nous seront entendus. A très bientôt.
Depuis la série d’incendie qui a fait une cinquantaine de morts dans la communauté négro-africaine de la capitale française, on sait que la précarité extrême existe dans la « ville lumière ». On sait aussi que certains ressortissants d’Afrique noire vivant dans la capitale française risquent désormais leur vie et celle de leurs enfants faute de logements décents. Mais on est peut-être loin d’imaginer que cette vie infernale est le lot quotidien d’un nombre de plus en plus croissant de personnes. Le journal « Libération » dans son édition datée du 1er septembre 2005 lève un coin du voile. Des conditions de vie qu’on ne verrait même pas dans les bidonvilles de Dakar ou d’Abidjan ! De futurs incendies en puissance, avec leur lot de morts africains ? C’est édifiant ! Je vous recommande donc la lecture de ce dossier du quotidien français.
On se demande comment est-ce possible, mais le cauchemar continue ! Au vu et au su de tout le monde : un immeuble insalubre, abritant des familles originaires d’Afrique noire, a brûlé lundi 29 août 2005 vers 22 heures à Paris. Cette fois c’est dans le 3ème arrondissement de la capitale française que le drame a eu lieu. Exactement au 8 rue du Roi-Doré. Bilan : 7 morts dont 4 enfants. C’était un squat où essayaient de s’abriter nos malheureux frères et sœurs faute d’un toit décent pour se loger. 7 morts de trop.
Parce que maintenant, il y en a plus qu’assez des discours, des postures des responsables de ce pays. Cela suffit ! Il faut faire quelque chose. Immédiatement. Sans attendre. Il s’agit tout de même de vies humaines. C’est révoltant et insupportable. Quand vous apprenez des détails du genre : une mère de famille voyant son appartement s’embraser, dans la panique, et pensant le sauver, jette un de ses enfants par la fenêtre du quatrième étage… Il n’y a pas de mots ! Il n’y a plus de mots pour dire sa douleur et sa colère en face d’une pareille situation. Et tout cela parce qu’il s’agit de Noirs, d’immigrés, de sans-papiers, de gens fuyant une misère pour venir en vivre une autre… pire ! Et pour finir par y laisser leur vie ! Et tout le monde s’en fiche. Quoiqu’on en dise. Ceux qui devraient prendre des mesures radicales pour que cela n’arrive plus ne font strictement rien. Ou plutôt si : ils viennent devant les caméras de télé, prennent des poses, des postures, font des discours, assurent de leur sympathie, disent leur compassion… En gros rien ! Du vent ! Pendant ce temps d’autres Africains noirs meurent, brûlés. Ou, au mieux, sont en sursis jusqu’au prochain incendie. Oui, tout le monde s’en fiche. Et c’est insupportable.
Car enfin, qu’ont fait de si terrible ces Sénégalais, Maliens, Ivoiriens, Congolais etc. pour mériter ce sort ? Hier le 9ème arrondissement de Paris, aujourd’hui le 13ème, puis le 3ème ! Quand cela va-t-il s’arrêter ? Et qu’on ne vienne pas me parler de loi des séries ! Dans le cas d’espèce, il est possible de faire quelque chose. Il ne s’agit tout de même que de trouver un toit décent à des humains dans un des pays les plus riches du monde ! Et en plus pour des gens qui, au regard de l’histoire le méritent largement. Cette France qui essaie aujourd’hui de se barricader à double tour derrière ses frontières, cette France qui multiplie les expulsions de sans papiers, cette France qui par la voix de ses autorités actuelles dit clairement avoir la volonté d’expulser un nombre grand d’étrangers (la politique du chiffre !), et finalement cette France qui laisse mourir des Africains de race noire sans aucune mauvaise conscience devrait se rappeler un peu de son histoire ! 300 ans de Traite Négrière ont décimé les forces vives de l’Afrique Noire, ont réduit à la portion congrue ses ressources agricoles et minières. La colonisation française, par voie d’administration directe a achevé ses pays. Mais ce n’est pas fini. Pendant les deux grandes guerres mondiales, l’Afrique noire a fait le sacrifice suprême : le don de la vie de ses enfants les plus vigoureux pour la défense de
Imaginez juste une seconde, que des Français de souche, blancs vivant dans la précarité (la misère ignore la couleur de la peau, et des familles françaises de souche dans la difficulté, il y en a à Paris) soient les victimes de cette série affolante de morts par incendie. Je vous vois d’ici répondre immédiatement que ce n’est pas pensable ! Je vous le concède. Mais en raisonnant par l’absurde, comme disent les mathématiciens, on peut imaginer le séisme que cela produirait au sein de la société française. A coté de ce qui se passerait, la prise de
Mes chers frères et sœurs, que vous soyez de nationalité française, étrangère, ou même sans papiers, sachez que la preuve est faite que personne ne viendra changer la situation des Noirs sur cette Terre à leur place. Soyez donc solidaires. Véritablement. Aidons-nous les uns les autres. Battons-nous pour chasser du pouvoir ces imbéciles, affamés de pouvoir qui dirigent nos pays. Ils hypothèquent l’avenir de millions d’hommes et de femmes obligés de venir mourir dans des conditions si atroces, si loin de chez eux. C’est au prix de cette solidarité et de ce refus de la médiocrité que les Africains pourront un jour vivre chez eux du salaire de leurs efforts pour leur pays. Nous avons un devoir d’exemplarité.
Dans ces moments douloureux, je voudrais dire un grand merci à tous les Français de souche qui ont manifesté leur solidarité de façon concrète aux pauvres rescapés et aux familles de ceux qui ont trouvé la mort dans l’incendie de l’immeuble du boulevard Vincent Auriol et qui continuent. Vous avez honoré
P.S. J’appelle tous ceux qui sont à Paris à participer à la marche qui aura lieu ce mardi 30 août 2005 pour le relogement définitif des rescapés de ces drames. La marche se déroulera à partir de 17 heures 30 et partira du quai de
C’est encore arrivé à Paris ! Un immeuble abritant des familles d’origine africaine a encore brûlé ! Il y a encore eu des morts ! 17 cette fois-ci, dont 14 enfants ! Quand on sait qu’il y a juste quatre mois, le 15 avril 2005, un autre bâtiment, un hôtel abritant des familles d’Africains en mal de logement, avait brûlé faisant 24 morts dont 10 enfants, on se dit que ce n’est pas possible. C’était dans le 9ème arrondissement, aujourd’hui c’est dans le 13ème, et demain ce sera où ? C’est insupportable, inadmissible, intolérable, c’est… ! Quand prendra fin ce cauchemar ?
Passé le moment où la douleur vous fige dans votre fauteuil devant les images que diffusent en boucle les chaînes d’information continue, passé le moment où les larmes coulent toutes seules sur vos joues, passé le moment où vous ne comprenez même plus ce que vous regardez, vous vous posez les mêmes questions : comment est-ce possible que ce soit les mêmes qui subissent cette chose atroce ? Pourquoi la vive émotion provoquée il y a quatre mois est-elle retombée aussi vite ? Pourquoi, y a-t-il autant de gesticulations des autorités (ministres, maires, députés etc.) à chaque fois et qu’il ne se passe rien ensuite, pire la catastrophe se reproduit ? Dans un premier mouvement la réponse qui vient, qui s’impose à vous devrais-je dire, est : c’est parce qu’il s’agit d’Africains, de Noirs venant d’Afrique ! Réponse simple mais ô combien terrible. Notre intellect la refuse aussitôt. C'est trop terrible ! Non, ce n’est pas possible que la couleur de peau d’un être humain le condamne à vivre à répétition des choses aussi terribles. Ce n’est pas possible que dans un pays dont la loi condamne le racisme, la couleur de la peau ou les origines soient le vecteur de tant de souffrance. Et pourtant…
Il faut savoir que la majorité des habitants de l’immeuble qui a brûlé dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 août 2005 avec l’atroce bilan que l’on sait, étaient en errance depuis au moins 15 ans ! A la recherche d’un toit pour eux et les leurs. Ballottés de squats (bâtiments à l’abandon occupés sans autorisation) en hôtels, d’hébergements provisoires en logements insalubres, ils se sont retrouvés dans cet immeuble du boulevard Vincent Auriol dans le 13ème arrondissement de Paris. Plusieurs d’entre eux ont déposé depuis plus de dix ans des dossiers de demande de logement HLM auprès des autorités locales ! Et depuis plus de dix ans, ils essuient le même refus : pas de logement disponibles ! Et ces hommes et femmes travaillent. Ont donc des revenus pour payer leurs loyers comme tout le monde. Pourquoi alors leur refuse-t-on un logement décent ? Ce que la logique la plus élémentaire commanderait de faire. Car ce qu’on oublie, ou qu’on omet de dire, c’est que cette errance coûte à tout le monde. Et de plus en plus cher ! En effet, le fait pour les services sociaux de loger dans des hôtels insalubres, ou des logements précaires gérés par des associations caritatives (c’est le cas de l’immeuble qui a brûlé boulevard Vincent Auriol dans le 13ème, géré par le bailleur associatif France Europe Association, « FREA », pour le compte d’Emmaüs) ces mal logés revient, pour les Collectivités locales et l’Etat, à verser des centaines de milliers d’euros chaque année pour soutenir les associations et les habitants de ces endroits indignes de recevoir des familles. Cela revient très cher au bout de quelques années. Mais le pire de tout c’est le bilan humain. Combien de morts attendra-t-on pour réagir ? Alors qu’il serait plus simple de loger ces familles dans des conditions décentes une fois pour toutes. Tout le monde y gagnerait. Mais la question qui revient, têtue, c’est pourquoi ne les loge-t-on pas alors correctement ? La réponse qui fuse de mes neurones me fait encore plus peur… Non ce n’est pas pour cela ! Ce n’est pas possible. Et pourtant…
Aujourd’hui, c’est devenu évident : dans le privé, c’est presque mission impossible pour des familles comme celles qui ont vécu le drame d’avant-hier nuit que d’avoir un logement. En plus des loyers qui s’envolent en région parisienne (un studio d’à peine Et à l’insupportable, on ajoute l’insupportable ! En effet certaines personnes ont osé parler, alors que drame s’est produit il y a moins de 24 heures, de familles trop nombreuses, de modes de vie pas très « françaises », de polygamie, de… Non il n’y a vraiment pas de limite à la bêtise et au crétinisme ! On sait que les clichés ont la vie dure, mais de grâce arrêtez maintenant ! Il y a quelques jours, la France entière bombait le torse grâce au titre de champion du monde de Ladji Doukouré. C'est légitime, c'est un Français qui est devenu champion du monde du 110 m haies. Ce qu'on oublie très vite, c'est que ses parents viennent du Mali et du Sénégal. Dans les mêmes conditions que ceux qui sont morts de manière si atroce l'autre nuit ! Lire le dossier que le quotidien "libération" consacre au drame
Le quotidien français « Libération » dans son édition datée du jeudi 25 août Messieurs Faouzi Lamdaoui (Délégué national chargé de l’égalité des chances et de la lutte contre les discriminations du PS), François Rebsamen, Bruno Leroux et Kader Arif (tous trois secrétaires nationaux du PS), après avoir dénoncé la politique de
D’abord parce que, déjà, dans un précédent article de jdsblog, je dénonçais cette instrumentalisation de l’immigration par les hommes politiques français de tous bords. Ensuite parce que cette contribution vient de la direction du parti leader de l’opposition en France. Le PS ayant de bonnes chances de revenir au pouvoir si elle arrive à régler ses problèmes internes. Je voudrais donc dire aux dirigeants socialistes : « vous avez pris le problème par un bout qui semble être le bon, ne l’oubliez pas quand vous reviendrez aux affaires mais surtout que cela ne reste pas dans vos cartons. Afin que l’immigration redevienne un sujet apaisé. Et pas un épouvantail qu’on sort à chaque fois que les Français sont préoccupés ! ». A mes lecteurs, je recommande donc la lecture de cette contribution, ne serait-ce que pour prendre date.
Bonne lecture.
Lire la contribution intitulée : « Contre les quotas, le partenariat »

